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Actualité

Nord-Kivu : à Kyavinyonge, plus de 400 enfants orphelins abandonnés à la précarité au bord du lac Édouard

Dans la cité lacustre de Kyavinyonge, située sur les rives du lac Édouard dans le territoire de Beni, plus de 400 enfants orphelins vivent aujourd’hui dans une situation d’extrême vulnérabilité. Privés de leurs parents, ces enfants font face à une précarité alarmante, sans structures d’accueil suffisantes pour répondre à leurs besoins fondamentaux.

*Des parents disparus sur les eaux dangereuses du lac Édouard*

Selon la Plateforme pour la Perfection Universelle (PPU), un collectif d’orphelinats basé à Butembo, la majorité des parents disparus étaient des pêcheurs, principalement des pères de famille. Beaucoup n’ont jamais regagné leurs foyers après avoir été arrêtés par la marine ougandaise pour pêche dite illicite.
D’autres ont trouvé la mort lors de naufrages ou par noyade sur les eaux réputées périlleuses du lac Édouard, laissant derrière eux des familles brisées et des enfants livrés à eux-mêmes.

*Une réalité mise au jour lors d’une mission humanitaire*

La gravité de la situation a été rendue publique à l’issue d’une visite de terrain effectuée mercredi dernier par les membres de la PPU à Kyavinyonge. Cette mission s’inscrivait dans le cadre de la Journée mondiale des orphelins de guerre, célébrée chaque 6 janvier.

Les constats dressés sur place révèlent une concentration d’orphelins nettement supérieure à celle observée dans d’autres centres urbains de la région.

*Plus de 400 enfants recensés, sans compter les plus jeunes*

« Nous avons identifié plus de 400 enfants orphelins en âge scolaire, sans compter les plus petits. La proximité du lac expose les familles à de nombreux risques, et lorsque les pêcheurs sont arrêtés, ils ne reviennent souvent jamais », a déclaré Viso Akilas Muhindo, représentant de la SOPEHD, s’exprimant au nom de la PPU.

*Familles d’accueil démunies et absence de structures adaptées*

Faute de centres d’hébergement appropriés et de ressources financières suffisantes, ces enfants sont confiés à des familles d’accueil elles-mêmes confrontées à la pauvreté. Une solidarité de survie, qui ne parvient cependant pas à garantir un avenir digne à ces jeunes victimes collatérales des drames du lac Édouard.

Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET