Connect with us

À la Une

L’université fantôme de Libenge : Symbole d’un abandon d’État au Sud-Ubangi

Published

on

Dans la province du Sud-Ubangi, où la jeunesse représente plus de la moitié de la population, le rêve d’un enseignement supérieur public accessible demeure un mirage. À ce jour, aucune université officielle n’y est opérationnelle, laissant toute une génération de bacheliers sans véritable horizon académique.

Pourtant, un campus imposant existe bel et bien à Libenge. Construit sous le régime du maréchal Mobutu, ce qui devait être l’Université de Libenge s’étend sur plusieurs hectares. Des bâtiments solides, des blocs administratifs, des logements pour enseignants et étudiants : tout y est, sauf la vie.

Envahis par les herbes et le silence, ces locaux jamais inaugurés n’ont jamais accueilli le moindre étudiant. Une cité du savoir transformée en ruine muette, témoin d’un projet étatique tombé dans l’oubli.

Situé à 180 kilomètres de Gemena, à quelques encablures de la frontière centrafricaine, Libenge aurait pu devenir un pôle régional d’excellence universitaire, attirant des étudiants d’Afrique centrale. Mais faute de volonté politique et de suivi administratif, le rêve s’est éteint.

En 2022, l’ancien gouverneur Jean-Claude Mabenze avait pourtant annoncé une relance des travaux avec l’appui du gouvernement central. Depuis, aucune pelle n’a bougé, aucun budget n’a suivi. Le dossier dort dans les tiroirs, pendant que les bâtiments s’effritent sous les intempéries.

En conséquence, les jeunes du Sud-Ubangi (de Gemena, Zongo, Budjala ou Libenge) sont contraints d’aller étudier à Mbandaka, Kisangani, Kinshasa ou même au Katanga. Un exil éducatif coûteux que toutes les familles ne peuvent supporter, provoquant de nombreux abandons et aggravant les inégalités sociales.

Certes, quelques universités privées existent à Gemena, mais leur accès demeure élitiste. Les frais élevés et, parfois, le manque de reconnaissance officielle de leurs diplômes limitent l’espoir des étudiants.

Ainsi, le Sud-Ubangi illustre de manière criante le déséquilibre territorial du système éducatif congolais. Alors que le gouvernement affirme placer l’éducation au cœur du développement, cette province reste à la marge du savoir.

Face à cette situation, la société civile, les organisations de jeunesse et les acteurs du monde scientifique appellent à réhabiliter l’Université de Libenge ou à ériger une université publique à Gemena.

Redonner vie à ce campus oublié, ce serait réparer une injustice historique et offrir à la jeunesse du Sud-Ubangi la chance d’apprendre, d’innover et de construire son avenir sur sa propre terre.

Blaise Abita Etambe/CongoProfond.net

 

À la Une

Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats

Published

on

L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.

Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.

D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées

Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.

Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.

En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.

Entre interrogations et attentes

L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.

Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.

Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.

Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET 

Continue Reading