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Média : les journalistes de Béni craignent pour leur vie…
Quelques jours après la disparition de leur collègue du territoire de Beni dans la province du Nord-Kivu, les journalistes de Rwenzori Voice Radio (RVR) ont décidé de suspendre certains programmes vespéraux, par crainte pour leur sécurité.
Terreur et désolation, voilà ce qui caractérise, ce derniers temps, les journalistes du territoire de Beni, précisément à Mutwanga, chef-lieu du secteur Rwenzori. Depuis la disparition de leur collègue Pius Muhindo Manzikala, journaliste de RVR, radio émettant en modulation de fréquence, les journalistes de cette radio évoquent les difficultés d’exercer leur fonctions, de peur de connaître le même sort que leur collègue.
Ils ont donc décidé de suspendre certains programmes, notamment l’édition du journal vespéral de 21 heures, et certaines émissions programmées au-delà de 19 heures. C’est ce qu’a affirmé Ricardo Rupande, directeur de la RVR. Il a ajouté que les journalistes craignent d’aller récolter des informations dans les zones environnantes.
Le corps de Puis Muhindo Manzikala n’a pas encore été retrouvé, même si l’armée a annoncé sa mort le dimanche. Ses familles biologique et professionnelle espèrent encore de le revoir vivant pour qu’il continue avec ses tâches quotidiennes de servir la communauté.
Le mardi 15 décembre 2020 sur place à Mutwanga, les journalistes de de Beni, après échange avec la famille, émettaient encore des doutes sur la déclaration de l’armée. Ils ont publié une déclaration, demandant au groupe armé ADF, présumé ravisseur du journaliste et d’autres civils, de le relâcher, lui qui a toujours été indépendant dans son travail d’informer la communauté. Ils ont demandé à l’armée de tout mettre en oeuvre pour restaurer l’autorité de l’État.
Le journaliste Pius Muhindo Manzikala était enlevé le vendredi 11 décembre par le présumé groupe armé ADF, lors de leur incursion au village Kasusu/Nzenga, où une vingtaine de personnes étaient tuées et une vingtaine d’autres portées disparus, en plus des dégâts matériels.
Delphin Mupanda/congoprofond.net
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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
