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Actualité

Mois de la femme en RDC : Le cri silencieux des oubliées de l’Est face à un progrès en trompe-l’œil (sondage Target)

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Alors que la République Démocratique du Congo entame les célébrations du mois de la femme, les résultats d’un récent sondage du bureau d’études Target Sarl viennent tempérer l’enthousiasme des salons kinois. Entre 2024 et 2026, l’adhésion de la population à l’impact réel de la journée du 8 mars a chuté de 10 points, passant de 67% à 57%.

Ce recul significatif cache une fracture géographique brutale : loin des festivités de la capitale, les femmes du Sud-Kivu et des zones de conflit affichent un pessimisme marqué, estimant que l’évolution de leurs droits reste une notion abstraite, étouffée par la persistance des violences (40%) et des mariages précoces (43%).

Lors d’un point de presse organisé ce lundi 9 mars 2026, pour présenter cette étude, le constat a été sans appel : il existe un fossé de perception entre les genres. Si les hommes, sensibles à la communication institutionnelle, perçoivent une amélioration globale, les femmes, elles, expriment un regard de plus en plus critique sur leur quotidien. Pour ces femmes « lambda », particulièrement celles des zones rurales et de l’Est du pays, les indicateurs de leadership ou de carrière professionnelle ne sont que de lointains échos face à l’urgence de la sécurité physique et de la dignité fondamentale, souvent bafouée dans un contexte de crise sécuritaire.

L’un des enseignements majeurs de cette enquête est l’impérieuse nécessité de l’éducation financière. Au-delà des slogans sur la parité, l’étude démontre que l’autonomisation réelle passe par le portefeuille. Sans une maîtrise des ressources et un accès simplifié aux financements, la femme congolaise de l’arrière-pays reste prisonnière d’une dépendance qui freine son émancipation. Pour transformer la survie en véritable indépendance économique, le bureau d’études suggère d’orienter les futurs projets d’appui vers un entrepreneuriat féminin de proximité, capable d’impacter directement le ménage.

DG Target Sarl

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S’adressant directement au Gouvernement, le Directeur Manager de Target, Serge Mumbu, a plaidé pour une rupture avec les discours de circonstance au profit d’actions concrètes de sensibilisation à la base. Le message est clair : bien que les lois de protection existent, leur mise en application effective sur toute l’étendue du territoire national fait cruellement défaut. Les autorités sont appelées à élargir leurs cibles pour que les politiques publiques atteignent enfin la femme rurale, celle qui cultive et commerce dans l’ombre, souvent à l’abri des regards des décideurs.

En conclusion, il a été précisé que ce travail, axé sur la perception, sera bientôt complété par une enquête de terrain plus approfondie. Face à la fragilité des avancées constatées entre 2024 et 2026, l’objectif est désormais de disséquer les racines de cette régression sociale pour proposer des solutions chirurgicales. L’enjeu est de taille : faire en sorte que la « femme marginale« , celle qui espère un changement depuis les provinces meurtries, ne soit plus la grande oubliée des statistiques et des célébrations nationales.

Dorcas Mwavita/Congoprofond.net

Politique

Assemblée nationale : Sous la conduite de Boji Sangara et Djoli Eseng’Ekeli, le temple des lois retrouve sa rigueur constitutionnelle

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En recevant, dans le strict respect des formes républicaines, le rapport annuel de la CENI des mains de Denis Kadima, le tandem Aimé Boji Sangara – Jacques Djoli Eseng’Ekeli a offert ce mardi 14 avril 2026 une magistrale leçon de droit parlementaire. Loin des tumultes et des improvisations du passé, le Palais du Peuple démontre qu’il est redevenu le sanctuaire intangible de la procédure.

Ce mardi 14 avril 2026 restera comme l’illustration éclatante qu’un État de droit se construit d’abord par la stricte observance des gestes prescrits. En recevant officiellement Denis Kadima dans l’antre du bureau de l’Assemblée nationale, le Président Aimé Boji Sangara n’a pas seulement ouvert sa porte ; il a ouvert la session de contrôle parlementaire à l’heure exacte où la loi l’exigeait.

Accompagné du rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli, orfèvre constitutionnel dont la présence suffit à garantir l’orthodoxie juridique du moment, ce binôme a transformé une formalité administrative en une démonstration de force institutionnelle : ici, au Palais du Peuple, on ne badine plus avec le calendrier de la démocratie, et chaque échéance légale est honorée avec une rigueur qui force le respect de tous les acteurs politiques.

Le dépôt des 550 exemplaires du rapport annuel — un par député national, ni un de moins, ni un de trop — incarne à lui seul la révolution procédurale silencieuse en cours. Couvrant la période stratégique d’avril 2025 à mars 2026, ce document n’est pas un simple bilan technique ; c’est la feuille de route authentifiée des prochaines échéances électorales. Dans une tradition où les documents se perdaient parfois dans les couloirs ou n’arrivaient que tronqués dans les mains des élus, la précision mathématique exigée par le Professeur Djoli et orchestrée par le Speaker Boji Sangara envoie un signal limpide : le Parlement ne délibère plus sur des rumeurs, il légifère et contrôle sur pièces.

En remettant matériellement à chaque élu la totalité de l’œuvre de la Centrale Électorale, le duo dirigeant de la Chambre basse élève le débat à venir au rang d’examen rigoureux, là où régnait hier l’à-peu-près. Cette image d’un Parlement respectueux de ses propres règles jusqu’au détail protocolaire est la plus cinglante des réponses aux sceptiques de la gouvernance congolaise. La CENI de Denis Kadima n’a pas été convoquée comme un justiciable à la barre, mais accueillie comme une institution partenaire dans le cadre défini par la Loi fondamentale.

En verrouillant ainsi la procédure, Aimé Boji Sangara et Jacques Djoli Eseng’Ekeli ne protègent pas seulement la majorité ou l’opposition ; ils protègent la République elle-même contre ses vieux démons d’improvisation. Dans une Afrique centrale en quête de repères, le message porté ce 14 avril depuis Kinshasa est d’une clarté assourdissante : quand les hommes de droit sont à la manœuvre, les institutions respirent au rythme serein et inébranlable de la Constitution.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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