Sécurité
Mambasa : Arrestation d’un proche du chef milicien Maï-Maï « Surambaya » et de ses deux gardes du corps
La population du village de Lukaya, dans la chefferie de Babila Babombi, au sud du territoire de Mambasa (province de l’Ituri), a arrêté entre le 27 et le 28 avril un proche du chef milicien Maï-Maï surnommé « Surambaya », ainsi que ses deux gardes du corps. Les trois hommes ont été remis aux services de sécurité pour interrogatoire.
D’après la Convention pour le respect des droits humains (CRDH) à Mambasa, ces arrestations font suite à des exactions commises par le groupe armé quelques jours plus tôt, le mercredi précédent. L’organisation salue la vigilance de la population, qu’elle qualifie de déterminante pour le retour de la paix dans la région.
Dans son rapport hebdomadaire publié le 29 avril, Rams Malikidogo, représentant local de la CRDH, informe également de l’arrestation, le lundi précédent, d’un certain Samy, frère du chef milicien, accusé d’avoir hébergé ce dernier et son escorte.
La CRDH exhorte les forces de sécurité à intensifier la traque contre « Surambaya » et ses partisans afin de démanteler définitivement ce réseau armé, actif dans le sud de Mambasa.
La chefferie de Babila Babombi reste en proie à l’activisme persistant de groupes armés, tant locaux qu’étrangers, dont les rebelles ADF, qui terrorisent la population depuis l’extension de leurs opérations dans la région en 2021.
Vérité Johnson/CONGOPROFOND.NET
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
