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Mémoire meurtrie et Justice : La RDC rouvre les cicatrices de ses génocides
Le Pullman Hôtel de Kinshasa a servi de théâtre, ce mardi 29 juillet 2025, à l’ouverture solennelle du Colloque international sur la reconnaissance des génocides commis en République Démocratique du Congo. Cette rencontre d’envergure, à la croisée de l’histoire, du droit et de la mémoire collective, marque un tournant décisif dans le combat pour la vérité, la justice et la réparation.
Pendant trois jours, chercheurs, historiens, juristes, acteurs institutionnels et partenaires internationaux croiseront leurs regards pour analyser, documenter et faire reconnaître les tragédies humaines qui ont endeuillé le territoire congolais depuis plusieurs décennies.
Le colloque est organisé conjointement par le FONAREV (Fonds National de Réparation des Victimes) et la CIA-VAR (Commission d’Initiative Africaine pour la Vérité et la Réconciliation), sous le haut patronage du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, représenté pour l’occasion par la Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Marie-Thérèse Safi Sombo.
Dans le message qu’elle a délivré au nom du chef de l’État, la ministre a insisté sur l’impératif moral de faire face à l’histoire, aussi douloureuse soit-elle, pour espérer construire une paix durable fondée sur la justice et la mémoire assumée.
Moment fort de la cérémonie d’ouverture, l’intervention de Paul Nsapu Mukulu, président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), a jeté un éclairage cru sur le caractère génocidaire de plusieurs crimes perpétrés sur le sol congolais, appelant à rompre avec le silence international et à nommer enfin les faits par leur nom.
Trois leçons inaugurales ont donné la mesure de la profondeur des réflexions attendues :

– Le Professeur André Miroir a décortiqué les mécanismes de la violence coloniale au Congo ;
– Le Professeur Isidor Ndaywel a retracé la trajectoire tragique du peuple congolais, marqué par les massacres, les guerres et les déplacements ;
– Le Professeur Ivon Mingashang a dénoncé l’indifférence de la communauté internationale face aux crimes de masse ignorés, qualifiés de « génocides oubliés ».
Chacun de ces intervenants a bénéficié d’une heure pour exposer ses analyses, donnant au colloque une densité intellectuelle inédite.
Au-delà des discours, cette initiative se veut un jalon dans un long processus de reconnaissance, de vérité et de réparation. Elle ambitionne de poser les bases d’une mémoire nationale structurée, susceptible d’influencer les politiques publiques de justice transitionnelle et de réconciliation.
Les travaux se poursuivront jusqu’au jeudi 31 juillet avec des panels thématiques, des ateliers de réflexion et l’adoption de recommandations censées baliser le chemin vers un consensus national et international sur le devoir de mémoire de la RDC.
Dorcas Mwavita/CongoProfond.net