Société
Mambasa : la société civile revendique 90 % de suivi de la « ville morte » et appelle à un second jour de mobilisation
La première journée de la cessation des activités décrétée par les organisations de la société civile en chefferie des Babila Babombi, dans le territoire de Mambasa, s’est soldée par une forte adhésion de la population, selon les organisateurs. La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) évalue à près de 90 % le taux de fermeture des activités et invite les habitants à observer une mobilisation totale ce mardi 4 août, dans le but d’interpeller les autorités sur la persistance de l’insécurité et des tracasseries routières.
Dans une interview exclusive accordée à CongoProfond.net ce lundi 3 août, le coordonnateur de la NSCC en chefferie des Babila Babombi, Muhindo Mamboro Peresi, s’est déclaré satisfait du déroulement de cette première journée de « ville morte ».
Selon lui, le niveau de participation enregistré traduit le ras-le-bol de la population face à la dégradation continue de la situation sécuritaire.

« Cette mobilisation permet de faire comprendre aux autorités que la population en a assez. Nous demandons à tous les habitants de respecter à 100 % la deuxième journée afin que notre message soit entendu », a-t-il déclaré.
Une mobilisation née d’une crise sécuritaire persistante
La décision d’observer deux journées sans activités avait été prise le 30 juillet à Biakato, à l’issue d’une assemblée extraordinaire réunissant plusieurs organisations de la société civile et des défenseurs des droits humains de la chefferie des Babila Babombi.
Les initiateurs du mouvement dénoncent la recrudescence des attaques attribuées aux combattants ADF, les nombreuses tracasseries routières ainsi que l’absence de réponses jugées efficaces face aux préoccupations sécuritaires des populations locales.
Ils avaient également annoncé un appel à l’incivisme fiscal à partir de cette période, tout en précisant que les différentes mesures feront l’objet d’une évaluation avant toute décision sur leur éventuelle reconduction.
Une action maintenue malgré l’opposition des autorités coutumières
À la veille de cette mobilisation, le chef de la chefferie des Babila Babombi s’était publiquement opposé à l’initiative. Vingt-quatre heures plus tard, Muhindo Mamboro Peresi avait réaffirmé le maintien de l’action citoyenne, la présentant comme une protestation pacifique destinée à attirer l’attention des autorités sur la détérioration persistante de la situation sécuritaire.
Il avait alors appelé les habitants à rester à domicile durant les deux journées de mobilisation afin d’assurer le succès de cette démarche.
Plus de 190 civils tués depuis janvier, selon la NSCC
Dans une déclaration publiée le 26 juillet 2026, la Nouvelle Société Civile Congolaise affirmait avoir documenté plus de 190 civils tués dans la chefferie des Babila Babombi depuis le début de l’année.
L’organisation évoque notamment les massacres survenus entre le 22 et le 23 juillet dans les groupements Mambembe Bella et Bangole, où 27 personnes ont été tuées en l’espace de 48 heures.
Face à cette situation, la NSCC avait présenté ses condoléances aux familles endeuillées, dénoncé le retard d’interventions des forces de sécurité lors de certaines attaques, exhorté les autorités militaires à intensifier les opérations contre les ADF et demandé au nouveau gouverneur de l’Ituri d’effectuer une mission dans cette partie du territoire de Mambasa afin de constater l’ampleur de la crise sécuritaire.
En attendant l’évaluation de cette première phase de mobilisation, les organisateurs appellent la population à observer massivement la deuxième journée de « ville morte » prévue ce mardi 4 août, estimant que cette action constitue un moyen pacifique de faire entendre les revendications des habitants de la chefferie des Babila Babombi
Junior kasamba/Congoprofond.net