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Monazite : La SAKIMA lance un projet minier stratégique entre le Maniema et le Nord-Kivu pour industrialiser les terres rares congolaises

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Le projet « MONAZITE », classé parmi les initiatives stratégiques de valorisation des terres rares en République Démocratique du Congo, vient de franchir une étape décisive. La Société Aurifère du Kivu et du Maniema (SAKIMA S.A.) a officiellement lancé ce programme en partenariat avec Mining Minerals Resources (MMR), suscitant un écho favorable auprès des autorités du Maniema, notamment du Gouverneur de province, Moïse Moussa Kabwankubi, qui a reçu en audience la délégation de la SAKIMA, conduite par Louis Kaniki Tshibindi, Directeur des Participations, envoyé spécial du Directeur Général Fidèle Babala Wandu, aux côtés du représentant de MMR, Me Alain Alimasi, le vendredi 17 octobre dernier.

Cette rencontre de haut niveau, tenue au Palais du Gouvernorat du Maniema, a marqué un tournant décisif pour le projet, désormais appelé à se déployer dans les territoires de Punia et Lubutu (Maniema), ainsi que Walikale (Nord-Kivu).

Une production moderne et ambitieuse à Punia

La délégation de la SAKIMA a d’abord visité les installations de MMR à Punia, où elle a pu constater les capacités techniques d’une machine de traitement ultramoderne, capable d’assurer une production mensuelle d’environ 40 tonnes de Monazite. Ce dispositif, opéré conjointement par les équipes d’Umoja Wetu et celles de SAKIMA-Punia, dirigées par Joseph Ndjale Ramazani, symbolise la modernisation progressive du secteur minier local.

Au cours de cette visite, toutes les étapes du processus d’extraction et de traitement ont été expliquées au représentant de la SAKIMA, qui s’est dit impressionné par la rigueur du dispositif mis en place.

Lancement officiel à Lubutu : un projet porteur d’espoir

C’est à Lubutu que s’est tenue la cérémonie officielle de lancement du projet MONAZITE, présidée par Louis Kaniki Tshibindi, en présence de nombreuses autorités locales et communautaires venues des trois territoires concernés : Walikale, Punia et Lubutu.

Dans son discours, le Directeur des Participations de la SAKIMA a insisté sur l’importance économique et stratégique de la Monazite, dont la demande mondiale est en constante croissance. Il a souligné que ce projet vise avant tout à faire profiter les populations locales des ressources de leur sous-sol, tout en promouvant un modèle minier responsable et durable.

« Notre ambition, a-t-il déclaré, est de passer d’une exploitation artisanale à une production industrielle, afin d’atteindre à terme 500 tonnes de Monazite par mois. Cette transition est essentielle pour stimuler le développement économique et social des territoires producteurs », a martelé M. Kaniki.

Adhésion totale des autorités locales

Prenant la parole au nom de ses collègues de Punia et Walikale, Émile Reagan Omari, Administrateur du territoire de Lubutu, a réaffirmé l’engagement ferme des autorités locales à soutenir le projet :« Nous ferons du projet MONAZITE une priorité absolue. L’accompagnement de la SAKIMA bénéficiera de notre appui total et inconditionnel. »

À l’issue de la cérémonie, une visite guidée a permis aux invités d’assister au traitement industriel de la Monazite, démontrant la faisabilité technique du projet et la pertinence de son modèle d’exploitation.

Vers une industrialisation durable des terres rares congolaises

La Monazite exploitée dans les territoires de Kindu, Punia et Walikale provient exclusivement des gisements appartenant à la SAKIMA. Le partenariat avec MMR vise donc à encadrer la production artisanale, renforcer les capacités locales et industrialiser progressivement le processus afin de rendre la filière compétitive à l’échelle internationale.

En misant sur la transformation locale et une gestion transparente, la SAKIMA entend faire de la Monazite un moteur de développement durable pour les communautés du Maniema et du Nord-Kivu- et, plus largement, une fierté nationale pour la République Démocratique du Congo.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

 

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RDC : Entre corps abandonnés et nouvelles alertes des ADF, Mambasa s’enfonce dans la crise

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Alors que 17 corps découverts depuis le 23 mai dans le territoire de Mambasa n’ont toujours pas été inhumés, de nouvelles alertes sécuritaires alimentent la psychose au sein de la population.

 L’ONGDH Protection Plus dénonce une détérioration continue de la situation et appelle les autorités à agir face à la menace persistante des rebelles ADF.

Le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, continue de faire face à une crise sécuritaire et humanitaire préoccupante. Entre les attaques répétées attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), les déplacements de populations et le sort réservé aux victimes, les inquiétudes grandissent au sein des communautés locales.

L’Organisation non gouvernementale de défense des droits humains (ONGDH) Protection Plus a exprimé sa vive indignation face à la situation de dix-sept corps découverts le 23 mai 2026 au village Kidini, dans la cellule Mongalyema, groupement Andifele, en chefferie des Walese-Karo. Plus de 2 semaines après leur découverte, ces dépouilles n’ont toujours pas été inhumées.

Selon l’organisation, ce retard constitue une atteinte grave à la dignité humaine et reflète l’ampleur de la crise qui frappe cette partie de l’Ituri. Les victimes auraient perdu la vie lors d’une attaque attribuée aux ADF.

Pour Protection Plus, l’absence de sépulture prolonge la souffrance des familles endeuillées et accentue le traumatisme d’une population déjà durement affectée par les violences armées.

« Toute personne décédée, quelles que soient les circonstances de sa mort, a droit à une inhumation digne, respectueuse et sécurisée, conformément aux principes fondamentaux des droits humains. Le respect des morts est un devoir fondamental de toute société civilisée », a déclaré Maître John Vuleveryo Musombolwa, responsable de l’organisation.

L’ONG appelle les autorités compétentes à organiser sans délai des funérailles dignes et sécurisées pour les victimes, tout en assurant la protection des sites concernés afin de préserver l’intégrité des dépouilles.

Cette situation intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des violences dans le territoire de Mambasa. Il y a quelques jours, des éléments présumés ADF ont attaqué le village Makwangi, situé dans le groupement Bayaku, en chefferie des Babila-Bakwanga. Selon des sources locales relayées par Protection Plus, quatre personnes ont été tuées lors de cette attaque.

Plusieurs boutiques ont été pillées et des habitants enlevés par les assaillants.

Face à cette nouvelle tragédie, l’organisation a dénoncé un regain d’insécurité qui plonge la population dans la peur. Elle appelle à un renforcement des opérations militaires afin d’assurer une protection durable des civils.

Comme si cela ne suffisait pas, une nouvelle alerte a été signalée dans la soirée du mardi 9 juin 2026. Dans une communication adressée à la rédaction de CongoProfond.net à 19h12, Protection Plus a fait état de plusieurs coups de feu entendus au village Babungwe, dans le groupement et la chefferie des Babila-Bakwanga, au PK 38 sur la Route nationale numéro 44 reliant Mambasa à Bunia.

Selon l’organisation, ces détonations ont provoqué une vive panique au sein de la population, occasionnant des déplacements de plusieurs familles au cours de la nuit. Bien qu’aucune attaque n’ait été officiellement confirmée au moment de l’alerte, la population redoute une nouvelle incursion des combattants ADF dans cette zone.

« Il y a seulement deux jours, nous dénoncions déjà une attaque dans le village Makwangi sur le même axe routier. Aujourd’hui encore, des coups de feu sont signalés à seulement 38 kilomètres de Mambasa. Cette situation est extrêmement préoccupante », a alerté John Vuleveryo Musombolwa.

Pour le défenseur des droits humains, la multiplication de ces incidents démontre l’urgence d’une réponse efficace des autorités sécuritaires. Il estime que la présence des ADF dans cette région constitue une menace permanente pour les populations civiles.

Protection Plus appelle ainsi les autorités administratives, militaires et sécuritaires à prendre des mesures urgentes afin de sécuriser l’axe Mambasa-Bunia et les localités environnantes. L’organisation rappelle que les habitants de Mambasa ne peuvent continuer à subir simultanément les massacres, les enlèvements, les déplacements forcés et l’abandon des victimes.

Pour l’ONG, seule une action rapide et coordonnée permettra de restaurer la sécurité, préserver la dignité humaine et redonner espoir à des populations confrontées depuis plusieurs années aux conséquences des violences armées.

Junior Kasamba/Congoprofond.net

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