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Environnement

Nairobi accueillera la 11ème Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique avant le Sommet africain sur le climat

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CCDA-XI est un évènement annuel du Climat pour le développement en Afrique (ClimDev-Afrique), une initiative de la Commission de l’Union africaine (CUA), de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et de la Banque africaine de développement (BAD).

Elle servira d’évènement préalable au Sommet africain sur le climat qui se tiendra sous le thème, « Solidarité africaine pour l’action climatique mondiale », du 4 au 6 septembre 2023, à Nairobi, au Kenya. Il réunira des décideurs africains de haut niveau, des hauts fonctionnaires, des experts du changement climatique, des Organisations de la société civile et d’autres parties prenantes pour délibérer sur les sous-thèmes du Sommet.

« L’Afrique a adopté la position selon laquelle elle contribue le moins au réchauffement climatique mais est la plus vulnérable face aux effets du changement climatique et a donc des besoins spéciaux et des circonstances particulières qui justifient un soutien financier pour atténuer et s’adapter au changement climatique », soulignent les organisateurs. Le continent cherche à accélérer la mise en œuvre de ses stratégies et de ses actions en matière de changement climatique pour éviter les effets catastrophiques du réchauffement climatique et renforcer ainsi la résilience des économies du continent.

Le changement climatique est une menace pour le développement de l’Afrique. Selon l’Indice de vulnérabilité climatique 2022, neuf des 10 pays les plus vulnérables se trouvent en Afrique subsaharienne et le rapport 2022 sur le changement climatique du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat confirme que l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est et l’Afrique centrale font partie des zones à risque mondiales de la vulnérabilité humaine au changement climatique.

En outre, l’Afrique a besoin d’environ 500 milliards de dollars de financement climatique d’ici 2030, selon l’édition 2022 de la publication de la BAD, « Les perspectives économiques en Afrique », qui a également estimé que le continent devra investir plus de 3 000 milliards de dollars dans l’atténuation et l’adaptation au cours de la même période pour mettre en œuvre ses Contributions déterminées au niveau national (CDN) dans le cadre de l’Accord de Paris.

CCDA-XI devrait proposer des recommandations analytiques détaillées et factuelles sur les différents sous-thèmes du Sommet. Les rapports de la conférence contribueront aux déclarations finales des chefs d’État africains, vers et au-delà de la COP28 de la CCNUCC.

La première journée de ladite Conférence consistera en des réunions techniques de ces groupes d’experts, tandis que la deuxième journée sera consacrée à un segment de haut niveau pour les politiques et les décideurs qui examineront et finaliseront les déclarations pour le Sommet.

Organisé avant la Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), connue sous le nom de COP, la CCDA réunit différents groupes d’acteurs africains sur le changement climatique, pour discuter des principales opportunités et défis en matière de changement climatique et de développement et ce dans le but de mettre en œuvre des solutions africaines face au changement climatique. La conférence suscite également des contributions factuelles et des analyses à la position commune africaine avant la COP, qui cette année est organisée par les Émirats arabes unis.

Melba Muzola/CONGOPROFOND.NET

À la Une

Peuples autochtones en RDC : Félix Tshisekedi à l’écoute d’une communauté encore marginalisée

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Le président de la République, Félix Tshisekedi, a récemment reçu des représentants des peuples autochtones pygmées, accompagnés notamment du professeur Jean-Robert Bwangoy, porteur du projet pilote REDD+ Maï-Ndombe.

Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État de renforcer la promotion et la protection des droits des peuples autochtones, longtemps victimes de discrimination et de marginalisation en République démocratique du Congo.

Près de 30 ans après les initiatives de l’ancien président Mobutu Sese Seko visant à valoriser ces communautés, la question de leur intégration socio-économique demeure un défi majeur.

Une discrimination persistante dans la cuvette centrale

Selon le professeur Jean-Robert Bwangoy, la situation des peuples autochtones pygmées reste préoccupante, particulièrement dans les zones forestières de la cuvette centrale, où vivent de nombreuses communautés.

« Il y a eu beaucoup de discriminations dans notre pays. Malgré certains progrès, les peuples autochtones pygmées continuent à être marginalisés, notamment dans les zones de la forêt équatoriale », explique-t-il.

Pour cet universitaire, la discrimination dont sont victimes ces populations est avant tout d’origine économique. D’où la nécessité d’améliorer leurs conditions de vie en leur garantissant l’accès :

– à l’éducation,

– à l’eau potable,

– aux soins de santé,

– et aux opportunités économiques.

Lors de leur rencontre avec le chef de l’État, les représentants autochtones ont plaidé pour une intégration réelle dans le système national, afin que ces communautés puissent bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens congolais.

Une loi pour protéger les peuples autochtones

La rencontre intervient dans un contexte marqué par la promulgation, il y a quelque temps, d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées.

Le professeur Bwangoy salue cette avancée juridique et rend hommage à tous ceux qui ont contribué à son élaboration.

« Je voudrais remercier le chef de l’État, mais aussi l’ensemble des citoyens congolais qui ont participé à l’élaboration de cette loi. Elle reconnaît enfin les efforts et la dignité de nos compatriotes pygmées », souligne-t-il.

L’éducation comme clé de l’émancipation

Au-delà du plaidoyer politique, le professeur Poingoy mène également des initiatives concrètes sur le terrain, notamment dans le village d’Ikita, dans la province du Maï-Ndombe, où il a contribué à la construction d’une école favorisant la cohabitation et l’apprentissage commun entre enfants bantous et pygmées.

Pour lui, l’éducation demeure la clé de l’émancipation des peuples autochtones.

Il cite notamment l’exemple de Suzanne, une jeune fille pygmée qu’il a prise sous son encadrement afin de lui permettre de poursuivre ses études.

« Lorsqu’elle terminera ses études, elle pourra servir d’exemple à d’autres filles pygmées. Leur destin ne doit pas se limiter à rester au village sans perspective. Elles peuvent aussi s’insérer dans le système national », affirme-t-il.

Forêt, peuples autochtones et crédits carbone

Cette dynamique d’inclusion est également liée à la question de la conservation des forêts et des crédits carbone, un sujet de plus en plus présent dans les débats internationaux sur le climat.

Selon le professeur Bwangoy, les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans la préservation de la forêt équatoriale congolaise, et devraient bénéficier directement des mécanismes économiques liés à la protection de ces écosystèmes.

« Les populations qui vivent dans et autour de la forêt doivent profiter réellement de leurs efforts de conservation », insiste-t-il.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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