Mine
Lubumbashi : l’IRDH réclame l’interpellation de Louis Watum à l’Assemblée nationale après la pollution de CDM
Un an après la pollution environnementale attribuée à l’entreprise Congo Dongfang Mining (CDM) dans les quartiers Kasapa, Kamatete et Kamisepe, à Lubumbashi, l’Institut de recherche sur les droits humains (IRDH) hausse le ton. Cette organisation de défense des droits humains appelle l’Assemblée nationale à interpeller le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, afin qu’il s’explique sur la gestion de ce dossier et la reprise des activités de cette entreprise minière, malgré les mesures restrictives prises à son encontre.
Pour le coordonnateur de l’IRDH, maître Hubert Tshiswaka Masoka, la gestion de cette catastrophe écologique par le gouvernement suscite des interrogations. Il dénonce notamment ce qu’il considère comme une complaisance du ministre des Mines, alors que les populations affectées attendent toujours réparation et que CDM a repris ses activités sans qu’une levée officielle de sa suspension soit portée à la connaissance du public.
« On a aussi recommandé dans notre communauté que l’Assemblée nationale puisse interpeller le ministre des Mines parce que cette gestion de cette catastrophe écologique me semble être complaisante. Les communautés attendent réparation, on voit l’entreprise reprendre les activités sans aucune explication et pourtant, il y avait eu une pollution majeure. C’est le ministre lui-même qui avait pris la décision de sanctionner CDM, mais CDM ignore la décision du ministre. Le ministre ne fait rien », a-t-il dénoncé.
Cette prise de position a été exprimée mercredi 4 novembre 2026, lors d’une conférence organisée par l’IRDH à l’occasion de la commémoration du premier anniversaire de cette pollution environnementale. À cette occasion, Hubert Tshiswaka Masoka a rappelé que plusieurs engagements attendus de l’entreprise n’ont toujours pas été honorés.
Parmi les revendications des communautés affectées figurent notamment le paiement de 6 millions de dollars américains à titre d’indemnisation, la construction d’au moins cinq puits de forage dans chacun des quartiers touchés, la signature d’un accord écrit entre CDM et les populations riveraines, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de prise en charge écotoxicologique.
« Toutes ces mesures ne sont pas appliquées, c’est pourquoi, à cette occasion de la commémoration de l’an 1, nous essayons de rappeler toutes ces obligations à CDM et au gouvernement », a souligné le coordonnateur de l’IRDH.
L’organisation déplore également la reprise des activités de CDM alors que, selon elle, les conditions préalables à la levée des mesures de suspension ne sont toujours pas réunies. Elle attend du gouvernement des explications sur les circonstances ayant permis à cette entreprise de reprendre ses opérations, sans que les préoccupations des populations victimes aient trouvé une réponse satisfaisante.
Pour rappel, en novembre 2025, l’entreprise Congo Dongfang Mining avait déversé d’importantes quantités d’eaux usées provenant de son bassin de rétention, contenant des résidus chimiques issus de ses activités minières, dans les quartiers Kasapa, Kamatete et Kamisepe, à la faveur de fortes pluies.
Ce déversement avait occasionné d’importants dégâts environnementaux. Les investigations menées par des environnementalistes avaient notamment révélé la mort d’animaux aquatiques dans la rivière Lubumbashi ainsi que la contamination de l’eau de plusieurs puits par des substances acides.
Un an après les faits, les populations affectées attendent toujours des mesures concrètes de réparation, tandis que l’IRDH entend maintenir la pression sur les autorités et l’entreprise minière pour que les engagements annoncés soient enfin respectés.
Patient M.M/Congoprofond.net