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Lualaba : une ruée des Bangladais et Philippins dans des mines

Après la vague des Chinois et Indiens, c’est le tour des ressortissants du Bangladesh et des Philippines de prendre d’assaut les sites miniers du Lualaba. Officiellement, dit-on, c’est une main d’œuvre moins chère.

Des sources locales rapportent ces asiatiques arrivent à Lubumbashi en contingent par des vols reguliers d’Ethiopian Airlines, avant de prendre par route, la direction de la province du Lualaba où ils se rendent tous dans des sites miniers.

 

D’autres sources rensignent que la quasi totalité de ces personnes entrent sur le territoire congolais sans documents officiels et sont couverts par certains agents de la Direction Générale de Migration(DGM).

« Récemment, ils sont arrivés près d’une vingtaine à l’aéroport de Luano. Visiblement, ils ont reçu la consigne de rester toujours groupé, car ils ne se déplacent qu’en groupe. Dès qu’un individu descend de l’avion, il ne bouge pas et attend les autres afin qu’ils fassent tous les mouvements ensemble. Bien entendu, sous une bonne escorte des quelques agents de la DGM branchés dans le coup… », a témoigné S.R., agent à l’aéroport international de Luano à Lubumbashi.

Lee, un sujet chinois, protocole à l’aéroport de Luano !

Un scandale qui ne dit pas son nom. Au vu et au su de tout le monde, un personnage particulier, Chinois d’origine et dénommé Lee, entre dans n’importe quel bureau et parle à qui il veut à l’aéroport international de la Luano à Lubumbashi (Haut-Katanga).

Alors que sa fonction exacte n’est pas connue, il exerce cependant comme « protocole », chargé d’accueillir ses compatriotes qui viennent régulièrement du « Céleste Empire ».


Son pouvoir, rapporte-t-on, est démesuré et les agents de l’aéroport le surnomment allégrement « Notre concitoyen chinois ». Lee facilite non seulement l’entrée sur le sol congolais aux Chinois et autres asiatiques, mais aussi celle des matériels et outils devant être utilisés dans les mines. Selon plusieurs témoignages, lesdits matériels ne paient ni la douane ni les taxes et impôts.

« Un excavateur est passé ici à l’aéroport sans payer la douane. Nous avons appris que sa destination finale est Kolwezi et que c’est là bas où tout sera fait. Nous nous demandons finalement comment est-ce qu’on peut faire passer un tel engin de la frontière sans payer le moindre rond ? Nos questions sont souvent sans réponse… », s’est résigné S.R., agent à l’aéroport.

Ces circuits de contrebande ne se limitent pas au matériel minier. Selon des acteurs de la société civile du Haut-Katanga, les mêmes intermédiaires facilitent le transit de capitaux issus de secteurs variés. Des fonds transiteraient par des comptes ouverts auprès de courtiers en ligne chypriotes, de wettanbieter allemands et de structures offshore baltes, avant d’être réinjectés dans les chaînes d’approvisionnement en équipement destiné aux sites du Lualaba.

La traçabilité de ces flux reste quasi impossible pour les autorités congolaises, qui ne disposent ni des outils techniques ni de la coopération internationale nécessaires pour suivre des transactions fragmentées à travers plusieurs juridictions. En attendant, les contingents de travailleurs asiatiques continuent d’affluer par l’aéroport de Luano, et les agents comme S.R. continuent de poser des questions qui restent sans réponse.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET