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Message de soutien à la Magistrature congolaise (Lettre ouverte)

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Mesdames et Messieurs les Magistrats du Parquet et du Siège, bien chers Juges et membres de la corporation judiciaire de notre pays, recevez les salutations de la Convention des Congolais de l’Étranger. Si, jadis, l’humanité avait pris conscience que la justice élève une nation (Proverbe 14 : 34), plus que jamais cette parole biblique est d’ actualité brûlante dans la phase actuelle de la nation, notamment par l’avènement d’un président qui a fait de l’établissement d’un État de droit (lutte contre l’impunité, contre la corruption, contre la violation des droits des citoyens et de la nation), en notre chère République démocratique du Congo, son cheval de bataille. Pour soutenir le président de la République, Magistrat Suprême, le droit, votre engagement à l’appliquer, votre détermination et votre lucidité constituent des pierres angulaires.

En effet, la longue et tragique marche de notre pays vers sa douloureuse émancipation, a toujours été accompagnée des drames écrits avec et dans le sang de notre peuple à cause des pouvoirs sanguinaires qui se sont succédé dans notre pays.

Et pourtant, nous vivons à l’ère d’une géostratégie mondiale qui ne fait pas de cadeau au petit peuple, qui arrache le pain de la bouche de la veuve et de l’orpheline violées pour enrichir les groupes d’intérêts obscurs. Dans un tel environnement imposé par le capitalisme « ensauvagé », seules les nations fondées sur des lois justes peuvent protéger leurs peuples.

C’est dans un tel monde qu’en 2018, le Congo notre pays a accédé, au prix du sang, à sa première alternance politique depuis son accession à la souveraineté nationale et ce, avouons-le, à l’issue d’un processus électoral délibérément voulu chaotique. Néanmoins, un certain espoir est né de voir enfin la nation respirer un air nouveau, un changement fructueux.

Mais au fil des jours, les conséquences de la cohabitation des antagonismes des deux mondes que tout oppose révèle de plus en plus les agendas cachés de ceux qui ont en horreur le changement, l’établissement d’un état de droit et du pouvoir pour le « peuple d’abord » car le passé des hommes qu’ils ont pourri les rattrape. En fait le tort n’est pas que nos compatriotes aient  accepté que des fils du pays se mettent ensemble pour servir la nation ; le tort n’est pas non plus d’avoir fait confiance à la capacité de changement et d’empathie enfuies en l’homme, mais le tort est à ceux qui se  croient malins et qui veulent, à tout prix, perpétrer le régime des privilégiés et des intouchables, alors que c’est contre cela que s’est focalisé le combat de notre peuple et pour lequel il n’a pas hésité d’aller au-devant du sacrifice suprême.

Dans ce contexte que les ennemis du peuple essaient de nous imposer en utilisant toutes sortes de traquenards hostiles à l’élan de changement, le peuple désemparé recherche ardemment une branche de salut à laquelle s’accrocher. Et cette branche est, estimons-nous, le bras judiciaire de la République. On peut le constater, dans les circonstances actuelles, le peuple ne peut compter sur une presse longtemps muselée et servant des intérêts divergents. Nous ne pouvons pas non plus compter sur le pouvoir législatif qui, comme on ne cesse de le déplorer, est préoccupé par la survie personnelle d’un seul individu au détriment des aspirations fondamentalement légitimes de notre peuple. La bataille finale s’engage donc sur le terrain de la justice, car c’est là où tout se joue : le destin des « intouchables » contre celui du reste du peuple. On peut certes compter sur l’institution président de la République dont la ferme volonté à imposer le changement est plus que manifeste. Mais cela n’a échappé à personne que le chef de l’État lui-même est pris dans un engrenage orchestré pour qu’il ne puisse malheureusement pas matérialiser le service total au peuple congolais.

Voilà pourquoi toute la nation a le regard tourné vers sa magistrature. Tous nos espoirs reposent désormais sur la justice pour qu’enfin s’élève la clameur d’une joie libératrice tant attendue par notre peuple. Dans un passé très récent, la Magistrature était vilipendée car elle renvoyait une image d’une corporation inféodée à certains politiciens véreux et à des hommes les plus offrants. Il est temps que les plus valeureux d’entre vous tirent les autres vers la détermination et l’excellence car le Congo vous regarde et vous attend.

C’est pourquoi nous rendons un vibrant hommage au vaillant Juge et homme intègre Raphaël Yanyi Ovungu, mort armes à la main, dans la défense des intérêts de son pays, le serment le plus précieux qu’un Juge puisse honorer. Recevez donc, vous membres de sa corporation, nos condoléances les plus en chagrinées, avec la reconnaissance populaire de la nation.

Par ailleurs, cette mort est un réel affront à l’endroit de la justice de notre pays. Elle est une tentative désespérée des ennemis du peuple et de la vraie démocratie dans le but de vous terroriser, vous intimider pour vous ôter tout le courage nécessaire de dire le droit et ainsi défendre la veuve et l’orphelin meurtris sans défense, la femme violée qui se noie dans son sang, s’abreuvant de ses larmes sans mesure. Cette mort est une manière de vous contraindre à la peur, au silence et donc à l’inaction pour qu’à jamais les gens qui ont géré les deniers publics, les confondant avec leurs poches, ne puissent rendre compte à la nation prostrée. De sorte que les massacres et délits de tous genres demeurent impunis.

Mais en lieu et place de la peur, c’est du réconfort et de courage qu’il vous faut. Vous avez en contrefort la nation tout entière car votre cause est sa cause et elle est noble, juste et salutaire. La meilleure façon que vous avez de rendre hommage à votre collègue, c’est de tenir à la rigueur de la loi afin que la justice triomphe. Prenez aussi garde et surveillez tous vos faits et gestes en cette période trouble, car les ennemis de la justice feront tout pour vous discréditer, vous fragiliser à travers vos différentes vies privées. Soyez sur vos gardes.

Rassurez-vous donc, Mesdames, Messieurs les Magistrats tant du Parquet que du siège, que vous pouvez compter sur le soutien indéfectible de la population congolaise, de la diaspora en général et surtout de la Convention des Congolais de l’Étranger. Car elle est exaltante la mission que vous avez pour l’avènement d’un État dans lequel tous les citoyens sont soumis à la puissance protectrice et émancipatrice de la loi, garante de la réussite de notre destinée commune comme peuple.

Si donc la justice élève une nation, les Magistrats en déploient les fondamentaux. Vous avez une occasion historique d’entrer par la grande porte dans l’histoire assombrie de la nation congolaise par votre courage, votre patriotisme et votre sens de responsabilité.

Que vive le Congo fort et prospère

Que vive la Magistrature congolaise et la République des Juges

Pour la Convention des Congolais de l’Étranger (CCE)

Présidente                                             1er Vice-Président

               Sévérine TSHIMINI MBUYI                    Ferdinand ILUNGA NKONKO

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