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Lutte contre la Covid-19 : le député Guy Mafuta encourage les entreprises à emboîter les pas à la CNSS
La Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) a versé le lundi 18 mai 2020 à la caisse du Fonds National de Solidarité Contre le Coronavirus (FNSCC) une contribution d’une valeur d’un million USD à titre d’appui à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Cette contribution de la CNSS a provoqué un tollé dans les milieux politiques et dans l’opinion.
Pour nombreux, le geste d’Agnes Mwad Katang est un scandale financier.
Le député national Guy Mafuta Kabongo que la question na pas laissé indifférent, s’est interrogé sur les contours de la démarche de cette entreprise.
Dans un entretien avec CONGOPROFOND.NET, ce samedi 23 mai, l’élu de Tshikapa, fort d’une expertise avérée dans la gestion de la sécurité sociale pour avoir géré la Mutuelle de santé des Enseignants de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (MESP), pose la question de savoir si c’est l’acte de la CNSS ou la hauteur de la contribution qui préoccupe.
« Si c’est l’acte, la loi donne feu vert à la Caisse de poser des actions à caractère sanitaire et social (Art. 2 complété par l’art. 123, alinéa 3 de la loi n°16/009 du 15 juillet 2016 fixant les règles relatives au régime général de la sécurité sociale) », a lâché ce praticien de droit.
Et si c’est la hauteur du montant, Guy Mafuta veut préalablement savoir : y a-t-il arriérés de salaires à la CNSS ou retard dans le paiement des allocations familiales aux affiliés?
À cette question, la réponse semble être négative pour Me Guy Mafuta Kabongo. « La bonne gestion d’une entité, poursuit-il, suppose aussi la constitution des réserves auxquelles on recourt pour faire face à certains aléas. La CNSS vient d’en donner l’exemple ».
Il nous revient d’inciter d’autres entités à emboîter le pas plutôt que de créer un précédent qui découragerait plus d’un. Ce gestionnaire avéré en matière d’assurance maladie , évoque l’exemple du Sénégal où le secteur public et privé ont versé 60 millions Usd comme participation au fonds de lutte contre la Covid-19 dans leur pays.
Il a fait savoir que « les entreprises du secteur public et privé sont appelées à soutenir l’Etat dans la relance économique pendant et après la Covid19. Le secteur le plus touché reste celui du social. Député et membre de la Commission des Relations avec l’Extérieur, il nous est, de fois, appelé à examiner les lois portant ratification des prêts que les entreprises du secteur privé ou public pouvaient consentir à l’Etat congolais et éviter des intérêts parfois exorbitants », a-t-il révélé.
Sous dautres cieux, la bonne gouvernance aidant, l’Etat recourt à ses propres entreprises pour financer et aider la relance économique en cas de crise.
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
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Révision constitutionnelle en RDC : Ferdinand Lokunda et l’ASMECO plaident pour une refondation institutionnelle
Le débat sur une éventuelle révision ou réforme constitutionnelle en RD Congo continue d’alimenter la scène politique et citoyenne. Parmi les voix qui se font entendre figure celle de Ferdinand Lokunda Dasilva, président de l’Association des Métis au Congo (ASMECO), une structure de la société civile engagée notamment dans la lutte contre la discrimination raciale, la marginalisation et la défense des droits des enfants sans distinction d’origine.
À travers une série de propositions rendues publiques, Ferdinand Lokunda appelle à une « nouvelle Constitution » qu’il juge plus adaptée aux réalités politiques, sécuritaires et institutionnelles de la RDC. Ses desiderata touchent aussi bien à la nationalité, à l’organisation des institutions qu’au mode de gouvernance du pays.

La double nationalité au cœur des propositions
Parmi les réformes majeures défendues par Ferdinand Lokunda figure la reconnaissance de la double nationalité pour les Congolais. Selon lui, tout citoyen devrait avoir le droit d’acquérir une autre nationalité sans perdre celle de la RDC. Une question qui revient régulièrement dans le débat national, notamment au regard de l’importante diaspora congolaise installée en Europe, en Amérique ou ailleurs en Afrique.
L’activiste estime que cette ouverture pourrait renforcer l’apport économique et intellectuel de la diaspora dans le développement du pays, tout en modernisant le cadre juridique actuel.
Un mandat présidentiel plus long
Autre proposition phare : la modification de la durée du mandat présidentiel. Ferdinand Lokunda suggère soit un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois, soit un mandat unique de dix ans non renouvelable. Pour lui, cette réforme permettrait au chef de l’État de disposer du temps nécessaire pour exécuter ses projets de société et garantir une certaine stabilité institutionnelle.
La proposition intervient dans un contexte où la question des institutions et de leur efficacité reste largement débattue au sein de l’opinion congolaise.
Les fonctions de souveraineté et la question identitaire
Le président de l’ASMECO propose également un durcissement des conditions d’éligibilité aux fonctions dites de souveraineté. Selon sa vision, tout Congolais ayant des « affiliations » ou des « cordons ombilicaux » avec un pays voisin ne devrait pas accéder à certaines hautes fonctions de l’État.
Une position qui s’inscrit dans un climat politique marqué depuis plusieurs années par les débats autour de la nationalité, de l’identité et des questions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.
Vers un Parlement monocaméral ?
Dans ses propositions, Ferdinand Lokunda défend aussi l’idée d’un Parlement à chambre unique composé de 800 députés, estimant que cette formule serait plus adaptée à l’immensité géographique de la RDC. Il plaide en outre pour des élections présidentielles organisées à deux tours afin de renforcer la légitimité populaire du président élu.
Enfin, il souhaite que les gouverneurs des provinces, les responsables territoriaux ainsi que le Premier ministre soient nommés par le président de la République lorsqu’ils ne sont pas originaires des entités concernées.
Une vision portée par l’ASMECO
À travers l’Association des Métis au Congo (ASMECO), Ferdinand Lokunda développe depuis plusieurs années un discours axé sur la cohésion nationale, la lutte contre les discriminations et la protection des droits des personnes marginalisées. La structure affirme également promouvoir des projets de développement communautaire et l’autofinancement pour soutenir ses actions sociales.
Ces nouvelles propositions constitutionnelles viennent ainsi élargir le champ d’intervention de cette organisation citoyenne qui entend désormais peser dans le débat public sur l’avenir institutionnel de la RDC.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
