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Monusco : Un assistant linguistique porté disparu, les travailleurs contractants inquiets pour leur sécurité
La disparition de BAYA Lulendo Leopold, #NC-10111964 assistant linguistique travaillant pour l’UNOPS sous contrat avec la MONUSCO à Kitshanga, une zone en proie à des affrontements entre les forces loyalistes et les terroristes du M23/RDF, a été constatée le 4 janvier dernier. Depuis lors, sa famille a effectué des recherches désespérées pour tenter de découvrir ce qui lui est arrivé, mais sans succès. Plus choquant est le silence de la MONUSCO qui n’a pas fait de déclaration publique à ce sujet.
Au sein de la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), les interprètes-traducteurs (Language Assistants) jouent un rôle crucial dans la communication entre les forces de maintien de la paix et les populations locales.
Dans le Nord-Kivu, province marquée par des conflits armés et des troubles, la MONUSCO compte actuellement environ 250 interprètes-traducteurs qui travaillent en collaboration avec les différents acteurs locaux et internationaux. Ils sont principalement déployés dans les zones de conflit pour aider les forces de maintien de la paix à interagir avec les communautés locales et faciliter la mise en place de projets de développement. Malheureusement, ces travailleurs sont souvent exposés à des risques importants dans les zones de conflit, comme l’a malheureusement rappelé la récente disparition de BAYA Lulendo Leopold, assistant linguistique de la MONUSCO. Pour le cas d’espèce, il apparait clairement que l’organisation ait failli à sa mission dans le cas de BAYA Lulendo Leopold.
De plus, les interprètes-traducteurs, malgré ce qu’ils fournissent comme efforts dans la mission, ils ne reçoivent pas les mêmes avantages et protections que les employés permanents, à savoir des assurances médicales couvrant tous les membres de la famille, pas des primes de risques, pas d’opportunité de formation adéquate ou un soutien en cas de besoin. Cette injustice doit être corrigée. Des correspondances sur ces questions ont été adressées aux responsables de la mission onusienne qui sont restées lettres mortes.
Les collègues de BAYA Lulendo Leopold se plaignent de cette situation. « Nous sommes révoltés par le silence de la MONUSCO et de l’UNOPS. Comment une organisation humanitaire internationale peut-elle laisser l’un de ses membres disparaître sans même lever le petit doigt ? », déclare un collègue souhaitant rester anonyme.
BAYA Lulendo Leopold laisse derrière lui une femme et des enfants qui ont désespérément besoin de connaître son sort. « Nous demandons que la MONUSCO et l’UNOPS fournissent des informations sur la situation de BAYA Lulendo Leopold et prennent des mesures pour assurer la sécurité des interprètes-traducteurs. Nous appelons également à une enquête approfondie sur sa disparition et des mesures concrètes pour éviter que cela ne se reproduise à l’avenir », suggère un autre collègue.
Il importe de rappeler la MONUSCO à reconnaître le rôle crucial que jouent les interprètes-traducteurs dans les opérations humanitaires. Ils méritent les mêmes avantages et protections que leurs homologues permanents, et leur sécurité ne doit jamais être compromise en raison de leur statut.
La disparition de BAYA Lulendo Leopold est un rappel brutal des risques que les interprètes-traducteurs prennent chaque jour pour aider les plus vulnérables. La MONUSCO doit agir de manière responsable et respecter ses engagements envers ses employés locaux sous-traitance.
LA REDACTION
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Tshisekedi face aux journalistes : un rendez-vous à haut risque sur tous les fronts
Le Palais de la Nation se prépare à vivre un grand oral sous tension. Ce 6 mai 2026, la conférence de presse présidentielle doit affronter simultanément la crise sécuritaire dans l’Est, la controverse autour d’un éventuel changement constitutionnel, et le dossier explosif des sanctions contre Joseph Kabila. Rater cette communication reviendrait à offrir un angle d’attaque à toutes les oppositions.

Sur le plateau, la sécurité sera le premier banc d’essai. Les journalistes veulent des réponses précises sur les moyens alloués aux FARDC et la sincérité des coopérations militaires étrangères. Sur l’épineuse question de la Constitution, toute ambiguïté nourrira le soupçon d’un passage en force. Le moindre faux pas pourrait relancer les manifestations hostiles interdites dans la capitale.
Le nom de Joseph Kabila flottera inévitablement sur la salle. Félix Tshisekedi devra expliquer comment gérer cet isolement sans paraître lancer une chasse aux sorcières des anciens dignitaires. Les observateurs jugeront sa capacité à poser en chef d’État rassembleur et maître de son temps, bien au-delà des règlements de comptes personnels. Une conférence à la vie, à la mort politique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
