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Marie-Cécile Okito: « Diaspora Éveillée apporte son grain de sel dans la conscientisation de l’homme congolais… »(Interview)
Se mettre ensemble pour construire et relever la République démocratique du Congo en soutenant, bien-sûr, la vision du président de la République en martelant sur la conscientisation du peuple congolais. Tel est le leitmotiv de madame Marie-Cécile Okito au travers de sa structure » Diaspora Éveillée » qui vient de commencer un travail de fond sur place à Kinshasa.
Créée en 2019 par des compatriotes vivant aux États-Unis d’Amérique, » Diaspora Éveillée » veut prendre les taureaux par les cornes.
Elle a pendant son séjour dans la capitale tiré la sonnette d’alarme sur ces comportements dignes que devraient adopter le peuple congolais ainsi que ses dirigeants, notamment dans la prise de conscience de ce que l’on doit réellement faire de ce pays.
Dans une interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, cette Congolaise de la diaspora n’a pas eu sa langue dans sa poche.

CONGOPROFOND.NET: Madame Marie-Cécile Okito, « Diaspora éveillée », est-ce une démarche pour laver l’image ternie de la diaspora congolaise aux affaires depuis l’avènement de Félix Tshisekedi?
Marie-Cécile Okito: Bon, laver l’image c’est quand même trop. C’est comme si la diaspora était venue faire une certaine correction, non.
Moi je dirais plutôt c’est apporter un plus, apporter quelque chose de différent, pour essayer d’ajouter un plus dans la vision du chef de l’État.
Feu Tshisekedi Wa Mulumba nous a laissé le slogan » le Peuple d’abord « , et c’était le premier cri de bataille du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi , un cri qui a réuni tout le peuple congolais. Voilà donc il y a toujours quelque chose de plus qu’on pourra rajouter, amener des expertises et des connaissances pour contribuer au développement de notre pays.
Comment la vision que vous préconisez peut contribuer au développement de la RDC?
M.C.O: Notre vision, j’insiste, c’est sur la conscientisation, réveiller un peuple, le rendre conscient de sa responsabilité, de son engagement pour ce pays et de ses droits bien-entendu, nous sommes là pour y apporter notre grain de sel, pour rendre conscient l’homme congolais.
Le peuple est aveuglé, il n’est pas pris en compte dans la construction de ce pays, il doit connaître sa position surtout à l’aube des élections.
Je pense que le peuple doit se sentir responsable, tous ensemble, du plus petit au chef de l’État, nous devons être conscient du rôle que l’on doit jouer.

Quel rôle pour la diaspora dans les prochaines échéances électorales qui pointent en 2023 ?
M.C.O: A mon avis je pense que nous de la diaspora congolaise de partout dans le monde devons former une synergie qui nous permettra de regarder dans la même direction, ramener au pays ce que nous avons pu récolter comme connaissance. Cela nous permettra sans nul doute d’accompagner le président de la République dans sa lourde tâche et accompagner en même temps le peuple de ce qu’il doit réellement savoir sur les élections.
Vous êtes à Kinshasa, après votre sortie officielle quelle démarche faites-vous pour atteindre les Congolais d’en haut et d’en bas?
M.C.O: Oui, des démarches sont bel et bien en cours. C’est la raison de ma présence sur le terrain, prendre langue avec les médias et par la suite parcourir la ville de Kinshasa, palper du doigt les réalités du Congolais, visiter les marchés, les communes, etc.
Nous mettons en place un calendrier dans une étroite collaboration avec le gouverneur de la ville de Kinshasa, sinon nous n’arriverons pas à atteindre le Congolais du fin fond.
Quelle a été votre motivation pour penser à la conscientisation de l’homme congolais?
M.C.O: Merci pour cette question pertinente. Vous savez, c’est quelque chose qui te vient à l’esprit, tu y penses et tu te sens déterminée à aller de l’avant.
Ici au pays chacun veut tirer le drap de son côté en disant que le pays va mal, mais le peuple doit savoir qu’il a aussi sa part de responsabilité. Il est appelé, cette fois-ci, à être conscient.
J’ai compris une chose, les Congolais n’ont jamais été invités à être au centre des actions. Je prend l’exemple du marché central que le gouverneur a décidé de réhabiliter, très très bonne idée du gouverneur, mais a-t-il pensé à qui confier ce travail ? Aux Congolais eux-mêmes, bien-sûr, qui le feront avec dévouement. Ce n’est pas la peine de prendre un étranger pour faire le travail du Congolais. Il y a parmi eux des maçons, des menuisiers, des peintres… qui feront le travail avec amour. Sinon nous avons échoué.
Dans « Diaspora éveillée », il existe une structure qui est en train de rassembler tous les projets des diasporas, les mettre ensemble et à la disposition du peuple; sinon nous perdons du temps en pensant que quand nous faisons confiance à un Chinois ou un Japonais ou encore un Français pour construire notre pays, cela est normal. Voilà cette conscience que le peuple doit retrouver, l’étranger ne construira pas ce pays.
Réveillons nous à tous les niveaux, soyons proche de ce peuple pour que nos partenaire sachent avec qui travailler.
Avez-vous un quelconque soutien politique ?
M.C.O: (Rire), l’association est apolitique. C’est quelque chose qui est venu du coeur en tant que femme, d’abord. C’est par amour de ne pas voir les autres souffrir ou délaisser ou encore qui se sentent mis à part. C’est plutôt ça qui m’a motivé et je sais que la main de Dieu sera là pour nous guider. Voilà !
Comment fonctionne la diaspora congolaise des USA ?
M.C.O: La diaspora congolaise aux États-Unis est unie. C’est vrai que chacun a ses objectifs, mais quand on se retrouve dans des manifestations le drapeau congolais prime d’abord. C’est pour dire que nous sommes unis. Donc une forte synergie peut nous aider à faire mieux pour notre pays.

Quelle est l’image de cette diaspora aux USA ?
M.C.O: Il y a de ces Congolais de la diaspora aux USA qui se sont dits déçus de la situation du pays, mais malgré tous ça ils brandissent toujours le drapeau pour dire qu’ils sont Congolais et ça c’est plus fort.
Après votre sortie officielle, que prévoyez vous en priorité ?
M.C.O: Je prévois de m’installer au pays, avoir un bureau, parler avec des Congolais, pousser la population à travailler. Donc je reviens là sur cette conscientisation qui est notre cheval de bataille.
Propos recueillis par Pathou Kinzala Nkuka
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Lingwala endeuillée : Nathan Kashala, un jeune étudiant tué par balles après la finale Barça–Real
La finale de la Supercoupe d’Espagne opposant le FC Barcelone au Real Madrid, disputée le 11 janvier dernier en Arabie Saoudite, devait être un simple moment de passion sportive. À Lingwala, dans le centre de Kinshasa, elle s’est tragiquement transformée en scène de mort.
Nathan Kashala, 23 ans, étudiant en première année LMD/Droit à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), a été abattu de 4 balles devant la parcelle familiale située au n°202 de l’avenue Bolongo, dans la commune de Lingwala.

2 frères, 2 clubs, une même passion
Fan déclaré du Real Madrid, Nathan avait suivi la rencontre aux côtés de son jeune frère Ruben Ntambua, sympathisant du FC Barcelone et également étudiant. Après le coup de sifflet final, les deux frères regagnent leur domicile et décident de patienter devant le portail, attendant le retour de leur oncle avec qui ils partagent le même logement.
Il est un peu plus de 23 heures lorsque Ruben aperçoit leur oncle au loin. Dans une atmosphère encore marquée par les taquineries d’après-match, il se met à se moquer de lui à distance, l’oncle étant lui aussi supporter madrilène.
L’irruption fatale de militaires armés
C’est à ce moment précis qu’une moto surgit et s’arrête devant les deux étudiants. À son bord : un conducteur et 2 passagers, tous 3 en uniforme des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Les militaires interrogent les deux jeunes sur leur présence dans la rue à une heure tardive. Nathan et Ruben expliquent calmement qu’ils rentrent d’un match de football et qu’ils se trouvent devant leur propre domicile, attendant simplement leur oncle, déjà en vue.
Une escalade brutale et incompréhensible
La situation dégénère soudainement. L’un des militaires se saisit de son arme et se dirige vers l’oncle, qui, ayant compris le danger imminent pesant sur ses neveux, s’était mis à courir vers eux pour leur porter secours. Face à face avec le militaire armé, l’oncle est sommé de s’agenouiller. Pour le contraindre, le militaire tire deux coups de feu en l’air.
Terrifié par la scène, Ruben s’agenouille à son tour et supplie son grand frère Nathan d’en faire autant. Alors que ce dernier s’apprête à obtempérer, le militaire ouvre le feu.
4 balles pour une vie
Une première balle atteint Nathan à la cuisse. Sous la douleur, il s’effondre au sol. Le militaire s’approche alors de lui et, sans ménagement, lui tire 3 autres balles dans le ventre, à bout portant.
Les assaillants prennent immédiatement la fuite, laissant derrière eux une scène d’horreur et une famille brisée.
Mort à l’arrivée à l’hôpital
Transporté en urgence à l’Hôpital du Camp Kokolo pour une prise en charge médicale, Nathan Kashala n’y arrivera pas vivant. La famille sera informée de son décès peu après son admission.
Originaire de Mbuji-Mayi, fils d’un pasteur, Nathan n’était à Kinshasa que pour poursuivre ses études universitaires, tout comme son frère. Dans le quartier, l’émotion est vive et les questions fusent.
Un crime qui interroge et scandalise
À Lingwala comme à Mbuji-Mayi, habitants et proches peinent à comprendre les raisons d’un tel acharnement. Comment une simple attente devant un domicile, après un match de football, a-t-elle pu conduire à l’exécution sommaire d’un étudiant sans défense ?
Ce crime crapuleux, impliquant des hommes identifiés comme appartenant aux FARDC, relance avec force le débat sur les abus, l’usage disproportionné des armes et l’impunité persistante. Pour la famille Kashala, une seule exigence demeure : vérité et justice pour Nathan.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
