Culture
« Ngelingeli » : Le professeur Claude Mukeba dévoile son nouvel ouvrage ce jeudi sur la « culture du paraître » en RDC
Le Professeur Claude Mukeba, enseignant à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC, ex-IFASIC), signe un nouvel essai percutant qui questionne la société congolaise contemporaine. Dans cet ouvrage intitulé « Ngelingeli, quand la rhétorique l’emporte sur la dialectique », l’auteur met un accent sur la primauté de l’image sur la substance, dressant une critique lucide d’une époque où l’apparence semble désormais supplanter la pensée, et où la reconnaissance sociale se fonde davantage sur le paraître que sur la valeur réelle des individus.
Le vernissage de ce livre aura lieu ce jeudi à l’Institut national des Arts (INA), en présence d’universitaires, d’étudiants, d’artistes et de passionnés de la pensée critique. À cette occasion, le Professeur Mukeba échangera avec le public sur les enjeux de la construction intellectuelle dans une société en quête d’authenticité. Un rendez-vous à ne pas manquer pour tous ceux qui aspirent à une renaissance des valeurs et à un retour à la substance dans la vie culturelle congolaise.

À travers une écriture fluide et une réflexion rigoureuse, le Professeur Mukeba met en lumière les dérives d’une culture de la superficialité, où l’on préfère « briller » plutôt que « bâtir ». Il interpelle particulièrement la jeunesse congolaise sur la nécessité de réhabiliter le goût de l’effort, du savoir et de la profondeur intellectuelle. L’ouvrage se veut à la fois un miroir et un cri d’alarme face à un modèle sociétal dominé par l’illusion, les apparences et la recherche du prestige facile.
Exaucé Kaya
Culture
MeYaBe 2026 : entre nature et amour, Vialuni et Jacques Bana Yanga captivent la première soirée
La 15ᵉ édition du Festival international de danse MeYaBe a officiellement lancé ses activités vendredi 17 avril 2026 à l’École belge, dans la commune de la Gombe, à travers une première soirée marquée par l’émotion, la créativité et la puissance du message porté par la danse. Dès 18h30, le public, composé d’invités, d’amoureux des arts vivants et de plusieurs enfants venus notamment de l’orphelinat de Limete, a répondu présent pour célébrer l’ouverture de ce grand rendez-vous culturel.
Pour cette première escale, cinq compagnies ont défilé sur scène avec des créations aussi riches qu’inspirantes : la Compagnie VIALUNI avec “La Performance Agricole”, la Compagnie Jacques Bana Yanga avec “Bolingo Etoboka”, les 5 Étoiles de la danse acrobatique avec “Tobina”, WAKANDA Dance avec “Les biens face au mal”, ainsi que le Ballet NKULI avec “Mupepe ya Sika”. Chaque prestation a porté un message fort, confirmant une fois de plus que la danse dépasse le simple cadre du spectacle pour devenir un véritable langage artistique et social.
La prestation de la Compagnie VIALUNI, portée notamment par Michel Marcucci et Sandrine, a particulièrement retenu l’attention du public. À travers La Performance Agricole, les artistes ont choisi de mettre en lumière la nature, l’environnement et tout ce qui nourrit la vie au quotidien. Entourés d’éléments symboliques rappelant les fleurs, la terre et l’univers végétal, les danseurs ont voulu transmettre un message centré sur ce que l’homme consomme chaque jour et sur le lien vital qui l’unit à la nature. Eau, terre, environnement, amour et soin de la vie : autant de dimensions évoquées à travers les mouvements du corps.
À l’issue de leur prestation, Michel Marcucci a salué la qualité des autres spectacles présentés au cours de la soirée. Elle a particulièrement mis en avant l’énergie des jeunes danseurs congolais, la force des expressions folkloriques ainsi que la richesse des propositions scéniques observées. Pour elle, la jeunesse congolaise dispose d’un véritable potentiel dans le domaine de la danse. Elle n’a pas manqué de féliciter chaleureusement la Compagnie Jacques Bana Yanga, dont la prestation sur l’amour a suscité une vive émotion dans la salle.
Avec “Bolingo Etoboka”, la Compagnie Jacques Bana Yanga a livré une performance profondément humaine. À travers la danse d’un couple, Arnaud Mampuya a expliqué que le spectacle visait à transmettre la réalité de l’amour au quotidien. Selon lui, l’amour n’est pas toujours fait de moments heureux : il connaît des périodes de paix, de tensions, de disputes, de doutes et parfois même l’envie de tout abandonner. Mais malgré les épines, il subsiste toujours un lien qui unit les êtres. Cette idée a été brillamment illustrée sur scène par un couple en proie à la discorde, à la séparation, avant de finalement se retrouver dans une étreinte finale, symbole d’un amour qui résiste aux épreuves.
Cette première soirée donne déjà le ton d’une édition anniversaire qui s’annonce exceptionnelle. Avec 28 spectacles programmés sur plusieurs sites de Kinshasa, MeYaBe 2026 promet au public une immersion artistique intense où la danse devient à la fois miroir de la société, espace d’expression et vecteur de messages universels.
Dorcas Mwavita
