Société
Lubero : Salongo obligatoire et routes impraticables dans les zones contrôlées par le M23
Dans le sud du territoire de Lubero, plusieurs entités sous contrôle des rebelles du M23 vivent au rythme d’un salongo imposé chaque samedi. Cette activité communautaire obligatoire concerne notamment les localités d’Alimbongo, Kaseghe, Mighobwe, Kirumba, Kayna, Kanyabayonga et leurs environs.

Un salongo hebdomadaire sous contrainte
Chaque samedi, dès 8h00 jusqu’à environ 11h30, l’ensemble de la population est tenu de participer aux travaux communautaires. Hommes, membres d’associations locales et habitants de différents villages et communes sont mobilisés sans exception. Même les voyageurs en transit sont contraints de s’arrêter pour se joindre à cette activité.
Seuls les services de santé, notamment les pharmacies et certaines structures médicales, sont autorisés à fonctionner durant ces heures. Toutes les autres activités économiques et sociales sont suspendues.
Une route nationale en état de dégradation avancée
Cette mobilisation intervient dans un contexte où la route nationale numéro 2 (RN2) est dans un état de dégradation critique. Sur plusieurs tronçons, notamment entre Bwatsinge, Mighobwe, Busesa et Alimbongo jusqu’à Kanyabayonga, la circulation des camions est devenue extrêmement difficile, voire impossible.
Les usagers signalent une multiplication des accidents, conséquence directe de l’impraticabilité de la chaussée. La route, essentielle pour le transport des biens et des personnes, se détériore davantage jour après jour.
Une population éprouvée
Face à cette situation, la population locale exprime de plus en plus de fatigue. Entre les contraintes liées au salongo obligatoire et les difficultés de mobilité dues à l’état des routes, les habitants peinent à maintenir leurs activités quotidiennes.
Malgré ces défis, les autorités locales, sous la supervision des responsables en place, continuent d’imposer une stricte observance de ces travaux communautaires, présentés comme nécessaires à l’entretien des infrastructures.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Butembo : Les jeunes s’engagent en première ligne pour la paix après 2 jours de forum
Le Forum des jeunes pour la paix s’est clôturé ce samedi 2 mai 2026 à Butembo. Au terme de cette activité organisée par l’organisation Bénévolat pour l’enfance (Benefance Congo), tenue durant deux jours au Centre de lecture et d’animation culturelle (CLAC/Butembo), les jeunes participants ont pris l’engagement de contribuer activement à la paix et à la résolution pacifique des conflits.
« Nous avons appris à gérer les conflits de manière pacifique, et cela nous a beaucoup aidés. En tant que jeunes, nous sommes au cœur de ce qui se passe dans notre République. Nous avons donc décidé de nous impliquer davantage dans la résolution pacifique des conflits », a déclaré Onswald Mumbere, membre du mouvement Anti-gang.
De son côté, Me Héritier Vagheni, tout en remerciant les organisateurs, s’est engagé à promouvoir la paix au sein de sa communauté en sensibilisant ses pairs aux actions citoyennes.
Les organisateurs attendent désormais des participants qu’ils restituent les connaissances acquises au sein de leurs structures respectives. « Nous attendons de ces jeunes qu’ils aillent vulgariser et partager ces acquis dans leurs milieux respectifs. Ils ont été sélectionnés dans différentes structures afin de permettre une large diffusion des messages, avec l’appui également des médias », a expliqué Patrice Auma Torres, officier de projet chez Benefance Congo, dans le cadre du projet De la base au monde.
Durant ces deux jours, les jeunes ont été sensibilisés aux résolutions 1325 et 2250 relatives respectivement à Femmes, paix et sécurité et Jeunesse, paix et sécurité. Ils ont également été formés au contrôle citoyen de l’action publique (CCAP), afin de renforcer leurs compétences en matière de gouvernance, à travers notamment des travaux en groupes.
Ce Forum des jeunes pour la paix s’inscrit dans le cadre du projet « De la base au monde », mis en œuvre dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que dans la ville-province de Kinshasa, par un consortium d’organisations composé de Search for Common Ground, Benefance Congo, Justice Plus et Ebuteli, avec l’appui financier du ministère des Affaires étrangères du Royaume des Pays-Bas.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET
