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Politique

Moïse Katumbi : Entre fragilité apparente et stratégie silencieuse

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Moïse Katumbi, challenger de Félix Tshisekedi aux élections de décembre 2023, se retrouve actuellement dans une posture délicate sur l’échiquier politique congolais. Son échec à accéder au pouvoir divise les interprétations : certains le voient comme un leader fragilisé, peinant à accepter le revers, ce qui serait déconcertant pour un homme portant une part significative de l’espoir du peuple congolais.

D’autres envisagent une vision plus subtile, le présentant comme un fin stratège réorganisant en silence ses équipes en vue d’actions politiques d’envergure, son mutisme étant alors plus révélateur que des discours.

La récente défection de deux cadres influents de son parti Ensemble, à savoir son conseiller Bolya et le candidat député national malheureux Abel Augustin Lokombe Amundala, soulève des questions sur la stabilité de son mouvement politique. La pratique de la transhumance politique en RDC n’étant pas inédite, elle pourrait néanmoins représenter un défi considérable pour Katumbi. En effet, dans l’arène de l’opposition, la loyauté et le dévouement sont des vertus cruciales. La conquête du pouvoir exige l’addition des forces plutôt que leur soustraction.

Ainsi, Moïse Katumbi se retrouve à la croisée des chemins, entre une image de vulnérabilité potentielle et une possible stratégie dissimulée. Son avenir politique dépendra certainement de sa capacité à naviguer habilement dans les eaux tumultueuses de la politique congolaise, où chaque mouvement peut être décisif.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »

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Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.

À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.

« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.

Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».

Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.

Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.

Njila Mule/CONGOPROFOND.NET

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