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Mobilisation générale, appel à la nation, enrôlement des jeunes : Les clés d’un discours

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Des réactions contrastées, les unes dithyrambiques, les autres critiques, continuent de se manifester après le message à la nation du président de la république, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo jeudi 3 novembre 2022 dans la soirée.

Se faisant l’écho des recommandations du Conseil Supérieur de la Défense tenu en date du samedi 29 octobre, le chef de l’Etat s’est en effet adressé à la nation pour fixer ses compatriotes sur l’évolution de la situation dans la partie orientale du pays et la crise avec le Rwanda.

En dépit de certaines réactions primaires somme toute minoritaires de ceux dont la profession est la négativité, une analyse attentive du discours du président de la république suggère que cette adresse est allée au-delà des lieux communs et de la nonchalance dans lesquels tentent de le confiner, pour le besoin de la cause, certains de nos compatriotes.

Démonstration

D’abord, du fait de la démonstration administrée par le président de la république. On en retient pour l’essentiel que ce n’est pas la RDC qui provoque le Rwanda ou lui veut du mal. La crise date plutôt de plusieurs décennies et la Communauté internationale y est pour beaucoup du fait de la survenue du génocide qu’on a laissé faire, de l’opération Turquoise qui a déversé les prétendus génocidaires dans notre pays, enfin de l’Afdl à travers laquelle certaines grandes puissances avaient voulu régler les comptes au maréchal Mobutu.

Félix Tshisekedi montre par la suite que son accession au pouvoir a inauguré une exceptionnelle politique de main tendue à l’égard de nos neuf voisins, allant jusqu’à signer des accords commerciaux inédits et à adhérer à l’East African Community afin de rassurer, créer la confiance et susciter des projets communs de développement. En dépit de tout cela, a noté Félix Tshisekedi, la paix et la sécurité ne sont toujours pas au rendez-vous. « Une fois de plus, aucune avancée sur le terrain de la paix attendue par notre population n’a été observée », a martelé le chef de l’Etat.

Force est malheureusement d’observer, sur cette base, qu’il n’y a qu’en RDC où la haine de l’autre et la jalousie sont plus fortes que l’amour qu’on peut avoir pour son propre pays, au point d’afficher systématiquement une lecture différente sinon biaisée des événements, même contre le bon sens, alors que, coincé par les développements les plus récents, le Rwanda lui-même se trouve de plus en plus contraint de multiplier les gestes dans le sens de la désescalade, quand, de leur côté, l’ONU par son Conseil de sécurité, les Etats-Unis, l’Union Européenne et l’Union Africaine ont entrepris d’exiger la cessation des hostilités, le retrait du M23 des localités occupées, le retour au processus de Nairobi avec son volet désarmement et démobilisation, ainsi qu’à la feuille de route de Luanda pour la normalisation des relations entre Kinshasa et Kigali.

Jusqu’au sacrifice suprême

Félix Antoine Tshisekedi a par ailleurs décliné sa démonstration dans un style simple et dépouillé, concis et percutant. Objectif : apporter la preuve que c’est bien la RDC qui a été poignardée dans le dos malgré sa bonne foi et sa main tendue. De sorte que si on l’y contraignait, la RDC se trouverait à juste titre en droit d’aller jusqu’au sacrifice suprême afin de laver son honneur et de réhabiliter sa dignité dans le concert des nations.

Ce que les observateurs ont également retenu du discours du chef de l’Etat, c’est le choix délibéré des mots pour porter haut et fort le message et susciter l’émotion. Le cas par exemple du fameux « Ne doutons jamais, qu’ensemble, réfléchis, nous puissions changer le monde » qui constitue un pari sur l’avenir. Ou encore du pathétique « Nous devons ensemble avoir conscience que nul autre que nous-mêmes ne viendra sauver notre nation », un terme qui porte une charge émotive et un contenu plus concret que « notre pays ».
C’est aussi le cas de la mobilisation générale, de l’appel aux forces vives de la nation, de l’encouragement à l’enrôlement des jeunes dans les forces de défense et de sécurité, de l’institutionnalisation des groupes de vigilance, de la prison pour les traîtres. Soit autant d’éléments concrets pour dessiner un futur différent de tout ce que nous avions pu imaginer par le passé dans le cadre des différents accords signés avec nos voisins, le M23, l’Afdl et ses différents avortons.

Enfin, la démonstration s’est également opérée à travers des phrases clés destinées à attirer l’attention de l’opinion tant nationale qu’internationale, afin d’apporter la preuve de l’épuisement de la patience et de la bonne foi des Congolais obligés désormais de passer à une autre étape. C’est le cas certes de l’appel à la mobilisation générale, mais aussi de la référence au sacrifice suprême pour réhabiliter l’honneur de la patrie, de la sensibilisation de la jeunesse à s’enrôler dans les forces de défense et de sécurité. Un lexique qui est allé crescendo pour assumer notamment l’expulsion de l’ambassadeur du Rwanda, Vincent Karega, signe que les autorités congolaises en ont assez d’être tournées en dérision et qu’il ne leur reste plus désormais que le recours aux armes. Pour preuve, des renforts en hommes et en matériels sont de plus en plus annoncés en direction de la ligne de front. Mais il y a aussi cette extraordinaire mobilisation qui se déroule sur l’ensemble du territoire national, leaders politiques, religieux et de la société civile compris, l’empressement de différentes et larges couches de la population à s’enrôler au sein de l’armée et des services de sécurité avec les sentiments que l’on sait à l’égard de nos voisins. Ce n’est sans doute pas l’effet que le Rwanda recherchait !

 

 

 

Kenge Mukengeshay/L’HORIZON

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Corridor de Lobito : Tshisekedi mise sur un projet clé pour connecter l’Afrique au monde

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Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi , a présenté le projet du corridor de Lobito comme un levier stratégique d’intégration économique et de consolidation de la paix en Afrique centrale, lors du 5ᵉ Forum diplomatique d’Antalya, ouvert ce vendredi en Turquie.

Intervenant au panel des Leaders consacré au thème « le rôle de l’appropriation régionale dans un monde en transformation », le Chef de l’État congolais a mis en avant cette initiative comme un projet structurant appelé à renforcer les connexions entre l’Afrique et les marchés internationaux.

« Je fais ici référence, par exemple, au projet majeur qui suscite actuellement un intérêt partagé en Afrique centrale : le corridor de Lobito. Ce corridor d’intégration économique permettra d’acheminer les productions vers des centres de consommation situés sur d’autres continents », a déclaré le Président Tshisekedi.

Selon lui, cette infrastructure illustre l’importance d’une coopération régionale renforcée et traduit la volonté des États concernés de promouvoir un environnement fondé sur la stabilité, la paix et le respect mutuel des intérêts.

Le corridor de Lobito, en cours de développement, est ainsi perçu comme un axe stratégique majeur pour faciliter les échanges commerciaux, désenclaver certaines zones de production et positionner davantage l’Afrique centrale dans les chaînes de valeur mondiales.

 

Dorcas Ntumba

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