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Actualité

Mbuji-Mayi : un lanceur d’alerte arrêté sur plainte de la femme du directeur financier de la Miba !

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L’affaire fait grand bruit à Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï central. Claude Mianzuila, activiste de la Société civile, est aux arrêts depuis 3 jours pour avoir dénoncé sur tous les toits la disparition de dizaines de millions de dollars à travers un jeu de substitution de plusieurs beaux diamants par des pierres de moindre valeur.

Accusé d’imputations dommageables par la femme du directeur financier de la Miba, récemment citée par la presse locale comme ayant cherché à faire disparaitre des documents de l’ordinateur de son mari bloqué à Kinshasa, Claude Mianzuila a été arrêté. Pour elle, c’est bel et bien ce lanceur d’alerte qui a balancé cette nouvelle  » mensongère « .

Pour l’avocat de Claude Mianzuila interrogé par RFI, l’arrestation de son client est plus qu’un mauvais signe, il y a une volonté affichée de faire oublier les malversations commises.

« Il y a une main noire derrière toute cette affaire. C’est visible même à l’oeil nu. Le directeur financier en question n’a pas porté plainte mais c’est sa femme qui ose le faire, alors M. Mianzuila est pour ces hauts cadres de la Miba un homme qui montre leurs faiblesses et cela ne doit pas les arranger. Donc il y a de l’acharnement autour de M. Mianzuila du fait qu’il parle, qu’il alerte la population sur la soustraction frauduleuse de subtsances minérales appartenant à la Miba, explique l’avocat qui conclut que « le silence de Mianzuila » pourrait arranger certains.

En définitive, avons-nous appris, des enquêtes ont été ouvertes pour tirer cette affaire au clair. Wait and see.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

Politique

Guillaume Ngefa Atondoko à Pékin : la justice congolaise s’arrime au réel et à l’excellence des standards internationaux

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Dès son premier échange au Parquet populaire suprême de Chine, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a posé un acte politique et doctrinal fort : celui d’un Garde des Sceaux pour qui la justice n’est ni une abstraction kinoise, ni un simple instrument régalien, mais la véritable colonne vertébrale d’un partenariat international apaisé.

Face au vice-procureur général Tong Jianming, le Ministre d’État congolais a démontré une vision percutante et décomplexée du rôle de son ministère. Là où d’autres se contenteraient de protocoles compassés, il a su imposer l’idée que la souveraineté judiciaire est le pré-requis indispensable à une relation économique durable en liant directement la lutte contre la corruption et la sécurisation des contentieux à la pérennité des investissements chinois.

Guillaume Ngefa redéfinit le partenariat institutionnel : il ne s’agit plus seulement de signer des contrats miniers, mais de construire un État de droit capable de garantir ces contrats dans la durée. C’est cette approche globale, où le droit devient le socle de la confiance mutuelle, qui marque un tournant stratégique dans la diplomatie bilatérale vieille de cinquante ans. Mais la force du propos du Ministre Ngefa réside surtout dans sa capacité à faire dialoguer l’ancrage territorial le plus concret avec l’ouverture la plus résolue sur le monde.

Son action à la tête de la Justice ne se lit pas uniquement dans les palais de marbre de Pékin ; elle se mesure d’abord dans les prétoires des chefs-lieux de province et dans la numérisation naissante des greffes de l’intérieur du pays. En venant chercher en Chine l’expertise sur la gestion massive des dossiers (830 000 avocats chinois sont un défi organisationnel autant qu’une source d’inspiration), il démontre une humilité intellectuelle précieuse : apprendre de ce qui marche ailleurs pour l’adapter au maillage complexe du territoire congolais.

La création récente du tribunal économique et financier ou l’examen des lois sur les conflits d’intérêts à Kinshasa prennent tout leur sens lorsqu’ils sont éclairés par l’expérience chinoise de digitalisation. Cette union entre la “main du terrain” et le “regard du large” est la marque d’un homme d’État pragmatique, qui sait que l’efficacité d’une réforme judiciaire se joue autant dans la célérité d’une procédure au fin fond de l’Équateur que dans la signature d’un traité d’extradition à l’autre bout du monde.

Enfin, cette visite à Pékin consacre une méthode de gouvernance aussi discrète que redoutablement efficace. Là où la coopération sino-congolaise fut longtemps perçue comme un simple corridor commercial, Guillaume Ngefa Atondoko y imprime la marque d’un partenariat institutionnel mature et équilibré. En discutant de “courtoisie judiciaire” avec les plus hautes instances du Parti et du Barreau chinois, il arrache le dialogue juridique à la seule gestion des cas consulaires pour l’élever au rang d’échange structurant entre nations souveraines.

L’éloge qu’il convient de lui adresser est celui de la cohérence : il ne prône pas l’ouverture pour l’ouverture, mais une internationalisation ciblée qui vient nourrir la machine judiciaire nationale et la rendre plus proche du citoyen. En quittant Pékin avec la promesse de traités d’extradition et un modèle de rapprochement des barreaux, le Garde des Sceaux rappelle avec force que la justice congolaise n’entend plus subir la mondialisation, mais bien la négocier et s’y outiller pour mieux rayonner depuis les provinces jusqu’à la scène internationale.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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