Société
Manque de moyens de transport des morts à Lubero : une taxe de 5 500 FC demandée aux ménages pour réparer le corbillard à Mighobwe
À Mighobwe, dans la chefferie des Batangi, territoire de Lubero, la population fait face à un manque de moyens pour transporter les morts et les malades. Le corbillard et l’ambulance de l’aire de santé de Mighobwe-Bwatsinge sont en panne, obligeant parfois les habitants à transporter les corps sur moto pour l’enterrement.

Pour tenter de résoudre ce problème, le comité de gestion du corbillard (COGECO), en collaboration avec des agents de sécurité locaux, a lancé une contribution communautaire. Chaque ménage de Mighobwe et Bwatsinge doit verser 5 500 francs congolais afin de réparer le corbillard. La collecte de cette taxe a commencé au mois de mars.
Cependant, plusieurs habitants expriment leur mécontentement et dénoncent une mauvaise gestion des contributions précédentes. Ils rappellent qu’en 2025, chaque ménage avait déjà versé 10 000 francs congolais. Malgré les doutes, la population affirme payer cette somme à contrecœur, faute d’autres solutions pour améliorer les services dans cette zone.
Shadrack Bihamba
Provinces
Gemena : impatiente face au blocage du chantier de modernisation, la jeunesse hausse le ton contre IMMO-SERKAS
À Gemena, l’attente commence à peser lourd. Alors que les travaux de réhabilitation et de modernisation de la ville devaient redessiner le visage urbain, le ralentissement du chantier suscite une vague de mécontentement, particulièrement chez les jeunes.
Depuis plusieurs jours, des messages et vidéos circulent sur les réseaux sociaux pour dénoncer le retard et la qualité perçue des travaux. « Certains individus récidivistes et instrumentalisés diffusent des messages et vidéos de désinformation et désorientation à des fins inavouées », dénonce un communiqué récent de l’entreprise adressé à la population. Mais pour une partie de la jeunesse, ces accusations ne suffisent pas à masquer une frustration bien réelle.
« Depuis l’existence de cette ville, il n’y a jamais eu un seul mètre de route asphaltée », rappelle Me Rufis Enyela, coordinateur du mouvement citoyen lutte pour le changement (LUCHA) dans le Sud-Ubangi. C’est précisément cette promesse historique qui alimente l’impatience. Les jeunes de Gemena, qui espéraient voir enfin des routes praticables, des caniveaux fonctionnels et un éclairage public digne de ce nom, voient le chantier piétiner.
Selon la société IMMO-SERKAS SARL en charge de l’exécution, la responsabilité ne revient pas à l’entreprise. « Les travaux d’assainissement, de pose des bordures et le début des travaux de la chaussée sont exécutés selon les règles de l’art », affirme-t-elle. Le blocage viendrait d’ailleurs : « Cela fait près d’une année que plus de 4 factures de l’entreprise déjà introduites et ayant reçues l’avis de non-objection du Ministre des Finances, ne sont toujours pas payées par le BCECO ».

Conséquence directe : le matériel est à l’arrêt. « Plusieurs camions bennes, 33 conteneurs chargés de bitumes, les engins complets destinés à l’asphaltage proprement dit de nos routes, sont déjà importés » et restent bloqués dans les entrepôts de l’ONATRA en attente de déblocage des fonds. Pour les jeunes mobilisés, cette situation est difficile à accepter alors que les routes comme Gemena-Akula et Gemena-Songo restent « totalement impraticables ».
La colère s’exprime de plus en plus ouvertement. Certains y voient un manque de considération pour la province et une incapacité des acteurs politiques à défendre les projets locaux. « Les mêmes individus sont muets sur ces réalités beaucoup plus graves », souligne le communiqué, qui appelle à la vigilance.
Face à cette tension, l’appel à l’apaisement se fait insistant. « Restons concentrés, ne cédons pas aux informations non vérifiées et sans fondement. Notre rôle est d’assurer un atterrissage en douceur pour que Gemena bénéficie enfin de routes durables », peut-on lire.
Le message se termine sur une note d’espoir : « Gemena mérite mieux. Cela passe par la patience, la vérité et l’unité de tous ». Reste à savoir si cette patience suffira à calmer une jeunesse qui attend des actes concrets, et non plus des promesses.
Blaise ABITA ETAMBE
