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Minembwe : le colonel « Makanika », nouveau défenseur armé des Banyamulenge

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Sur les hauts plateaux de Minembwe, il y a un nouveau visage qui fait beaucoup parler de lui. Il s’agit du colonel Michel Rukunda, dit « Makanika », un déserteur de l’armée congolaise qui contrôle aujourd’hui une partie des groupes armés banyamulenge. Sa présence a été signalée à près d’une vingtaine de kilomètres du camp de déplacés de Mikenge.

Jusqu’en janvier 2020, indique RFI, les Banyamulenge avaient pour les défendre les Gumino, un groupe armé qui s’était entre autre opposé à la rébellion rwandophone du M23 et les Twirwaneho, des milices d’autodéfense. Le colonel Makanika semble surtout être revenu sur les hauts plateaux pour reprendre en main les Twirwaneho qui peinaient jusqu’ici à protéger leurs parents comme leurs troupeaux.

Le colonel Makanika, c’est un ancien de l’AFDL, la rébellion de Laurent Désiré Kabila, mais il fait partie des officiers banyamulenge qui se sont retournés contre le parrain rwandais et qui ont voulu les chasser du territoire. C’est aussi l’un des fondateurs des Gumino, un groupe avec lequel il ne semble plus avoir de contacts aujourd’hui. Les partisans de Makanika assurent qu’il protège non seulement les Banyamulenge mais aussi des Bafulero.

Dans un communiqué publié en janvier dernier, les Forces Armées de la RDC ont appelé la population au calme après la psychose créée par la défection du colonel Makanika.

Selon la cellule de communication de la 33 région militaire au Sud-Kivu, les FARDC étaient en train de localiser ce fugitif en vue de le traquer sans donner des précisions sur son lieu de cachette.

Selon des sources concordantes, le colonel Makanika a fait défection pour prendre la tête du groupe armé ‘’ Androïd ‘’ à Minembwe, dans le territoire de Fizi.

Avant sa défection, le colonel Makanika œuvrait à la base militaire de Walikale, au Nord-Kivu. Il était issu de la milice ‘’ FRF ‘’ active à Minembwe, rappelle-t-on.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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Esclavage des enfants : A Kananga, l’urgence d’agir face au phénomène « Bayanda »

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Au cours d’une ronde effectuée par CONGOPROFOND.NET, dans la ville de Kananga, un constat alarmant s’impose : de nombreux enfants et adolescents sont livrés à eux-mêmes dans les rues. Certains, encore en âge scolaire, sont contraints de travailler comme transporteurs à vélo, communément appelés « bayanda », pour subvenir à leurs besoins quotidiens.

Ces jeunes, qui devraient être assis sur les bancs de l’école, arpentent plutôt les artères de la ville, exposés à toutes les formes de vulnérabilité. Une situation qui illustre crûment une réalité persistante, bien loin des discours officiels.

Une Journée mondiale au goût amer

Le 16 avril, à l’occasion de la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants, cette réalité a pris une résonance particulière. À Kananga, cette journée n’a pas été une simple commémoration, mais un révélateur d’un phénomène profondément enraciné.

Des acteurs de la société civile ont saisi cette occasion pour interpeller l’opinion publique et les autorités, appelant à une prise de conscience urgente face à ce qu’ils considèrent comme une forme moderne d’exploitation des enfants.

La société civile hausse le ton

Parmi les voix les plus engagées, celle de la structure La Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), dirigée par sa coordonnatrice Merveille Tshibola, dénonce une situation préoccupante. Selon elle, abandonner un enfant à la rue revient à compromettre l’avenir même de la République démocratique du Congo.

Elle souligne qu’au Kasaï-Central, de nombreux enfants sont arrachés à leur environnement naturel (la famille, l’école et les espaces de socialisation ) pour être plongés dans des activités pénibles, notamment dans les marchés, les carrières ou sur les routes.

Des pratiques assimilées à une forme d’esclavage

Pour plusieurs observateurs, cette situation tend à se banaliser, au point d’être tolérée dans certaines couches sociales. Pourtant, les conséquences sont lourdes : exposition aux dangers, mendicité forcée et travaux pénibles deviennent le quotidien de ces mineurs.

La présidente provinciale du Cadre de concertation de la jeune fille rappelle que le foyer doit rester un espace de protection. De son côté, Vincent Kayembe Tshiamumanya, coordonnateur provincial de la Commission nationale des droits de l’homme, condamne fermement ces pratiques, qu’il juge inacceptables.

Un appel pressant à l’action

Au-delà du constat, la société civile lance un appel clair : la lutte contre l’esclavage des enfants ne peut se limiter à des discours. Elle exige des actions concrètes, des politiques publiques adaptées et une responsabilisation accrue des parents.

À Kananga, derrière chaque enfant exploité se dessine une crise silencieuse : celle d’une génération privée de ses droits fondamentaux. Face à cette réalité, les acteurs locaux ne demandent plus ( ils exigent ) des mesures urgentes pour protéger l’enfance et restaurer sa dignité.

Mike Tyson Mukendi / Congoprofond.net

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