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Mobutu: la « star » du cimetière chrétien de Rabat
Pas de nom, ni photo ou épitaphe. Juste trois initiales -MSS- entrelacées sur la grille de fer d’un caveau familial: ici repose Mobutu Sese Seko, « roi du Zaïre » et dictateur déchu, mort il y a vingt et un ans jour pour jour en exil au Maroc.
La dépouille du tout puissant maréchal-président, qui régna 32 ans sans partage sur l’ex-Congo belge -aujourd’hui République démocratique du Congo (RDC)-, est enterrée au cimetière européen de Rabat, dans une relative sobriété vu le personnage.
« Il y a beaucoup de gens qui viennent visiter la tombe. Chaque jour, il en passe au moins une dizaine, presque tous Congolais (et) africains », raconte Abu Fida, gardien des lieux. « Mobutu, c’est la vedette du cimetière! », sourit-il.
Cachée derrière de hauts murs blancs, cette improbable nécropole est un mélange de sépultures à demi-abandonnées et d’alignements de tombes militaires, vestige du Maroc colonial.
Dans un silence presque religieux, une allée centrale et déserte cernée de palmiers monte vers un imposant obélisque célébrant les « glorieux défenseurs » de la France.
Quelques pas plus loin, deux gros palmiers joufflus montent la garde devant le caveau des Mobutu, temple de marbre blanc et noir, surmonté d’une simple croix.
Ce jour-là, un duo de religieuses congolaises vient se recueillir, et murmure un discret « Notre Père ». « C’était notre président tout de même », confie l’une d’elles.
« Ils sont trois à être enterrés dans le caveau, Mobutu et deux de ses fils. Au total, il y a six places », explique le gardien Abu Fida. Au fil des ans, d’autres membres de la famille ont aussi été inhumés dans de discrètes tombes autour du mausolée.
Briquée tous les jours par les employés du cimetière, la tombe du patriarche est impeccable. L’intérieur de la chapelle, fermée à double tour, où « il y a des petits mots, des choses personnelles…, c’est Mama qui s’en occupe », indique Abu Fida.
« Mama »? Sa femme, qui « vient généralement deux fois par semaine, elle est très gentille ».
Bobi Ladawa fut l’épouse légitime de Mobutu qui -originalité méconnue- prit parallèlement Kosia, sœur jumelle de Bobi, comme concubine officielle.
Les deux sœurs furent les dernières compagnes du dictateur. Elles le suivirent dans son exil marocain, et vivraient aujourd’hui, à la tête du clan Mobutu, entre Rabat, Paris, Bruxelles et le Portugal, alimentant les rumeurs sur la fortune dissimulée par l’ex-président.
« Mama vient désormais en taxi » visiter la tombe de son défunt mari. Fini les chauffeurs et voitures de luxe. « Elle aime bien parler avec les gens », explique encore Abu Fida. « Mais elle fuit les solliciteurs comme la peste. Ils sont souvent nombreux derrière elle, qui viennent jusque sur la tombe pour quémander un billet ».
Le maréchal à la célèbre toque léopard et à la canne de bois sculpté a été chassé du pouvoir en mai 1997 par la rébellion de Laurent-Désiré Kabila, venue de l’Est swahiliphone de la RDC, avec le soutien du Rwanda et de l’Ouganda.

Le président Joseph Mobutu Sese Seko Wazabanga
Lâché par ses alliés, trahi par ses généraux et haï par la population, Mobutu s’enfuit comme un paria. Accueilli d’abord au Togo, il trouva finalement refuge au Maroc avant d’être rapidement hospitalisé pour un cancer avancé de la prostate.
Vingt ans après sa mort, le 7 septembre 1997 à 66 ans, sa dépouille repose toujours à Rabat, dans l’intimité familiale, mais loin de la terre de ses ancêtres. Son rapatriement était pourtant l’un des engagements pris en 2013 par l’actuel président Joseph Kabila (fils de Laurent-Désiré).
« Pour les autorités congolaises, le corps du président Mobutu ne doit pas rester au Maroc. Il doit être rapatrié », a répété à l’AFP le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende. « Mais il y a une dispute interne dans la famille. (…) Le gouvernement ne peut rien entreprendre sans la famille », a-t-il justifié.
Impossible de confirmer à Rabat, où le clan Mobutu évite soigneusement les journalistes. « C’est très politique. Mama craint aussi que la tombe au Congo ne soit profanée », croit savoir Abu Fida.
En 2012, pour le 15e anniversaire de sa mort, la famille avait organisé une discrète messe de requiem. Pour cette année, rien, à ce jour, n’a encore été officiellement annoncé.
Par le360(AFP)
Santé
Butembo : Ouverture de la revue annuelle des soins de santé primaires en DPS Nord-Kivu
La revue des soins de santé primaires de la Division provinciale de la santé (DPS/Nord-Kivu) a été officiellement ouverte ce mercredi 29 avril à Butembo. C’est l’autorité urbaine, le commissaire supérieur principal Mowa Baeki Telly Roger, qui a lancé cette activité au Centre Uhai Kikyo. Il a appelé les prestataires de soins de santé à privilégier l’intégrité dans l’exercice de leur métier, plutôt que la recherche du gain et de la gloire.
« Je profite de cette occasion pour remercier les prestataires de soins de santé qui font preuve de leur serment, les poussant à jurer d’être fidèles aux lois de l’honneur et de la probité. Leur premier souci doit être de rétablir, préserver ou promouvoir la santé dans tous ses aspects physiques, mentaux, individuels et sociaux ; d’administrer les soins à l’indigent et à quiconque le demande ; de ne pas se laisser influencer par la recherche du gain et de la gloire ; de ne pas prolonger abusivement les agonies, ni provoquer délibérément la mort, mais plutôt de lutter pour soulager les souffrances du patient et de participer à l’information du public sur le bon usage des médicaments », a-t-il déclaré.
De son côté, le médecin chef de la Division provinciale de la santé Nord-Kivu, Gaston Lubambo, a indiqué que l’objectif général de cette revue annuelle est de contribuer à l’amélioration des activités sanitaires dans la province, dans le cadre de la mise en œuvre du plan de développement sanitaire et de la couverture santé universelle. L’objectif spécifique est notamment d’évaluer les recommandations formulées lors de la précédente édition. Cette revue, marquée par plusieurs travaux en carrefours, se déroulera durant cinq jours au Centre Uhai Kikyo de Butembo.
Dalmond Ndungo
