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Marie-Pascale Malanda (ACTEDD): »La RDC se positionne dans le gigantesque mouvement de décarbonisation qui s’annonce »

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La transition bas carbone dans le monde est d’absolue nécessité pour espérer préserver le climat, la biodiversité, l’environnement et la santé. Ces propos ont été tenus, le vendredi 30 septembre 2022, par Madame Marie-Pascale Malanda Diatuka, Coordonnatrice de l’Agence congolaise de la transition écologique et du développement durable (ACTEDD) au cours d’une conférence de presse à Kinshasa.

Plusieurs Etats ou blocs géopolitiques, a-t-elle affirmé, ont d’ores déjà fixé leurs horizons temporels en matière de réduction d’émission de gaz à effet de serre afin d’apporter leur contribution à la limitation du réchauffement global à moins de 2 degrés Celsius d’ici la fin de ce siècle.

« La feuille de route de la Commission européenne fixe d’au moins 40% l’objectif de réduction des gaz à effet de serre de l’Union en 2030 par rapport à 1990 et de nombreux pays se sont fixés l’objectif d’atteinte de la neutralité carbone à l’horizon 2050. La Chine, premier émetteur mondial a, quant à elle, fixé à l’horizon 2060 son objectif d’atteinte de la neutralité carbone. Les États-Unis, second émetteur mondial, envisagent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030. », a-t-elle dit.

Les pays africains tels que la République Démocratique du Congo (RDC) ont aussi exprimé leurs engagements climatiques au travers leurs contributions déterminées révisées au niveau national.

Pour Madame Marie-Pascale Malanda, « l’Afrique possède de riches ressources énergétiques et minérales qui lui offrent un large éventail d’opportunités stratégiques pour d’une part, développer son secteur énergétique durable et résilient et d’autre part, se positionner dans le gigantesque mouvement de décarbonisation qui s’annonce ».

La Coordonnatrice de l’Agence congolaise de la transition écologique estime que c’est avec le tryptique Climat-Energie-Environnement que les Etats vont devoir désormais collectivement composer et appréhender les priorités de développement, de création de richesses et de souveraineté avec ceux de nouveaux équilibres géopolitiques et géo-économiques.

Face aux femmes et hommes des médias, Madame Marie-Pascale Malanda Diatuka est aussi revenue sur le positionnement de la République Démocratique du Congo (RDC) Pays-Solution.

« Parmi les facteurs décisifs du positionnement de notre pays figurent l’épineuse question de notre taux de desserte en électricité. Notre taux est paradoxalement l’un des plus faibles au monde alors que nous avons un mix énergétique immense et très varié qui peut nous assurer un développement économique durable », a-t-elle indiqué.

En République Démocratique du Congo (RDC), le taux national de desserte en électricité est en effet estimé à 10% et moins de 1% en zone rurale.

« La République Démocratique du Congo est un surprenant paradoxe électrique et non un paradoxe énergétique, compte tenu de son mix énergétique abondant, varié et quasi vierge », a expliqué Madame Marie-Pascale Malanda aux professionnels des médias.

Et de renchérir : « Ce manque d’électricité est à l’origine du déséquilibre de notre bilan énergétique. Selon le rapport du Système d’information énergétique établi en 2016, la consommation finale totale du secteur résidentiel en RDC continue à osciller autour de 96% à partir de bois-énergie (charbon de bois, bois de feu, sciure) et environ 3% à partir de l’électricité d’origine renouvelable majoritairement et moins de 2% à partir des produits pétroliers. »

A en croire la Coordonnatrice de l’ACTEDD, ce déficit en infrastructures et en électricité est une des causes majeures de la forte pression sur les ressources forestières.

Selon les récentes données du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), la Ville de Kinshasa consomme, à elle seule, 17 millions de tonnes de bois par an.

D’après des projections basées sur les hypothèses actuelles, dans un scénario Bisniness As Usual, note Madame Marie-Pascale Malanda, « 15% de la forêt pourraient avoir disparu en 2050 soit 27 millions d’hectares ».

Un autre facteur décisif pour le positionnement de la République Démocratique du Congo, poursuit Madame Malanda, se fonde sur la forte dépendance du monde aux métaux dits stratégiques (cuivre, cobalt, lithium, nickel, manganèse, etc…) pour le développement de nouvelles technologies énergétiques bas carbone et de nouvelles formes de mobilité.

Signalons que la rencontre entre la responsable de l’ACTEDD et la presse s’inscrit à la fois dans le cadre de la mise en oeuvre du plan d’actions pluriannuel de ACTEDD et des recommandations issues du premier atelier de ACTEDD.

Rattachée à présidence congolaise, l’ACTEDD compte améliorer les connaissances des médias en matière de changements climatiques.

Tous ces organes de presse ont-ils été invités, à cette occasion, à accompagner l’Agence de la transition écologique et du développement durable (ACTEDD) dans sa mission de sensibilisation, vulgarisation et mobilisation de tout le corps social pour l’émergence d’une solide culture environnementale transformationnelle qui maîtrise et défende avec clairvoyance les intérêts souverains des congolais tels que garantis par la Constitution et les lois de la République.

 

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Révision constitutionnelle en RDC : Ferdinand Lokunda et l’ASMECO plaident pour une refondation institutionnelle

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Le débat sur une éventuelle révision ou réforme constitutionnelle en RD Congo continue d’alimenter la scène politique et citoyenne. Parmi les voix qui se font entendre figure celle de Ferdinand Lokunda Dasilva, président de l’Association des Métis au Congo (ASMECO), une structure de la société civile engagée notamment dans la lutte contre la discrimination raciale, la marginalisation et la défense des droits des enfants sans distinction d’origine. 

À travers une série de propositions rendues publiques, Ferdinand Lokunda appelle à une « nouvelle Constitution » qu’il juge plus adaptée aux réalités politiques, sécuritaires et institutionnelles de la RDC. Ses desiderata touchent aussi bien à la nationalité, à l’organisation des institutions qu’au mode de gouvernance du pays.

La double nationalité au cœur des propositions

Parmi les réformes majeures défendues par Ferdinand Lokunda figure la reconnaissance de la double nationalité pour les Congolais. Selon lui, tout citoyen devrait avoir le droit d’acquérir une autre nationalité sans perdre celle de la RDC. Une question qui revient régulièrement dans le débat national, notamment au regard de l’importante diaspora congolaise installée en Europe, en Amérique ou ailleurs en Afrique.

L’activiste estime que cette ouverture pourrait renforcer l’apport économique et intellectuel de la diaspora dans le développement du pays, tout en modernisant le cadre juridique actuel.

Un mandat présidentiel plus long

Autre proposition phare : la modification de la durée du mandat présidentiel. Ferdinand Lokunda suggère soit un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois, soit un mandat unique de dix ans non renouvelable. Pour lui, cette réforme permettrait au chef de l’État de disposer du temps nécessaire pour exécuter ses projets de société et garantir une certaine stabilité institutionnelle.

La proposition intervient dans un contexte où la question des institutions et de leur efficacité reste largement débattue au sein de l’opinion congolaise.

Les fonctions de souveraineté et la question identitaire

Le président de l’ASMECO propose également un durcissement des conditions d’éligibilité aux fonctions dites de souveraineté. Selon sa vision, tout Congolais ayant des « affiliations » ou des « cordons ombilicaux » avec un pays voisin ne devrait pas accéder à certaines hautes fonctions de l’État.

Une position qui s’inscrit dans un climat politique marqué depuis plusieurs années par les débats autour de la nationalité, de l’identité et des questions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.

Vers un Parlement monocaméral ?

Dans ses propositions, Ferdinand Lokunda défend aussi l’idée d’un Parlement à chambre unique composé de 800 députés, estimant que cette formule serait plus adaptée à l’immensité géographique de la RDC. Il plaide en outre pour des élections présidentielles organisées à deux tours afin de renforcer la légitimité populaire du président élu.

Enfin, il souhaite que les gouverneurs des provinces, les responsables territoriaux ainsi que le Premier ministre soient nommés par le président de la République lorsqu’ils ne sont pas originaires des entités concernées.

Une vision portée par l’ASMECO

À travers l’Association des Métis au Congo (ASMECO), Ferdinand Lokunda développe depuis plusieurs années un discours axé sur la cohésion nationale, la lutte contre les discriminations et la protection des droits des personnes marginalisées. La structure affirme également promouvoir des projets de développement communautaire et l’autofinancement pour soutenir ses actions sociales.

Ces nouvelles propositions constitutionnelles viennent ainsi élargir le champ d’intervention de cette organisation citoyenne qui entend désormais peser dans le débat public sur l’avenir institutionnel de la RDC.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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