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L’opposition congolaise : « Club Med de la contestation inutile »
L’opposition congolaise, une entité fragmentée et désunie, fait face à des critiques virulentes concernant son incapacité à présenter un candidat commun lors des élections présidentielles à un seul tour de 2023.
Au lieu d’offrir une alternative crédible et un projet de société novateur au peuple congolais, elle semble se perdre dans les méandres de la « congolisation » décrite par Teddy MFITU dans son ouvrage « KONGO: EGREGORE DU MONDE » paru aux éditions du Pangolin en 2019. Cette situation reflète une infantilisation maladive de la classe politique congolaise, qui met davantage l’accent sur celui qui serait, selon elle, à la base de nos problèmes plutôt que sur l’établissement des principes fondamentaux immuables qui apporteront les solutions concrètes aux maux de notre société.
La désunion face aux enjeux électoraux
L’opposition congolaise a choisi de participer aux élections, malgré sa désunion flagrante et l’absence d’un projet commun alternatif au pouvoir en place. Dans cette démarche, elle était consciente du chaos qui se préparait. La logique politique exige que toutes les parties concernées, tant l’opposition que le pouvoir en place, acceptent les résultats découlant du processus électoral. Il est donc légitime de se demander pourquoi l’opposition s’est engagée dans ce processus en sachant d’avance qu’elle refuserait tout résultat qui ne correspondrait pas à ses attentes. Cette attitude met en péril l’avenir de la nation congolaise, en lui faisant perdre un temps précieux pour répondre aux réels défis qui se posent.
L’infantilisation politique
L’infantilisation politique de l’opposition congolaise est un phénomène préoccupant. Au lieu de se concentrer sur les solutions et les projets novateurs susceptibles de transformer la société, la classe politique congolaise préfère se concentrer sur le constat des problèmes. Cette mentalité figée dans une vision négative de la réalité empêche l’émergence d’idées nouvelles et creuse le fossé entre l’opposition et le peuple congolais qui aspire à un changement réel. Elle n’a donc pas le droit de faire perdre à la nation le temps pour satisfaire ses caprices. Le peuple congolais est trop tendre envers ces irresponsables qui n’ont que leurs égos et aucune capacité collective qui les aurait objectivement conduit à faire un choix stratégique de l’effacement au profit d’un candidat commun de l’opposition qui aurait été à même d’incarner une alternative pour affronter le pouvoir sortant. L’émiettement des voix a facilité le travail de la fraude électorale mise en place. C’est ce qui permet à celui qui contrôle le système électoral de se maintenir au pouvoir même à une voix majoritaire près.
Vers une évolution nécessaire
Il est temps que l’opposition congolaise abandonne les querelles internes et les égos individuels pour se concentrer sur l’intérêt supérieur du pays. L’unité et la coopération entre les différents partis politiques sont essentielles pour construire une alternative crédible et porteuse d’espoir. Il est également crucial de passer d’une mentalité de protestation constante, que nous qualifions de « club Med de la contestation inutile » à une approche constructive axée sur la recherche de solutions concrètes aux défis auxquels fait face notre pays. Elle aurait pu organiser des primaires en amont pour mobiliser son électorat et conscientiser sur les enjeux du pays et ne pas offrir ce visage hideux d’une meute qui n’a que l’aigreur comme point commun.
Elle doit sortir de sa logique de désunion et d’infantilisation politique pour offrir une alternative crédible. Les querelles internes et le refus systématique des résultats électoraux ne font que prolonger les souffrances du souverain primaire. Il est temps de se rassembler autour d’une vision commune, de proposer des solutions novatrices et de travailler de manière constructive pour bâtir un avenir meilleur pour la République démocratique du Congo.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
Nord-Kivu : Le BUREC dénonce les querelles politiques autour du gouverneur militaire
Le Bloc Uni pour la Renaissance et l’Émergence du Congo, BUREC, à travers son inter-fédération du Nord-Kivu, a publié ce 24 mai 2026 à Beni une déclaration politique sur la situation sécuritaire qui prévaut dans la province. Dans ce document, les cadres et militants du parti affirment suivre « avec attention les situations politique et sécuritaire » dans le Nord-Kivu.
Face à la détérioration persistante de la situation sécuritaire, le BUREC/Nord-Kivu a réaffirmé son soutien aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), au président Félix Tshisekedi ainsi qu’au gouverneur militaire du Nord-Kivu, Somo Kakule Evariste. Le parti salue notamment « les efforts consentis dans la recherche de la paix, la restauration de l’autorité de l’État et le développement ».
Dans la même déclaration, le BUREC recommande « le renforcement et l’intensification des opérations militaires contre l’AFC/M23, les ADF et les autres groupes armés réfractaires au P-DDRCS ». Cette formation politique estime que les offensives militaires doivent être renforcées afin de faire face à l’insécurité persistante dans plusieurs zones du Nord-Kivu.
Le parti a également condamné « les sorties médiatiques de certains politiciens et leaders d’opinion qui s’opposent à la gouvernance actuelle de la province ». Selon le BUREC, l’Union sacrée de la Nation au Nord-Kivu « n’a jamais été saisie d’une démarche pour laquelle le Gouverneur militaire aurait constitué une obstruction à un acteur politique, de surcroît un élu ».
Réaffirmant son appartenance à l’Union sacrée de la Nation, le BUREC/Nord-Kivu dit renouveler « avec force son soutien indéfectible à la gouvernance de la province du Nord-Kivu sous l’égide du Général-Major Somo Kakule Evariste, émanation de la volonté du Chef de l’État ».
Cette formation politique appelle par ailleurs les acteurs politiques à éviter d’impliquer l’armée dans les débats politiques. Le document rappelle que « l’armée est apolitique » et estime que le général-major Somo Kakule Evariste « devrait être épargné des querelles politiciennes afin de mieux se concentrer sur sa mission ».
Cette déclaration a été signée à Beni dans un contexte marqué par la poursuite des affrontements entre les forces gouvernementales et plusieurs groupes armés actifs dans l’est de la RDC, notamment l’AFC/M23 et les ADF.
Franck Kaky
