À la Une
MLC: Bemba recadre Mamba !
Dans un communiqué signé le jeudi 23 avril dernier, le président du Mouvement de Libération du Congo ( MLC),
Jean-Pierre Bemba Gombo, appelle les députés nationaux de son parti à se concerter avant toute initiative parlementaire.
Toute initiative des élus MLC dans les assemblées délibérantes doit être définie comme une cause commune, a-t-il indiqué, avant de rappeler aux élus MLC, députés nationaux, députés provinciaux et sénateurs, qu’ils sont détenteurs des mandats du parti et représentent le peuple dans leurs assemblées respectives, malgré le caractère chaotique des dernières élections.
Pour le » Chairman » du MLC, dans le but de maintenir la discipline et de garantir la cohérence de la ligne politique du parti, toute initiative des élus MLC dans les assemblées délibérantes doit être définie comme une « cause commune ». Par conséquent, insisite-t-il, il est impérieux qu’elle soit au préalable concertée au sein du groupe parlementaire. » Toute initiative parlementaire non concertée n’engage que son initiateur. Le groupe parlementaire comme le parti ne sera nullement comptable des conséquences politiques des initiatives individuelles », a prévenu Jean Pierre Bemba.
Pour les observateurs, cette mise au point de JP Bemba est un camouflet infligé au député MLC Jean-Jacques Mamba qui, dans une correspondance adressée à Jean-Marc Kabund, a exigé sa démission de son poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale pour manque d’honorabilité.
En effet, l’élu de la Lukunga avait fait savoir que les allégations de Kabund sur le montant de 7 millions USD nécessaire pour la convocation d’un congrès, n’etaient que des affabulations, car le président de l’UDPS a été incapable de le justifier par des éléments concrets de preuve. Pour ce cadre du MLC, cela ne correspondait pas à la « hauteur » exigée par la fonction de Jean-Marc Kabund.
En définitive, cette sortie médiatique de Jean-Pierre Bemba se révèle comme un recadrage poli à l’endroit de son compagnon du parti qui s’attendait plutôt un soutien de la part de ses camarades.
Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET
À la Une
IA et médias africains : Melba Orlie Nzang Meyo plaide pour la souveraineté des données culturelles
C’est à l’Université Internationale de Libreville Berthe et Jean, le mercredi 21 janvier 2026, que Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo a livré une communication dans le cadre de la Conférence internationale de la presse francophone (Cipref 2026). Au cœur de son intervention : la nécessité urgente de valoriser les données culturelles locales dans l’usage croissant de l’intelligence artificielle par les médias africains.
Face à un auditoire composé de professionnels de l’information, d’universitaires et d’étudiants, la conférencière a mis en garde contre une adoption aveugle des technologies d’IA ( Intelligence Artificielle), souvent conçues et entraînées loin des réalités africaines.

Les données locales, nerf de la guerre de l’intelligence artificielle
Pour Mme Nzang Meyo, la question des données n’est pas accessoire : elle est centrale. « Sans données locales, l’intelligence artificielle appliquée aux médias risque de devenir un instrument d’acculturation plutôt qu’un levier de développement », a-t-elle souligné.
La majorité des modèles d’IA aujourd’hui utilisés dans le monde, qu’il s’agisse de génération de textes, d’images ou d’analyses, sont entraînés sur des bases de données largement dominées par des contenus occidentaux. Une réalité qui pose un problème majeur pour les médias africains soucieux de produire une information ancrée dans leurs contextes nationaux.
Des contenus déconnectés des réalités africaines
Le risque est réel : recourir à une intelligence artificielle non nourrie de données locales peut conduire à la production de contenus historiquement approximatifs, socialement hors-sol ou culturellement inadaptés. Articles de presse, illustrations, analyses ou récits médiatiques peuvent alors refléter des schémas exogènes, éloignés des réalités géographiques, linguistiques et sociopolitiques du Gabon ou d’autres pays africains.
À l’inverse, la valorisation des archives nationales, des productions médiatiques locales et des savoirs endogènes permettrait à l’IA de mieux saisir les nuances du français gabonais, l’usage des langues vernaculaires, ainsi que les subtilités culturelles propres aux sociétés africaines.
Raconter l’Afrique avec ses propres algorithmes

L’enjeu est aussi politique et symbolique. « Si les médias africains ne valorisent pas leurs propres données, ils deviennent dépendants d’algorithmes étrangers pour raconter leur propre histoire », a averti la conférencière. Une dépendance qui pourrait, à terme, fragiliser la souveraineté narrative du continent et uniformiser les récits médiatiques.
Pour Melba Nzang Meyo, il est donc impératif que les rédactions, les institutions culturelles et les États investissent dans la structuration, la numérisation et la protection des données locales, afin que l’intelligence artificielle devienne un outil d’émancipation et non de dilution identitaire.
Qui est Melba Melba Orlie Nzang Meyo ?
Mme Melba Melba Orlie Nzang Meyo est une spécialiste des enjeux numériques et culturels, engagée sur les questions de médias, innovation technologique et valorisation des patrimoines africains. Son travail s’inscrit à la croisée de la communication, de la culture et des nouvelles technologies, avec une attention particulière portée à la souveraineté informationnelle et à la place de l’Afrique dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
