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Moïse Katumbi : Entre contestation et réalpolitik

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La décision de Moïse Katumbi, candidat malheureux à la présidentielle de 2023, de permettre à ses députés de siéger à l’assemblée nationale après des déclarations virulentes et contestataires de son parti, Ensemble pour la République, suscite des réactions vives au sein de l’opposition congolaise.

Cette volte-face, orchestrée par son directeur de cabinet et porte-parole Olivier Kamitatu, est perçue comme un aveu d’impuissance de l’opposition, remettant en question sa cohérence et sa capacité à agir de manière unie. Les critiques fusent, qualifiant cette décision d’absurde, maladroite et irrespectueuse envers les autres composantes de l’opposition.

En effet, après avoir clamé la nécessité d’annuler les élections et dénoncé vivement la Commission électorale nationale indépendante ainsi que Denis Kadima son président, cette conduite apparaît comme contradictoire, laissant transparaître une certaine incohérence stratégique. L’état actuel de l’opposition congolaise, déjà fragilisée, ne semble pas tolérer ces actions unilatérales.

Il est crucial pour l’opposition de parler d’une voix unie pour être audible et crédible aux yeux de la nation. Dans ce contexte, il est impératif que Moïse Katumbi et les autres figures de l’opposition prennent la parole de manière officielle pour définir une ligne commune. Cette démarche est essentielle pour assurer un équilibre démocratique et préserver l’intérêt supérieur de la nation.

Cette récente évolution soulève des questions essentielles sur la stratégie politique et la cohésion au sein de l’opposition congolaise, mettant en lumière les défis majeurs auxquels elle est confrontée dans sa quête pour une gouvernance démocratique et efficace. Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Dénis Mukwege, Matata Ponyo, Delly Sessanga et les autres ont une responsabilité vis-à-vis des millions de congolais qui croient en eux et qui ont suivi leurs consignes.

La pierre n’a point d’espoir que d’être pierre. Mais de collaborer, elle s’assemble et devient temple. L’opposition congolaise doit savoir que le caractère ne se développe pas dans la sérénité et le calme. C’est seulement à travers la souffrance et les difficultés que l’âme est renforcée, l’ambition fondée et le succès atteint.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique

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Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers

Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.

À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.

Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.

Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.

Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.

Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.

Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.

Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.

Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.

Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.

À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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