Sports
Night of Warriors : Trinita Kamba Kazola, combattant congolais de MMA, prêt à affronter Dogan Yildiz en Turquie »
Trinita Kamba Kazola, un artiste martial congolais, se prépare à affronter le Turc Dogan Yildiz dans un combat de MMA (Arts martiaux mixtes). Ce combat, qui fait partie de la 9ème édition du championnat du monde des arts martiaux mixtes (MMA), aura lieu lors de l’événement intitulé Night of Warriors (NDLR, Nuit des guerriers) le mercredi 28 février. La salle légendaire de l’Aréna Parc en Turquie accueillera ce spectacle.
Kamba Kazola, originaire de la République démocratique du Congo, quittera son pays le samedi 24 février pour rejoindre la Turquie, où il aura l’occasion de fouler la terre qui fut chère à Mustafa Kemal Atatürk.
Mais qui est Trinita Kamba Kazola ?
Outre son rôle de Président du Comité olympique congolais des arts martiaux, Trinita Kamba Kazola occupe également les postes de président du Comité olympique africain des arts martiaux et de la Confédération africaine des arts martiaux.
Grâce à son implication dans le domaine des arts martiaux, cet adepte de disciplines multiples met en lumière les divers projets et les difficultés auxquelles il est confronté en RDC.
« Nous avons deux objectifs principaux. Le premier est de valoriser et promouvoir les arts martiaux. Le deuxième consiste à organiser les premiers championnats africains des arts martiaux ici, en République démocratique du Congo« , a-t-il révélé.
« Sur le plan africain, les choses avancent bien. Cependant, en ce qui concerne notre pays, la RDC, nous attendons toujours la signature favorable pour la demande que nous avons soumise depuis le 22 septembre de l’année dernière. Le dossier est toujours sur la table du ministre des Sports« , a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Trinita Kamba est l’initiateur de l’École du savoir des arts martiaux (ESAM). Ces centres d’apprentissage des arts martiaux sont implantés à Kinshasa, Lubumbashi (Haut-Katanga) et Matadi (Kongo Central). « Nous souhaitons également nous étendre dans d’autres provinces de la République », a confié cet artiste martial. Il pratique de nombreuses disciplines, notamment le karaté Shotokan, le Karaté Kyokushin, le Kick Boxing, la lutte gréco-romaine, la lutte libre olympique, le krav maga, le grappling, la boxe, le catch style américain, le jiu-jitsu japonais, le jiu-jitsu brésilien, le MMA, et bien d’autres encore.
Désiré Rex Owamba /CONGOPROFOND.NET
Actualité
MMA en RDC : Des champions sans soutien à la veille d’un rendez-vous continental
À l’approche du championnat IMMAF Africa prévu en Angola, la situation de la Team RDC de MMA amateur suscite inquiétude et indignation. Dans une interview sans détour, le manager et acteur sportif congolais Didon Kibuka dénonce l’absence de soutien dont sont victimes les athlètes appelés à représenter le pays.
« On défend le drapeau, mais on nous laisse seuls », résume-t-il, exprimant frustration et tristesse face à une réalité qui, selon lui, se répète année après année. Malgré leur engagement et leurs performances, les combattants congolais doivent encore se débrouiller par leurs propres moyens pour participer à cette compétition continentale.

Un exploit continental resté sans suite
Pourtant, les résultats récents plaident largement en faveur de ces athlètes. Lors de la précédente édition de l’IMMAF Africa, la RDC avait réalisé une performance remarquable en décrochant 10 médailles : 6 en or, 2 en argent et 2 en bronze.
Cette moisson avait hissé le pays parmi les meilleures nations africaines de MMA amateur, confirmant le potentiel et la détermination des combattants congolais. « C’était un exploit », rappelle Didon Kibuka, insistant sur le fait que ces résultats ont été obtenus malgré des moyens limités.
Des promesses non tenues après les honneurs

À leur retour au pays, les athlètes avaient été reçus par les autorités, suscitant espoir et reconnaissance. Des promesses de soutien avaient notamment été évoquées en vue de leur participation au championnat du monde.
Mais selon Kibuka, ces engagements n’ont jamais été concrétisés. Faute de financement, la Team RDC avait été contrainte de renoncer à cette échéance internationale majeure, illustrant un décalage persistant entre les discours officiels et les actes.
Des athlètes contraints de tout financer eux-mêmes

À quelques jours de l’édition angolaise, la situation reste préoccupante. Les combattants amateurs doivent assumer eux-mêmes l’ensemble des frais liés à leur participation : licences, billets d’avion, hébergement, restauration et frais d’inscription.
Une réalité difficile pour ces sportifs non professionnels, souvent sans revenus fixes. « On leur demande de porter seuls tout le poids financier de la représentation nationale », déplore Kibuka, soulignant le sacrifice consenti par ces jeunes athlètes pour défendre les couleurs du pays.
Un appel urgent à la responsabilité collective

Face à cette situation, Didon Kibuka interpelle à la fois les autorités publiques et les partenaires privés. Il appelle à une prise de conscience sur le rôle de ces athlètes, qu’il considère comme de véritables ambassadeurs de la RDC.
Il dénonce également le contraste avec d’autres disciplines mieux soutenues, estimant que les combattants de MMA méritent un minimum de considération au regard des risques qu’ils prennent et des résultats qu’ils obtiennent.
Son message se veut clair : soutenir ces jeunes, c’est investir dans l’image et l’avenir sportif du pays. « Ils ne demandent pas des privilèges, mais simplement de ne plus être seuls », insiste-t-il.
À travers cet appel, c’est toute la question de la valorisation du sport en RDC qui est posée. Alors que le MMA connaît une croissance rapide sur le continent, le pays risque de manquer une opportunité stratégique pour sa jeunesse si rien n’est fait.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
