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Naufrage de Mai-Ndombe: Félix Tshisekedi instruit le gouvernement de diligenter une mission humanitaire
Dans un communiqué signé par Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi a appris avec consternation le naufrage survenu sur le lac Mai-Ndombe, au village Lokanga, dans le territoire d’Inongo, causant des pertes en vies humaines et des dégâts matériels énormes.
En sa qualité de père de la nation congolaise et soucieux du bien-être de sa population, ses pensées vont avant tout à l’endroit des victimes ainsi qu’à leurs familles et leur adresse ses condoléances les plus sincères.
À cet effet, au nom du chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, Vital Kamerhe, son directeur de Cabinet, dit avoir instruit le gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour venir en aide à toutes les personnes touchées par cette catastrophe, de diligenter les enquêtes en vue de dégager les responsabilités et de prendre, en conséquence, les sanctions appropriées à tous les niveaux. Mais aussi de diligenter une mission humanitaire dans le village de Lokanga, à Inongo.
Rappelons le, la présidente de l’Assemblée nationale, Jeannine Mabunda, a échangé le lundi 27 mai 2019 au palais du peuple, avec les députés nationaux du Mai-Ndombe sur le naufrage survenu le week-end, sur le lac Mai-Ndombe, causant des pertes en vies humaines et des dégâts matériels énormes.
À cette occasion, ces députés avaient fustigé le silence observé depuis ce naufrage. De ce fait, ont-ils demandé à la présidente de la chambre basse du Parlement de diligenter une enquête parlementaire afin de dégager les responsabilités des uns et des autres, pour mettre fin aux naufrages à répétition sur le lac Mai-Ndombe.
Pour sa part, Jeannine Mabunda avait promi l’implication de la chambre basse pour une solution durable au mouvement sécurisé des populations vivant au bord des lacs, fleuves et rivières.
MUAKAMU/CONGOPROFOND.NET
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Triangle de Bermudes budgétaire : Réformes, diplomatie et turbulences, qui perd le Nord ?
Le début de l’année 2026 devait consacrer la symphonie parfaite d’un trio gouvernemental rodé. Mais les chiffres tombés en janvier ont la dureté d’une taupe : 1.037,5 milliards de CDF de déficit, un trou de 350 milliards plus profond que prévu. Face à cette contre-performance, le gouvernement n’a eu d’autre choix que de se ruer vers le marché financier local pour émettre des bons du Trésor.
Dans ce triangle des Bermudes budgétaire formé par Adolphe Muzito (VPM Budget), Daniel Mukoko Samba (VPM Économie) et Doudou Fwamba (Ministre des Finances), l’heure n’est plus aux discours de façade. L’un d’eux tire visiblement en travers, et l’attelage tousse dangereusement. Adolphe Muzito incarne la rigueur budgétaire affichée. Il a réuni les partenaires techniques et financiers, promis un budget crédible et soutenable, et orchestré l’adoption d’un budget 2026 en équilibre à 54.335,7 milliards de CDF.
Sur le papier, il coche toutes les cases de l’orthodoxie financière. Mais cette discipline a un revers : le budget qu’il présente est un château de cartes si les recettes ne suivent pas. Or, janvier 2026 montre que les recettes n’ont atteint que 86% des prévisions. Adolphe Muzito n’est pas le problème, mais il est le premier à pâtir des faiblesses structurelles. Il construit de belles maisons sur des fondations qui s’effritent, et ses projections trop optimistes fragilisent son rôle de projectionniste.
Daniel Mukoko Samba, lui, joue dans la cour des grands. Son terrain de jeu, c’est Washington, les accords américains, et la diversification des partenaires pour sortir de l’emprise chinoise. Sa métaphore est élégante : “Sur un vélo, il faut deux pieds pour pédaler : l’économie et la sécurité”. Grâce à lui, la RDC tente de réussir le pari d’utiliser ses minerais stratégiques pour attirer les investissements américains. Mais pendant qu’il pédale sur le vélo de la diplomatie économique, la selle craque sous les réalités quotidiennes.
Le trou de janvier est là pour le rappeler : les caisses sont vides aujourd’hui. Le décalage est saisissant entre la hauteur de vue de ses annonces internationales et l’incapacité du pays à boucler ses fins de mois. Reste Doudou Fwamba, dont le portefeuille est le plus exposé. Il est aux commandes de la trésorerie, du paiement des dépenses, et de la régulation financière. C’est lui le réparateur qui doit actionner les leviers de l’endettement intérieur via les bons du Trésor pour combler les déficits.
Sur le fond, il tente des réformes courageuses, comme la déconcentration de l’ordonnancement des dépenses publiques. Mais les réformes de structure ne rattrapent pas un déficit de recettes. Le recours aux bons du Trésor, loin d’être un signe de bonne santé, est l’aveu d’une faiblesse : l’État n’a plus d’argent et doit puiser sur le marché financier local, asséchant le crédit disponible pour le secteur privé. Aujourd’hui, Fwamba est le plus fragilisé.
Il incarne la douleur immédiate, le pompier arrivé après l’incendie. Dans ce trio, si l’un d’eux ne produit pas les résultats escomptés, c’est bien celui qui est incapable de sécuriser la trésorerie au jour le jour. Mais attention : le véritable problème réside dans l’incapacité collective momentanée et peut-être à transformer les promesses de réformes et les accords internationaux en liquidités immédiatement disponibles dans les caisses de l’État.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
