Médias
Mère Angèle Nsimba Phaka : 30 ans de fidélité et de feu pour l’Évangile médiatique
Elle est la voix vive et chaleureuse que reconnaissent instantanément les auditeurs de Radio Sango Malamu et les téléspectateurs de sa chaîne sœur : « Bana Notre Père, mu Yesu goût, mu Yesu nsunga eeeehhhh ! » Ce cri devenu emblématique ne lui appartient plus seulement. Repris par des musiciens, des pasteurs, des croyants d’horizons divers, ce slogan né d’un élan spirituel est désormais un véritable phénomène dans les milieux chrétiens congolais.

Mais derrière ce refrain à succès, il y a une femme : Mère Angèle Nsimba Phaka. Une pionnière. Une figure discrète mais centrale de l’évangélisation par les médias en République Démocratique du Congo.
Une vocation née entre foi et micro
Née le 20 mai à Kinshasa, Angèle Nsimba Divutuka grandit dans une grande famille catholique. Si elle se voyait un temps infirmière, c’est finalement le monde des médias qui l’attire irrésistiblement.
Diplômée en communication sociale de l’IFASIC et titulaire d’un Master en marketing et communication de l’École Supérieure de Journalisme de Lille (France), elle va mettre ses compétences au service d’un seul maître mot : l’annonce de l’Évangile.
Mariée et mère de trois enfants, elle conjugue vie de famille, foi et carrière médiatique avec une endurance remarquable.

Une histoire d’amour avec Sango Malamu
Tout commence en 1994, lorsqu’elle est sacrée grande auditrice de Radio Sango Malamu, après avoir remporté plusieurs concours bibliques. Repérée par le pasteur Jim, elle est invitée à rejoindre l’équipe. Elle débute modestement, en dépouillant le courrier des auditeurs. Rapidement, elle gravit les échelons : assistante d’édition, caissière, technicienne, animatrice, reporter d’images dès 2000 avec le lancement de la télévision Sango Malamu.
Elle participera à la relance de la radio après l’incendie de 1998 en initiant les « Actions Matinales d’Intercession » (AMI), aux côtés du couple Malonda et du pasteur René Futi Luemba.
Aujourd’hui, elle est Chef de service télévision, encadre les stagiaires et continue d’animer l’antenne avec la même énergie qu’à ses débuts. Elle détient le record de 30 années de fidélité aux Studios Sango Malamu Ministries (SSM), un ministère fondé par le missionnaire canadien Révérend James Ronald Sawastky, alias Jim.
Indépendants de toute confession religieuse, les SSM ont pour mission d’« évangéliser par les médias ». Une mission que Mère Angèle incarne avec une rare constance.

« Ce n’est pas moi, c’est le Saint-Esprit »
Pour elle, le slogan « Bana Notre Père » n’est pas un effet de style. « Dans Jean 1:12, on apprend que ceux qui croient en Jésus deviennent enfants de Dieu. Ce sont eux que nous appelons chaque premier dimanche du mois et chaque troisième vendredi à se rassembler dans nos activités », explique-t-elle. « S’ils viennent, ce n’est pas parce que j’ai crié fort, mais parce que le Saint-Esprit les a convaincus. »
Une icône discrète
Angèle Phaka ne court ni après les projecteurs ni les récompenses. Mais en ce 20 mai, son anniversaire, elle mérite un hommage appuyé.
Femme de foi, femme de média, femme de fidélité, elle est le visage d’une génération qui a su conjuguer modernité technologique et puissance spirituelle.
Tchèques Bukasa & Flory Phaka
Médias
Grands Lacs : à Ukweli Summit, Patrick Muyaya et Obul Okwess appellent à une action concertée pour renforcer l’accès à l’information face à la désinformation
À Kinshasa, lors de la première édition de l’Ukweli Summit 2026, tenue du 30 au 31 mars, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et l’enseignant Obul Okwess ont appelé à une action concertée pour renforcer l’accès à l’information dans la région des Grands Lacs, face à la montée de la désinformation.

Prenant la parole, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective. « La meilleure manière de combattre la désinformation est de se mettre en coalition : gouvernement, professionnels des médias et société civile », a-t-il déclaré. Il a également plaidé pour une synergie entre acteurs afin de faire face aux attaques informationnelles, y compris en période de conflit, tout en rappelant que « chacun doit instaurer un doute méthodique face à toute information reçue ».
De son côté, Obul Okwess, enseignant à l’UNISIC ex IFASIC, a mis en avant les avancées introduites par la législation sur la presse en RDC. « Cette loi a permis de reconnaître les médias en ligne et les médias communautaires, tout en amorçant une dynamique vers la dépénalisation des délits de presse », a-t-il expliqué. Il a également souligné le rôle des fondamentaux enseignés aux étudiants pour s’adapter aux mutations du paysage médiatique.

Toutefois, l’universitaire a regretté un recul avec l’adoption du code du numérique. « Ce texte a instauré un régime plus répressif qui restreint certaines libertés acquises », a-t-il affirmé, estimant que cela freine l’élan de libéralisation engagé. Les échanges, auxquels participait aussi un membre du comité directeur de l’UNPC, s’inscrivaient dans le thème : « Repenser l’information, l’intelligence artificielle et l’éducation numérique en temps de crise pour les cinq prochaines années ».
Exaucé Kaya
