Sécurité
Lubero : Kirumba sous tension entre conflit armé et détresse humanitaire
La commune rurale de Kirumba, située dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, continue de subir les conséquences du conflit armé qui ravage la région. Depuis plus d’un mois, les affrontements entre groupes armés, notamment le M23, ont plongé les populations locales dans une situation critique, marquée par l’insécurité, le déplacement massif des habitants et une crise humanitaire qui ne cesse de s’aggraver.
Les affrontements dans les entités environnantes des communes de Kirumba, Kanyabayonga et Kayna ont poussé de nombreuses familles à chercher refuge dans des zones plus stables. Cependant, ces communes, désormais sous contrôle des rebelles du M23, restent loin de garantir une véritable accalmie. Les déplacés vivent dans des conditions précaires, confrontés à un manque criant de ressources pour subvenir à leurs besoins élémentaires.
Dans cette situation déjà alarmante, les structures sanitaires peinent à offrir des soins aux malades en raison des difficultés financières des familles. Faute de moyens pour payer les soins, la prise en charge des malades devient un véritable casse-tête pour les centres de santé locaux.
Sur le plan éducatif, la sous-division de Kirumba a timidement repris les activités scolaires depuis le 6 janvier 2025. Toutefois, la fréquentation des élèves reste faible. Beaucoup de parents, accablés par les préoccupations économiques, passent leurs journées aux champs pour tenter de subvenir aux besoins de leur famille, laissant l’éducation de leurs enfants en arrière-plan.
La circulation de la monnaie dans les zones sous contrôle du M23, comme Kirumba, est extrêmement limitée. Cette situation aggrave encore les difficultés économiques des populations, rendant quasi impossible l’accès aux biens de première nécessité ou le financement des services essentiels.
Le territoire de Lubero, et particulièrement la commune de Kirumba, illustre tragiquement les conséquences des conflits armés sur des populations abandonnées à elles-mêmes. Une intervention coordonnée et déterminée des autorités et des partenaires internationaux est cruciale pour mettre fin à cette détresse humanitaire grandissante.
La Rédaction C.P
Sécurité
Kasaï-Central : un conflit autour d’un site aurifère à Bambayi fait plusieurs victimes, dont un chef coutumier
Dans le secteur de Bambayi, groupement d’Ana Nzaji, territoire de Luiza, province du Kasaï Central, un violent conflit communautaire a éclaté ce lundi 2 juin autour d’un site d’exploitation artisanale de l’or. Les villages Nguni Kanana et Nguni Tshitadi se sont affrontés dans des heurts d’une rare intensité, transformant une zone minière en théâtre de violence.
Selon les informations recueillies auprès de Paulin Nkongolo de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), les tensions entre les deux communautés portaient sur la revendication et le contrôle d’un périmètre aurifère exploité de manière artisanale. Ce différend foncier, longtemps latent, aurait fini par dégénérer en affrontements ouverts.
Le bilan provisoire fait état de plusieurs blessés et de pertes en vies humaines. La NSCC confirme notamment la mort d’un chef coutumier du village Nguni Tshitadi, une information qui a fortement choqué les habitants de la zone. D’autres victimes seraient également à déplorer, mais leur nombre exact reste encore à confirmer.
Sur place, la situation reste préoccupante malgré un retour progressif au calme. Le président territorial de la Nouvelle Société Civile Congolaise, Paulin Nkongolo Nsake, décrit des scènes de panique et de violence incontrôlée :
« Les populations se sont affrontées autour d’un site minier que chacun revendique. Nous demandons une intervention urgente des autorités pour éviter une nouvelle escalade », a-t-il déclaré.
Pour l’heure, aucun bilan officiel n’a encore été communiqué par les autorités administratives ou sécuritaires. Cette absence de communication alimente l’inquiétude des habitants, déjà éprouvés par la répétition des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles.
Face à cette situation, la société civile appelle à une intervention rapide des autorités provinciales et nationales, afin de restaurer l’ordre, sécuriser la zone et ouvrir une enquête indépendante pour établir les responsabilités dans ce nouvel épisode de violence communautaire.
Mike Tyson Mukendi
