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Lutte contre la cybercriminalité : clôture à Bunia d’un atelier de formation du personnel judiciaire militaire de l’Ituri
Après deux semaines d’échanges intenses et de renforcement des capacités, l’atelier de formation sur les « aspects technico-légaux de la lutte contre la cybercriminalité » s’est officiellement clôturé le mardi 29 avril 2025 à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri.
Organisée par la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), cette formation a réuni une dizaine de professionnels du secteur judiciaire militaire de la région.
Durant quatorze jours, les participants — parmi lesquels six magistrats, une inspectrice et quatre informaticiens — ont été formés sur les enjeux croissants de la criminalité dans le cyberespace, un phénomène en constante évolution qui impacte de plus en plus les secteurs de la sécurité et de la justice à travers le monde.

Une formation aux multiples dimensions
Les contenus abordés ont couvert un large éventail de modules, allant d’une introduction générale à la cybercriminalité jusqu’aux volets plus techniques et juridiques. Parmi les thématiques étudiées : le cadre juridique national et international de la lutte contre la cybercriminalité, les différentes techniques d’attaques numériques et leurs mécanismes de défense, le droit substantiel et procédural applicable, les méthodes d’enquête numérique et de criminalistique informatique, ainsi que les implications juridiques de la cybercriminalité liée aux réseaux sociaux et à l’Internet des objets.
Les formateurs, venus spécialement de Kinshasa, ont su adapter leur expertise aux réalités du terrain, en mettant un accent particulier sur les outils pratiques et les cas concrets permettant aux participants d’intégrer efficacement les notions acquises dans leur quotidien professionnel.
Un besoin réel et une satisfaction manifeste
La satisfaction était palpable parmi les bénéficiaires. « C’est la première fois que j’approfondis ce sujet », a confié l’un des participants, saluant la qualité du contenu et la pédagogie des intervenants. Une autre participante, visiblement enthousiasmée, a plaidé pour la reconduction de telles initiatives : « Que cela se répète », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité de multiplier les occasions d’apprentissage dans ce domaine encore peu maîtrisé.
La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence du représentant du chef du bureau de la MONUSCO en Ituri, de l’avocat général militaire — l’un des participants à la formation — ainsi que d’autres personnalités du secteur judiciaire et sécuritaire. Tous ont salué l’importance d’une telle formation dans un contexte où les menaces cybernétiques ne connaissent pas de frontières et exigent une adaptation constante des institutions judiciaires.
Renforcer la justice militaire face aux défis numériques
Alors que la République démocratique du Congo s’engage progressivement dans la transition numérique, les institutions judiciaires, notamment militaires, doivent faire face à de nouveaux défis qui exigent des compétences spécifiques. Cet atelier de Bunia répond à un besoin pressant : former un personnel judiciaire apte à identifier, comprendre, prévenir et réprimer les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication.
Au-delà des connaissances techniques et juridiques, la formation a également permis de créer un espace d’échange interdisciplinaire entre magistrats, inspecteurs et techniciens informatiques, favorisant ainsi une approche intégrée et coordonnée dans la lutte contre la cybercriminalité.

Et après ?
Pour plusieurs participants, cet atelier ne devrait pas être un acte isolé. Ils espèrent la mise en place d’un programme continu de renforcement des capacités, voire l’instauration d’un centre permanent de formation sur la cybercriminalité en Ituri. En attendant, les acquis de ces deux semaines devraient déjà contribuer à améliorer la réponse judiciaire aux actes cybercriminels dans la province.
Avec cette formation, la MONUSCO réaffirme son engagement à appuyer les institutions congolaises dans la consolidation de l’État de droit et dans la protection des citoyens face aux nouvelles menaces numériques.
Verite Johnson
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Sanctions américaines contre Kabila : Jacquemain Shabani évoque « une conséquence logique » après une attente prolongée
Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a réagi ce jeudi 30 avril à la décision des États-Unis visant l’ancien président Joseph Kabila. Il estime que cette sanction constitue « une conséquence logique, même si elle a tardé à venir », accusant l’ex-chef de l’État d’être à l’origine de la déstabilisation du pays.

Washington a inscrit Joseph Kabila sur la liste des personnes sanctionnées de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), dans le cadre du programme DRCONGO. Les autorités américaines évoquent des liens présumés avec des groupes armés opérant dans l’est de la RDC, notamment le Mouvement du 23 mars et l’Alliance Fleuve Congo.
La mesure, prise en vertu de l’Executive Order 13413 modifié, prévoit le gel de tous les avoirs de l’ancien président sous juridiction américaine. Elle interdit également toute transaction entre lui et des citoyens ou entreprises des États-Unis.
Ces sanctions renforcent l’isolement financier et diplomatique de Joseph Kabila, dans un contexte politique et sécuritaire déjà marqué par de fortes tensions autour de la situation dans l’est du pays.
Exaucé Kaya
