Politique
L’impérieuse nécessité d’un débat des candidats gouverneurs de provinces en RDC : Révéler l’étoffe des leaders ou mettre en lumière les déficiences ?
Dans un pays comme la RD Congo, où les enjeux de gouvernance provinciale sont cruciaux, l’élection des gouverneurs revêt une importance capitale. Au-delà des discours enflammés et des promesses en cascade, la véritable mesure des prétendants à ces postes doit se faire à travers un débat démocratique et transparent. Le CSAC ne peut pas priver le pays de ce moment important de confrontation d’idées et de projets.
Les expériences passées ont cruellement démontré les conséquences dévastatrices d’une gouvernance incompétente. Les dégâts inimaginables causés par certains gouverneurs ineptes soulignent l’urgence d’une évaluation minutieuse des capacités des candidats à diriger efficacement les provinces. Ce n’est plus possible de devenir gouverneur par la seule capacité à corrompre des députés provinciaux.
La démocratie exige la comparaison des idées, des visions et des programmes. Les citoyens ont le droit de connaître les programmes concrets et les stratégies des prétendants à la gestion de ces vastes entités territoriales. Seuls des débats ouverts et animés peuvent permettre à la population de se forger une opinion éclairée sur ceux qui aspirent à exercer un pouvoir aussi crucial.
Au cœur de ce processus électoral, se trouve la nécessité impérieuse d’organiser des débats entre les candidats au poste de gouverneur. Ces joutes verbales ne sont pas seulement des exercices de rhétorique politique, mais des arènes où les aspirations, les compétences, les parcours et les visions des futurs leaders provinciaux sont mis à l’épreuve devant ceux qu’ils sont sensés diriger une fois élus.
La transparence et la démocratie réclament ces moments de vérité où les prétendants se confrontent, où les projets sont disséqués, et où la population peut évaluer, de manière éclairée, ceux qui prétendent à la gestion des 26 provinces de la RDC. Car être gouverneur ne se résume pas à une simple fonction administrative : c’est une responsabilité immense qui impacte directement la vie de millions de citoyens.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »
Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.
À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.
« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».
Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.
Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
