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Mwant Jet dénonce l’immobilisation « illégale » de son aéronef et les interférences politico-judiciaires
Dans une tribune publiée le 22 octobre dernier dans la presse, le Professeur Taylor Lubanga, s’exprime ouvertement sur le dossier Mwant Jet et prend position pour l’associé Gueda Yav. Pendant ce temps, l’aéronef de la compagnie est immobilisé sur décision du parquet.

La compagnie Mwant Jet réagit à cette tribune intitule : RDC/Affaire MWANT JET : Entre manipulation et irrationalité d’un associé minoritaire.
Dans cette tribune, le Professeur Taylor Lubanga, rappelle d’entrée sa qualité de Conseiller du Président de la République dans une affaire purement privée. Alors que sa prise de position est plutôt celle d’un avocat en faveur de son client. Donc, nul besoin de faire ce mélange de genre.
Affaire toujours en instruction
« La Cour d’Appel de Kinshasa/Matete a rendu plusieurs arrêts contradictoires (RCEA 264, RCEA 277, RCEA 327/OPP/RCEA 277, RRCA 012, RMUA 198), tranchant définitivement le litige. Ces décisions ont confirmé la légitimité de Madame Gueda Yav Wicht Amani à convoquer une Assemblée Générale Ordinaire, laquelle s’est tenue le 24 mars 2025. Elle y a été désignée gérante de Mwant Jet SARL pour un mandat de trois ans, jusqu’au 24 mars 2028 », précise le Professeur Taylor Lubanga.
RCEA 327/OPP/RCEA 277 est l’arrêt qui permettait à Gueda Yav Wicht Amani de convoquer une assemblée générale, en violation du droit OHADA. Le PV des résolutions de cette assemblée est attaqué en annulation devant le parquet de Kinshasa Matete sous le RCE 2323. L’affaire est en instance, contrairement à ce qu’affirme la tribune du Professeur Taylor.
Il omet de préciser ou il aurait perdu de vue que l’arrêt en rapport avec la saisie de l’aéronef ( RMUA 198) est attaqué en justice et ses effets suspendus par l’arrêt RMUA 203. Cette situation rend donc l’immobilisation de l’avion de Mwant Jet illégale.
L’auteur de la Tribune ne saurait prétendre méconnaitre l’existence des arrêts qui suspendent les décisions auxquelles il fait allusion d’autant plus que Gueda YAV a été représenté en justice par le Cabinet Taylor Lubanga et qu’elle a élu domicile à la même adresse que ce cabinet.
Affirmer qu’«il n’y a donc ni saisie irrégulière de l’aéronef, ni trafic d’influence. Etc. », serait certainement une preuve de cécité intellectuelle de la part du Conseiller du Président de la République. A ce niveau c’est plus comme Avocat qu’il s’exprime. L’immobilisation de l’aéronef requis par le parquet n’est pas une saisie. Elle est tout simplement le reflet d’une barbarie judiciaire. D’abord l’Acte Uniforme sur le recouvrement et voies d’exécution de l’OHADA n’autorise pas la saisie de l’outil d’exploitation. Or l’aéronef est pour Mwant Jet Sarl un outil d’exploitation.
Et même encore, à la lumière toujours du droit OHADA, le parquet n’est pas un agent d’exécution.
Les omissions du Professeur/Avocat
Le professeur Taylor Lubanga semble trop bien informé pour une affaire privée. Et il n’explique pas dans sa tribune, comment un dossier en l’occurrence classé sans suite depuis juillet 2020 (avant même l’acquisition de l’aéronef immobilisé) pour faits infractionnels non-établis et ayant opposé des personnes étrangères à Mwant Jet a pu être utilisé pour immobiliser l’aéronef de Mwant Jet ? L’avion de la compagnie Mwant Jet est immobilisé sur décision du parquet en se basant sur un dossier qui ne concerne pas la compagnie d’aviation et classé sans suite.
Le Professeur/Avocat indique aussi que Gueda Yav Wicht Amani n’a jamais rencontré son associé Michael Yav. Comment peut-on faire une telle affirmation quand l’on sait qu’il existe des vidéos sur lesquelles on voit Madame Gueda YAV bousculer Michael YAV dans les locaux de ladite compagnie ? Les statuts de l’entreprise indiquent clairement que les deux associés de Mwant Jet sont Gueda Yav Wicht Amani et Michael Yav Tshikung.
L’on se souviendra par ailleurs que Gueda YAV a déjà sollicité à deux reprises la dissolution de la société. Elle n’a pas eu gain de cause. Et à ce jour, elle n’a jamais effectué la remise et reprise en bonne et due forme avec les administrateurs provisoires de Mwant Jet pour que l’audit de sa gestion (2018-2022) initialement demandé soit fait.
Avec toutes ces contradictions et contrevérités, Mwant Jet regrette de voir que les efforts consentis par l’Administrateur provisoire et l’associé Michael Yav pour la relance de la compagnie soient combattus et entravés par des influences des Haut magistrats et de quelques politiques qui brandissent le nom du Président de la République pour atteindre leurs objectifs.
Comment donc encourager les entrepreneurs congolais à investir sans craindre que des telles influences et telles situations ne se reproduisent et puissent nuire au bon climat des affaires ?
La justice qui est rendu au nom de l’autorité suprême ne devrait souffrir d’aucune interférence, encore moins des trafics d’influence. Une justice équitable permettrait à la compagnie Mwant Jet de poursuivre ses activités, désenclaver quelques provinces du pays, préserver les emplois créés et être une solution de qualité dans le secteur du transport aérien.
Cell Com Mwant Jet
Politique
Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle
En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.
Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.
Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.
Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.
En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.
En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
