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« Lomami » : Valérien Mulangu Tshishi signe un vibrant hommage à la terre de ses ancêtres
Dans « Lomami », son 4ème ouvrage, l’écrivain congolais Valérien Mulangu Tshishi tisse un récit sensible et profondément enraciné dans les traditions du Kasaï. Inspiré par la rivière éponyme et par Mwene-Ditu, berceau de sa famille, l’auteur mêle fiction, mémoire et défense des valeurs culturelles dans une œuvre qui se veut à la fois universelle et intimement locale.

Au cours d’un entretien téléphonique, à l’occasion de la parution de son nouveau livre, Valérien Mulangu Tshishi n’a rien perdu de son enthousiasme pour la littérature et la transmission de l’héritage culturel congolais. « Ce nouvel opus est un ouvrage en l’honneur principalement de la population territoriale de Mwene-Ditu, terre natale de mes parents », explique-t-il.
Lomami raconte l’histoire d’un pêcheur, passionné mais confronté à une activité peu lucrative, dont la vie bascule lorsqu’il découvre, flottant dans un panier sur les eaux tranquilles de la rivière Lomami, un bébé abandonné. Cet événement imprévu bouleverse son existence et devient le point de départ d’une réflexion sur les liens familiaux, l’entraide et la mémoire collective.

Pour Valérien Mulangu, ce récit dépasse la simple fiction : « Je voudrais encore et toujours valoriser notre culture, nos us et coutumes. Le vent de la mondialisation ne doit en aucun cas nous détourner de nos valeurs que nous devons absolument préserver. »
L’écrivain, connu pour sa plume à la fois poétique et ancrée dans la réalité sociale, adresse aussi un plaidoyer passionné en faveur du livre : « Très chers passionnés de lecture et de connaissance, ne négligez aucunement le livre papier à cause des écrans. Le livre ne mourra jamais ! »
Né à Kinshasa, Valérien Mulangu Tshishi est enseignant, communicologue et écrivain. Passionné de culture et de transmission des savoirs, il a déjà publié trois autres ouvrages avant Lomami, explorant tour à tour la fiction, la poésie et la chronique sociale. Ses écrits, empreints d’humanisme, mettent en lumière la richesse du patrimoine immatériel congolais tout en interrogeant les défis de la modernité.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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A Kampala, des experts plaident pour une paix “ancrée localement” en RDC face aux limites des accords internationaux
La 9ème édition de la Conférence de géopolitique de Kampala (KGC2026), tenue les 15 et 16 avril 2026 à l’Université Makerere en Ouganda, a pris fin ce jeudi sur un panel consacré à la situation en République démocratique du Congo.
Intitulé « Paix empruntée, ressources hypothéquées : le dilemme de souveraineté de la RDC et les perspectives de paix durable entre le cadre de Doha et l’accord de Washington », le panel 4 a réuni plusieurs spécialistes autour des défis que représentent les actuels processus de négociation pour la stabilisation du pays.
Le professeur Kasaijja Phillip Apuuli a souligné les limites des modèles standardisés d’accords de paix, rappelant que des solutions durables nécessitent une appropriation locale plus forte. « Les accords dont le processus n’est pas possédé nativement ne suscitent pas d’engagement », a-t-il observé, plaidant pour une implication directe des populations congolaises dans la conception des mécanismes de sortie de crise.
Asuman Bisika a pour sa part abordé la question de la souveraineté comme un espace en constante négociation, notamment face aux enjeux liés à la gestion des ressources naturelles. La professeure Zahara Nampewo a quant à elle interrogé la capacité de la RDC à mettre en œuvre des accords dans des cadres aussi complexes que Doha et Washington, au regard des contraintes politiques, économiques et géographiques propres au pays.
Les intervenants ont également replacé la crise congolaise dans son contexte historique long, depuis les années 1960 jusqu’aux tensions actuelles dans l’est du pays.
Au terme des échanges, les panélistes ont convergé vers la nécessité d’un ancrage africain plus affirmé dans les processus de paix, afin d’en garantir la durabilité et l’appropriation par les parties prenantes locales.
