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Nord-Kivu : À Mighobwe, le Nouvel An célébré dans une accalmie fragile sous contrôle rebelle
Dans la localité de Mighobwe, située dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, la population du sud du territoire a tenu à marquer la fête du Nouvel An malgré un contexte sécuritaire encore précaire. Dans ce petit village, un élan de solidarité communautaire s’est manifesté : habitants, personnels des écoles, agents des structures de santé, membres des AVEC, groupes de motards et ménages se sont mobilisés pour cotiser et acheter des animaux destinés à être égorgés, symbole de partage et de résilience.
Une fête populaire sous une accalmie surveillée
Profitant d’une accalmie relative, bien que la zone reste sous le contrôle du M23, la journée festive s’est déroulée dans un calme prudent. À Mighobwe, mais aussi à Kirumba, Kayna, Kanyabayonga et dans d’autres entités du sud de Lubero, les populations ont célébré le passage à la nouvelle année sans incidents majeurs, témoignant d’un profond désir de normalité malgré la présence des groupes armés.
Un accès aux soins toujours limité
Sur le plan sanitaire, la situation demeure toutefois préoccupante. La population souffre d’un accès très limité aux soins de santé, faute de structures fonctionnelles et de moyens suffisants. Dans ce contexte difficile, l’appui humanitaire reste vital pour les communautés locales.
L’action salutaire de Solidarités International
Certaines ONG internationales tentent d’apporter un soulagement. La population de Mighobwe et de Bukomerwa salue particulièrement l’intervention de l’ONG Solidarités International, qui a procédé à la distribution de l’argent. À Kaseghe, dans la chefferie des Batangi, l’organisation a également servi des médicaments à la population locale.
Au total, plus de 4 000 personnes ont bénéficié de cette assistance à Mighobwe et Bukomerwa, un geste humanitaire largement salué par les habitants.
Résilience et espoir au cœur de l’adversité
Entre célébration modeste du Nouvel An et dépendance à l’aide humanitaire, les populations du sud de Lubero continuent de faire preuve d’une résilience remarquable. Dans l’attente d’un retour durable de la paix et de l’autorité de l’État, ces communautés s’accrochent à chaque moment de répit pour préserver la cohésion sociale et l’espoir d’un avenir meilleur.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Arrestation de Benjamin Babunga au Burundi : Son comité de soutien exige sa libération immédiate
L’arrestation de Benjamin Babunga par les services de renseignement burundais continue de susciter de nombreuses réactions en République démocratique du Congo. Dans une déclaration publiée ce 30 mai à Kinshasa, le Comité de soutien à Benjamin Babunga RDC a exprimé sa « vive inquiétude » face à cette situation et a appelé les autorités burundaises à procéder à sa libération sans délai.
Présenté comme pasteur, humanitaire, historien et acteur engagé dans le débat public, Benjamin Babunga s’est notamment illustré par ses analyses sur la gouvernance et les conflits qui secouent la région des Grands Lacs. Selon le comité, ses interventions ont toujours relevé du débat démocratique et de l’expression citoyenne.
« Par ses interventions publiques, ses écrits et son engagement citoyen, il a toujours contribué au débat démocratique sur des questions d’intérêt général », souligne le communiqué. Les signataires estiment que ses prises de position relèvent pleinement de « l’exercice légitime de la liberté d’expression ».
Des inquiétudes renforcées par des menaces antérieures
Le comité affirme suivre l’évolution du dossier avec une profonde préoccupation, d’autant plus que Benjamin Babunga aurait déjà été confronté à des menaces en raison de ses opinions.
« Notre inquiétude est d’autant plus grande que Monsieur Benjamin Babunga a déjà été victime par le passé de menaces de mort », indiquent les auteurs de la déclaration, qui craignent pour sa sécurité et le respect de ses droits fondamentaux.
La défense de la liberté d’expression au centre du plaidoyer
Dans leur communiqué, les soutiens de l’historien congolais rappellent que la liberté d’expression constitue un droit fondamental garanti par les principes démocratiques et les instruments internationaux de protection des droits humains.
« Aucun citoyen ne devrait être arrêté, inquiété ou privé de sa liberté en raison de ses opinions politiques, de ses analyses ou de ses critiques à l’égard des politiques publiques », écrivent-ils.
Le comité considère également que les idées doivent être combattues sur le terrain du débat public et non par des mesures privatives de liberté. « L’expression pacifique d’opinions, même critiques, ne saurait être assimilée à une infraction. Les idées se combattent par le débat, jamais par la répression », insiste le document.
Appel aux organisations internationales
Au-delà de la demande de libération adressée aux autorités de Bujumbura, les auteurs du communiqué appellent plusieurs institutions internationales à suivre de près cette affaire. Les Nations unies, l’Union africaine, la Communauté d’Afrique de l’Est ainsi que diverses organisations de défense des droits humains sont notamment interpellées.
Pour le Comité de soutien à Benjamin Babunga RDC, cette affaire dépasse le seul cas de l’historien congolais et touche à des principes universels. « La privation de liberté pour des opinions constitue une atteinte grave aux principes démocratiques et aux droits fondamentaux », souligne le texte.
Un appel au respect de l’État de droit
Les signataires estiment que la défense des droits de Benjamin Babunga participe également à la protection des libertés de l’ensemble des citoyens. Ils espèrent enfin que les autorités burundaises privilégieront une solution conforme à l’État de droit et aux engagements internationaux du Burundi en matière de droits humains, tout en garantissant le respect des droits fondamentaux de Benjamin Babunga.
Franck Kaky / CongoProfond.net
