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« Maréchal » SEFO, l’ombre rouge de N’Djili : Itinéraire d’un enfant perdu devenu chef de bande
De son vrai nom Séphora Kalonji, le tristement célèbre « Maréchal » SEFO est né en 1997 à Kinshasa, dans la commune populaire de Ndjili, au Quartier 2 Bilombe. Fils de Chico Kalonji et de Hortance Mundengila, il est le fils unique de sa mère, mais lui-même père de 3 enfants.
Enfant du quartier, SEFO grandit au rythme de la rue, au milieu des petits métiers et des rivalités locales. D’un tempérament vif et charismatique, il fréquente très tôt les coins chauds de Ndjili où les jeunes cherchent à s’imposer par la débrouillardise, parfois par la violence.
Sa mère, espérant lui offrir un nouveau départ, l’envoie un temps en Angola pour rejoindre son père. Mais cette parenthèse à l’étranger ne suffira pas à le détourner de la pente glissante qui l’attend. À son retour à Kinshasa, il s’installe au Quartier 13, dans la famille paternelle, et retrouve rapidement le souffle rude de la rue.
Passionné de motos, SEFO devient motard, mais le trafic et la vie nocturne l’attirent davantage que la routine des transports. C’est dans ce milieu qu’il découvre la délinquance urbaine, s’imposant peu à peu comme un meneur redouté.
Entre 2013 et 2014, il rejoint un premier gang nommé « Fourmis Rouges », actif près du marché Mangobo au Quartier 2. Ces jeunes, connus pour leurs vols et braquages, sèment la panique dans la commune avant que le groupe ne se disloque sous la pression des autorités.
Mais pour SEFO, l’histoire ne s’arrête pas là. Ambitieux et charismatique, il rejoint une nouvelle bande baptisée « Les Arabes », basée au Quartier 3. Grâce à sa force de caractère et à son audace, il en prend très vite le commandement. Ses comparses le surnomment « Maréchal », un titre symbolisant à la fois son autorité et sa férocité.
Devenu un chef de bande craint et respecté, SEFO incarne la figure du caïd local : à la fois justicier autoproclamé pour certains jeunes du quartier et criminel endurci pour les habitants et les forces de l’ordre. Sa réputation franchit les frontières de Ndjili, faisant de lui un nom connu dans les cercles de la criminalité urbaine de Kinshasa.
En février 2025, il est arrêté par la Police nationale congolaise pour une série de délits et de violences urbaines. Beaucoup croient alors à la fin de son règne. Mais, à la surprise générale, il retrouve la liberté quelques mois plus tard, alimentant les soupçons de complicités ou de failles dans le système judiciaire.
À peine libéré, le Maréchal SEFO replonge dans ses travers, renouant avec ses habitudes de terreur. Les quartiers 3 et 13 vivent à nouveau sous tension. Jusqu’à ce que, ce mardi 11 novembre 2025, il trouve une fin tragique, victime de la justice populaire qu’il avait lui-même longtemps défiée.
Ainsi s’achève la trajectoire d’un homme dont la vie résume à elle seule les paradoxes de la jeunesse urbaine de Kinshasa : entre misère, survie, marginalité et quête de reconnaissance.
Un destin brûlé vif comme son image dans la mémoire collective.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Kinshasa : Un policier abattu à Masina, un militaire de la Garde Républicaine devant la justice
Une audience publique s’est tenue ce mardi 10 mars 2026 à Kinshasa dans l’affaire du décès du policier Ngetadidi Juslain, connu sous le surnom de « Me Rouge ». L’agent avait été tué le 14 février 2026 alors qu’il était en service au sous-commissariat Révolution, situé dans la commune de Kimbanseke.
Le principal prévenu dans ce dossier est Kaseba Katembwe, un militaire appartenant à la Garde Républicaine, poursuivi notamment pour meurtre.

Une affaire liée au vol présumé d’une moto
D’après les éléments présentés par la partie civile, les faits remonteraient au 13 février 2026. Ce jour-là, l’accusé aurait participé au vol d’une moto en compagnie de son ami Félicien Itani, également militaire.
Le lendemain, 14 février, ce dernier aurait été arrêté par les policiers du sous-commissariat Révolution et placé au cachot.
Une altercation qui tourne au drame
Toujours selon la partie civile, Kaseba Katembwe se serait ensuite rendu au poste de police afin d’exiger la libération immédiate de son ami. Une vive altercation aurait alors éclaté avec le policier Ngetadidi Juslain.
Au cours de cet échange tendu, le militaire aurait sorti son arme et tiré à bout portant sur l’agent, avant de procéder à la libération de son ami détenu.
Une tentative de manipulation de l’information
Après les faits, les deux hommes auraient transporté la victime vers l’hôpital Sino-Congolais. Parallèlement, ils auraient diffusé une information erronée présentant le policier comme un criminel, selon les déclarations rapportées par la partie civile.
Un suspect arrêté, un autre toujours recherché

Arrêté le 17 février pour meurtre et vol de moto, Kaseba Katembwe aurait été formellement reconnu par le plaignant du vol de moto. Ce dernier a expliqué devant le tribunal les circonstances dans lesquelles les deux militaires lui auraient ravi son engin. Quant à son présumé complice Félicien Itani, il serait actuellement porté disparu. Le tribunal a exigé sa comparution afin d’éclairer davantage les circonstances de cette affaire.
L’instruction se poursuit et le dossier reste en examen devant la justice.
Glody Bukasa/CONGOPROFOND.NET
