Société
Manifestations et vandalisme à Kinshasa : plusieurs magasins, banques et entreprises privées fermés jusqu’à ce jour (constat)
Kinshasa, jeudi 30 janvier 2025, un constat frappant s’impose aujourd’hui dans la capitale congolaise : de nombreux magasins, supermarchés, banques et entreprises privées n’ont pas ouvert leurs portes. Cette situation, particulièrement visible dans le centre-ville, semble être une conséquence directe des manifestations qui ont eu lieu ces deux derniers jours.
Nos observations sur le terrain, notamment sur l’avenue de la Libération (ex 24 Novembre), les quartiers de Gombe, Lingwala et le long du boulevard du 30 Juin jusqu’à la gare centrale, montrent que si certaines entreprises publiques fonctionnent normalement, la majorité des entreprises privées sont restées fermées.
Cette fermeture généralisée pourrait être liée aux actes de vandalisme et de pillage survenus le mardi 28 janvier 2025, lorsque des jeunes, sous prétexte de manifester contre l’agression du M23 soutenu par le Rwanda, ont saccagé plusieurs commerces, supermarchés et entreprises privées. Certaines ambassades et résidences de diplomates ont également été ciblées, ce qui a conduit de nombreuses représentations diplomatiques à fermer leurs bureaux par mesure de sécurité.
Ce climat d’insécurité a provoqué une véritable psychose au sein de la population. De nombreux habitants hésitent à sortir et à vaquer à leurs occupations habituelles, craignant de nouveaux débordements.
Malgré l’interdiction formelle de toute manifestation décrétée par le gouverneur de Kinshasa et son appel à la reprise des activités, la ville reste anormalement calme. Les rues sont dégagées, avec une circulation fluide et inhabituelle pour une journée normale. Les transports en commun sont présents, mais la fréquentation est très faible et l’activité économique tourne en ralenti, avec une absence marquée de l’effervescence habituelle.
Ce jeudi 30 janvier, Kinshasa ne retrouve toujours pas son rythme habituel, signe que la peur et l’incertitude continuent de peser sur la capitale.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET