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Mégestion à la DINACOPE : Tony Muaba, Christine Nepa Nepa et Papy Mangobe doivent justifier à l’IGF et à la Cour des Comptes, l’utilisation de l’enveloppe prévue pour la budgétisation de 10.002 NP du secondaire en avril 2023
Le Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Primaire, Tony Muaba Kazadi, ainsi que le Secrétaire Général, Christine Nepa Nepa et le Directeur National-Chef de Service de la Direction Nationale de Contrôle et de Préparation de la paie, la Maitrise des effectifs des Enseignants et du Personnel Administratif des Etablissements scolaires (DINACOPE, ex. SECOPE), Papy Mangobe, doivent aussi justifier l’utilisation de l’enveloppe disponibilisée par le Gouvernement de la République, pour la budgétisation de dix mille deux enseignants non payés des écoles secondaires qui, jusqu’à présent, continuent à prendre leur mal en patience.

Ce point de vue est d’un groupe d’enseignants mécanisés et non payés, qui se sont exprimés à la rédaction de CONGOPROFOND.NET, le lundi 19 février 2023, profitant de l’occasion offerte par la mission de contrôle de l’Inspection Générale des Finances et de la Cour des Comptes, auprès de la DINACOPE.
« Nous sommes des enseignants non payés des écoles secondaires, en dépit du fait que nous avons des numéros matricule que la DINACOPE nous a attribués en janvier 2022, après l’opération d’identification de février 2020, à l’époque du Ministre Willy Bakonga. Nous avons malheureusement raté la budgétisation en avril 2022, comme cela était annoncé par le Ministre Tony Muaba et ce, pour des raisons que nous ignorons », a déclaré sous anonymat, l’un d’eux.
Et d’ajouter : « Nous étions quand-même soulagés lorsqu’au début du mois d’avril 2023, le Ministre Tony Muaba avait annoncé une unième prise en charge des enseignants non payés, notamment 10.002 du secondaire. Néanmoins, jusqu’à ce jour, aucune réalisation et nous continuons à souffrir ».
A titre de rappel, à travers une lettre référencée N°MINEPST/CABMIN/002/2023 et datée du 05 avril 2023, le Ministre de l’EPST, Tony Muaba Kazadi, avait écrit ce qui suit : « Le Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique a le réel plaisir d’informer à tous les enseignants que, le Gouvernement de la République, soucieux du bien-être des enseignants, poursuit sans désemparer la réalisation de ses engagements tels que repris dans l’addendum au protocole d’accord de Bibwa signé avec le banc syndical de l’EPST ».
A cet effet, avait-il poursuivi : « Outre les mises à jour, la paie du mois d’avril 2023 comprendra les actions ci-après : le paiement de la prime de la gratuité à hauteur de 50.000 FC par enseignant du primaire…, la prise en charge de 682 enseignants N.U du niveau maternel, la prise en charge de 5.535 enseignants N.U du niveau primaire, la prise en charge de 10.002 des enseignants N.U du niveau secondaire,… ».
Malheureusement, affirment les enseignants non payés, aucun mouvement massif n’a été constaté au sein des écoles secondaires jusqu’à ce jour, pour la concrétisation de cette promesse. Par contre, un seul cas de nouvelle école mécanisée était signalé dans la province éducationnelle de Kinshasa-Mont/Amba. Il s’agit de l’E.P La GRACE, implantée dans la commune de Kisenso.
Par contre, il a été remarqué un accroissement considérable des effectifs des agents payés, au niveau des Antennes de la DINACOPE de Kinshasa, à la paie du mois de juillet 2023. L’Antenne de LIMETE 3, à titre d’exemple, serait passée de 45 à près de 150 agents mécanisés et payés.
Aussi, faudra-t-il souligner, que certains syndicalistes de l’Est de la RDC, avaient un moment donné demandé au Ministre Tony Muaba Kazadi de rééquilibrer sa répartition des quotas car, estimaient-ils, que certaines provinces éducationnelles étaient mieux servies au détriment des autres. De leur côté, les enseignants du secondaire pensent que l’enveloppe prévue pour eux aurait été détournée au profit des N.U de la DINACOPE.
En somme, les enseignants non payés des écoles secondaires, qui s’étaient soulagés de la lettre du Ministre Tony Muaba, veulent savoir pourquoi depuis que l’annonce a été faite, leurs cas n’ont jamais été régularisés. Ils invitent, à ce propos, l’IGF et la Cour des Comptes pour contrôler l’affectation des fonds prévus pour le paiement annoncé de 10.002 enseignants N.U du niveau secondaire.
MBISI MBOTI/CONGOPROFOND.NET
Politique
Andy Bemba charge Joseph Kabila : « Une incohérence politique au service d’intérêts cachés »
Dans une sortie médiatique au ton incisif, Andy Bemba, président national du parti « Nouvelle Pensée » (NP), s’est exprimé ce vendredi 1er mai 2026 à la suite du discours de Joseph Kabila, intervenu après les sanctions qui lui ont été infligées par les États-Unis. Cette réaction s’inscrit dans un contexte politique particulièrement délétère, marqué par des tensions persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo. « Ces sanctions américaines renforcent ma détermination à défendre la RDC », a déclaré l’ancien chef de l’État.
Selon Andy Bemba, les propos de Joseph Kabila traduisent une contradiction manifeste, voire une duplicité politique difficilement défendable. « Lorsque le président honoraire parle de dictature tout en semblant s’aligner avec une rébellion impliquée dans les violences à l’Est, cela révèle une incohérence majeure dans son discours », a-t-il affirmé, dénonçant une posture qu’il juge à la fois ambiguë et stratégiquement orientée.
L’ancien président, qui a dirigé le pays durant près de deux décennies, se retrouve aujourd’hui au cœur de vives critiques, notamment en raison de positions jugées paradoxales. Pour Andy Bemba, cette attitude est d’autant plus problématique qu’elle émane d’une figure ayant longtemps incarné l’autorité suprême. « Un patriote, et plus encore un ancien président après 18 ans de pouvoir, ne peut agir de la sorte », a-t-il martelé, soulignant une dissonance entre les discours et les actes.
Au-delà de la critique politique, Andy Bemba va plus loin en prêtant à Joseph Kabila des motivations moins avouables. « Derrière le discours sur la dictature se cache en réalité la défense d’intérêts personnels », a-t-il soutenu, évoquant une instrumentalisation du registre démocratique à des fins stratégiques.
Cette charge, aux accents particulièrement sévères, met en lumière les fractures profondes qui traversent la scène politique congolaise. Elle interroge également la crédibilité des prises de position des anciens dirigeants, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans des dynamiques perçues comme contraires à l’intérêt national.
Dans un climat politique où les discours rivalisent avec les non-dits, la frontière entre conviction et calcul semble plus que jamais ténue, laissant planer le doute sur la sincérité des engagements affichés.
Blaise Abita Etambe / CongoProfond.net
