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Ma 10ème lettre aux enfants de la RDC :  Comment tirer le maximum des bénéfices de l’organisation des grandes manifestations ? ( Tribune de Tonduangu Kuezina Daniel, Rosoy/France)

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Quel est le lien entre la première foire internationale de Kinshasa (Fikin), la route directe reliant le centre de la ville de Kinshasa à l’Université de Kinshasa et le lotissement pour professeurs d’université à Righini ?

L’opportunité offerte à un pays par l’accueil des grands événements culturels ou sportifs permet l’acquisition de grands équipements ou infrastructures pour la communication, la télécommunication ou l’hôtellerie….

C’est en lisant les journaux en ligne et en regardant le Journal télévisé de la RTNC, le 6 janvier 2022, que j’apprends qu’il y a des soupçons de détournement autour des jeux de la Francophonie prévus pour Août 2022 à Kinshasa, notamment en rapport avec le projet de construction des logements pour 3500 participants.

Ce fait d’actualité me donne l’occasion de remonter à plusieurs années en arrière, pour dire à la génération montante qu’on peut vraiment faire mieux, à l’image des grands hommes ou bâtisseurs de notre pays.… Parmi eux Mgr Luc Gillon dont on disait, en cet homme-là, il y a quatre : le savant nucléaire, le bâtisseur, le régisseur et le prêtre.

Quel serait votre réponse, si on vous demandait quel est le lien entre la première foire internationale de Kinshasa (Fikin), la route reliant le centre de la ville de Kinshasa à l’Université de Kinshasa et le lotissement pour professeurs d’université à Righini ?

Pour répondre à cette question, le livre « Servir en actes et en vérité » de Mgr Luc Gillon nous sert de référence.

En effet en 1967, la RDC commence l’organisation de la première édition de la Fikin qui se tiendra du 30 juin au 14 juillet 1969. Pour loger les participants à cet événement, le gouvernement devait disposer, entre autres, d’un motel de cent cinquante chambres. Au dernier moment, la compagnie hôtelière qui s’était engagée à le bâtir et à le gérer se désista. On fit alors appel à Lovanium (l’actuelle Université de Kinshasa).

Mgr Gillon proposa de construire dans les meilleurs délais, au voisinage de Livulu, une cinquantaine de maisons à trois chambres, ainsi qu’un club-restaurant. Cet ensemble servirait de motel durant la Fikin ; ensuite, il se transformerait en lotissement où les professeurs congolais pourraient acheter des maisons.

Le gouvernement a fourni le terrain appelé Righini, du nom d’un ancien propriétaire et a financé pour un montant représentant vingt pour cent des constructions, au tarif de la régie des constructions de Lovanium.

La régie a pu construire ces cinquante maisons et le club en six mois, soit en moyenne deux maisons par semaine. Après la Fikin, il y eut cinquante heureux propriétaires parmi les cadres de l’Université, conclut Mgr Luc Gillon.

Quid de la route reliant le centre de Kinshasa et l’Université de Kinshasa ?

Ce n’est pas tout la Fikin donna aussi l’occasion de réaliser la route directe centre de Kinshasa et Lovanium (université de Kinshasa), attendue depuis plus de dix ans, à l’époque. Monsieur Bisengimana, alors directeur du bureau de la présidence informa Mgr Gillon que le bureau technique de la présidence avait programmé le tracé pour la Fikin, mais que les fonds nécessaires pour passer commande à l’entrepreneur n’existaient pas. Le bureau pouvait tout au plus disposer de la moitié de la somme réclamée par la firme présentant la soumission la plus basse.

Comme Lovanium avait grand intérêt à ce que cette route soit construite. Mgr Gillon offrit de réaliser à la moitié du prix de ce soumissionnaire.

Pour le bon peuple de la capitale, cette artère devint la « route de Lovanium », qui se terminait au « rond-point Gillon », actuel rond-point Ngaba.

Mgr Gillon nous apprend que pour la construction de cette route, le tracé impliquait des expropriations…il fallait donc négocier âprement avec les occupants des terrains à exproprier.

Une anecdote à ce sujet, figuraient parmi ces terrains, certaines maisons très ouvertes, bien que réputées closes …Mgr Gillon alla trouver ces dames qui hantaient ces lieux pour leur expliquer que l’inconvénient pour elles de devoir reconstruire serait largement compensé par l’avantage que la route leur procurerait :  » Pensez- donc, mesdames leur dit Mgr Gillon : cette chaussée vous amènera des clients motorisés et son bitume vous paraîtra bien plus commode que le sable pour y déambuler en les attendant… ».

Quelques semaines après l’inauguration de la route, le ministre Justin Bomboko et son collègue belge Raymond Scheyven passèrent par Lovanium, venant du village de Kimwenza. Assez impressionné par l’état déplorable de la route de sable qu’il avait dû emprunter, M. Bomboko dit à Mgr Gillon :  » Monseigneur, maintenant que vous avez terminé la route jusqu’à Lovanium, vous devriez la continuer jusqu’à la mission de Kimwenza ». Sa réponse :  » Je vous connais, Monsieur le Ministre : si j’accepte aujourd’hui de faire la route, vous viendrez me demander de faire le trottoir… »

Ça c’est une autre histoire….

 

Zoom sur Mgr Luc Gillon

Il est né à Rochefort le 15/09/1920. Fils d’ingénieur. Son père créa l’Institut électromécanique de l’Université catholique de Louvain. Ordonné Prêtre en 1946. Il est licencié en Théologie. Docteur en sciences, spécialisé en sciences nucléaires à Princeton (USA).  Nommé à 33 ans Recteur de l’Université Lovanium à Léopoldville (Kinshasa). Il consacre les dix-sept années les plus fécondes de sa carrière à bâtir LOVANIUM qu’il voulait l’université la plus prestigieuse d’Afrique centrale. Il y installe le premier réacteur nucléaire du continent africain.

En 1967 il renonce à sa fonction rectorale au profit de Mgr Tshibangu, tout en conservant celle d’administrateur général, ayant à cœur de terminer sa tâche de constructeur de la cité universitaire. Il rentre en Belgique en 1971. Il y est immédiatement élu doyen de la Faculté des sciences de l’UCL qui entamait son transfert de Louvain à Louvain-la-Neuve.  Il est décédé le 5/06/1998.

Une statue à son honneur a été inaugurée le 18 juin 2018 à l’occasion du vingtième anniversaire de son décès. Elle est placée à la place devant le bâtiment administratif de l’Université de Kinshasa.


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Nord-Kivu/Ituri : Sama Lukonde relève les différents points saillants de sa mission de suivi et évaluation de l’état de siège

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Arrivé à la fin de sa tournée de suivi et évaluation de l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, le Premier Ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a dressé, vendredi 23 septembre 2022, dans la soirée, avant de quitter Goma, le bilan de ses activités dans cette partie du territoire national, où il a été, non seulement pour évaluer la mise en œuvre de l’état de siège, mais aussi pour être aux côtés des familles endeuillées et celles déplacées à la suite des atrocités commises par les forces négatives, dont les ADF et les terroristes du M23 soutenus par le Rwanda.

Résumant sa mission officielle dans les deux provinces en état de siège, le Premier Ministre s’est exprimé en ces termes :

 

« Tout d’abord, je voudrais revenir sur l’annonce que j’ai faite lorsque je suis arrivé ici, à Goma, dans la province du Nord-Kivu. J’ai mentionné que nous étions là, à la suite de la demande de l’autorité suprême de venir faire une évaluation. Comme vous savez, la paix et la sécurité dans cette partie du pays, sont très chères à Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Nous avons entamé cette tournée depuis quelques jours, ici à l’Est de la République démocratique du Congo, en commençant par l’Ituri, où nous avons eu d’abord un Conseil de sécurité, puis des échanges avec toutes les forces vives. Cela nous a permis d’avoir un aperçu clair à ce niveau-là, des travaux qui doivent se faire surtout dans la sensibilisation, les discussions intracommunautaires, qui vont déboucher finalement sur des discussions intercommunautaires. Ça, c’est pour la province de l’Ituri. Et, le combat qui doit continuer à se faire en ce qui concerne les ADF, qui continuent à endeuiller nos populations ».

 

A Goma, tout comme à Bunia, cette tournée était l’occasion, pour le chef du gouvernement, de discuter aussi avec toutes les forces vives en vue d’avoir leur ressenti et mieux orienter l’action Gouvernementale pour le mieux-être de la population de ces terroirs.

 

 » Ici, dans la province du Nord-Kivu, comme nous l’avions fait aussi d’ailleurs dans l’Ituri, nous avons annoncé que nous venions pour d’abord, être aux côtés de ces familles qui sont endeuillées, être aux côtés de ces familles qui sont déplacées. Vous connaissez cette situation que nous avons dans le Rutshuru. A Bunagana, nous avons ces familles des déplacés, qui sont d’ailleurs rentrées par patriotisme et qui ont besoin de l’assistance humanitaire. Nous avons promis d’être vraiment à leurs côtés. Ensuite, nous avons eu aussi, ici, un Conseil de sécurité, où l’état de la province nous a été donné. C’était l’occasion aussi de discuter avec toutes les forces vives et avoir leur ressenti que cela puisse mieux orienter notre action. Donc, sur les points saillants, nous avons reçu cette revendication, qui avait été faite par rapport à la Monusco. Nous avons discuté avec les mouvements citoyens, avec la société civile. Nous avons fait appel à leur sens de responsabilité, en disant que la constitution garantit toute forme de revendication, mais la constitution garantit aussi le droit à la vie. Et que c’est important, pour nous, en tant qu’autorités, qui avons la responsabilité justement de la protection des biens et des personnes, que nous soyions toujours au fait en termes de responsabilité. Nous avons eu a déplorer récemment dans le cadre de ces revendications, demandant le retrait de la Monusco, à regretter, à déplorer des morts. Nous ne voulons plus voir cela arriver. Et donc, c’était vraiment une demande de responsabilité pour qu’on s’assure que nous épargnons des vies. Nous sommes déjà dans une situation sécuritaire difficile. Il faut concentrer nos forces là où nous avons véritablement ces forces négatives, cette agression que nous avons, qui est activée par le Rwanda. C’est là que nous devons mettre l’énergie. Ça, c’était l’un des premiers faits saillants qui a été dans nos échanges. Ensuite, nous avons échangé sur d’autres questions qui préoccupent la population, notamment la sécurité, le banditisme, et nous assurer qu’avec les autorités militaires, nous puissions adresser ces questions surtout autour des questions des tracasseries qui ont été mentionnées. Nous estimons que nous, en tant qu’autorités, nous devons suivre ce que la population nous dit et travailler dans le sens de lui garantir son bien-être. C’est une population, qui n’a que trop souffert. Et donc, nous sommes très sensibles aux messages qui nous sont donnés », a-t-il ajouté.

 

Sensible aux demandes de la population, le chef du gouvernement a instruit le gouverneur militaire du Nord-Kivu à trouver, de commun accord avec le Conseil provincial de sécurité, le moyen de lever le couvre-feu dans la ville de Goma.

 

 » Nous avons eu aussi cette demande qui a été faite particulièrement pour la ville de Goma, en ce qui concerne les restrictions en termes de déplacements. Et nous avons discuté avec le gouverneur militaire et donner une indication pour qu’il puisse très vite réunir le Conseil de sécurité et voir les modalités de lever le couvre-feu, tel que c’est vécu actuellement dans la ville de Bunia, tout en garantissant la sécurité des personnes. C’est un peu en résumé, ce qu’ont été nos échanges du point de vue des points saillants. Donc, c’est un travail qui va se faire et être annoncé très rapidement. Pour les autres questions purement sécuritaires et d’opérations militaires, nous réservons la primeur à Son Excellence Monsieur le Président de la République en termes de présentation du rapport, pour qu’il puisse nous donner des orientations. Nous sommes arrivés au terme de cette visite. Et nous remercions la province et tous ses fils et filles qui nous ont accueillis », a conclu le Premier Ministre Jean-Michel Sama Lukonde.

 

 

Cellule de communication de la Primature


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