Société
Manque de moyens de transport des morts à Lubero : une taxe de 5 500 FC demandée aux ménages pour réparer le corbillard à Mighobwe
À Mighobwe, dans la chefferie des Batangi, territoire de Lubero, la population fait face à un manque de moyens pour transporter les morts et les malades. Le corbillard et l’ambulance de l’aire de santé de Mighobwe-Bwatsinge sont en panne, obligeant parfois les habitants à transporter les corps sur moto pour l’enterrement.

Pour tenter de résoudre ce problème, le comité de gestion du corbillard (COGECO), en collaboration avec des agents de sécurité locaux, a lancé une contribution communautaire. Chaque ménage de Mighobwe et Bwatsinge doit verser 5 500 francs congolais afin de réparer le corbillard. La collecte de cette taxe a commencé au mois de mars.
Cependant, plusieurs habitants expriment leur mécontentement et dénoncent une mauvaise gestion des contributions précédentes. Ils rappellent qu’en 2025, chaque ménage avait déjà versé 10 000 francs congolais. Malgré les doutes, la population affirme payer cette somme à contrecœur, faute d’autres solutions pour améliorer les services dans cette zone.
Shadrack Bihamba
Actualité
Affaire des « Enfants chilleurs »: “Je suis choqué”, le prévenu Philémon Mambabwa rejette les accusations de Mushobekwa et crée le doute
La 7ème audience de l’affaire des « Enfants chilleurs » a été marquée, ce jeudi 9 avril, par la prise de parole de Philémon Mambabwa, qui a d’emblée affiché son indignation face aux accusations portées contre lui. Devant la cour, ce haut cadre de l’ANR s’est dit « choqué » par les faits qui lui sont reprochés, notamment la séquestration et les violences présumées sur les enfants Mushobekwa.
Selon lui, ces accusations ne reflètent en rien la réalité de la situation vécue cette nuit-là.

Une version des faits contestée
Revenant sur le déroulement des événements, Philémon Mambabwa affirme avoir simplement demandé que les jeunes garçons soient conduits à la guérite en attendant leurs parents. Il explique avoir été surpris de recevoir, peu après, des appels de certaines autorités l’accusant de séquestration, alors même que la mère des enfants n’était pas encore arrivée sur place.
Dans ce contexte, il indique avoir contacté John Kanyoni Nsana, présenté comme un proche de la famille Mushobekwa, afin de lui exposer sa version. Il rejette catégoriquement toute tentative d’arrangement à l’amiable, qualifiant les affirmations de la partie civile de « fausses ».
La question sensible des violences
L’un des points centraux du débat a porté sur les événements survenus au cours de la nuit. Le prévenu affirme avoir découvert plusieurs jeunes dans sa résidence, y compris dans les espaces privés de ses filles. Face à cette intrusion, il dit avoir demandé à ses policiers de « maîtriser » les concernés.
Un terme qui a suscité de vifs échanges à l’audience. Mambabwa insiste : « Il ne s’agissait pas de recourir à la violence, mais d’empêcher toute fuite, certains jeunes ayant opposé de la résistance ».
Il nie toute responsabilité dans les blessures évoquées, allant jusqu’à suggérer que certains jeunes étaient dans un état d’ivresse avant leur arrivée.
Une gestion “familiale” de la situation ?
Se présentant comme un père de famille confronté à une intrusion nocturne, Philémon Mambabwa soutient n’avoir ni frappé les enfants ni donné l’ordre de le faire. Il affirme que la situation a été gérée avec retenue.
Il ajoute avoir reçu la mère des enfants le lendemain matin dans un climat apaisé, sans incident notable, les échanges s’étant déroulés de manière cordiale dans sa résidence.
Sur fond de ces explications, l’audience a mis en évidence plusieurs divergences entre les versions de la défense et celles de la partie civile.
Pour tenter d’éclaircir ces zones d’ombre, la cour attend désormais des témoignages jugés déterminants. Parmi eux : John Kanyoni Nsana, ainsi que Sakina, amie de la fille Mambabwa, et Claudian, le fils Mushobekwa, tous absents lors de cette dernière audience.
Leurs dépositions pourraient s’avérer décisives dans une affaire qui continue de captiver l’attention judiciaire et publique.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
