Politique
L’impérieuse nécessité d’un débat des candidats gouverneurs de provinces en RDC : Révéler l’étoffe des leaders ou mettre en lumière les déficiences ?
Dans un pays comme la RD Congo, où les enjeux de gouvernance provinciale sont cruciaux, l’élection des gouverneurs revêt une importance capitale. Au-delà des discours enflammés et des promesses en cascade, la véritable mesure des prétendants à ces postes doit se faire à travers un débat démocratique et transparent. Le CSAC ne peut pas priver le pays de ce moment important de confrontation d’idées et de projets.
Les expériences passées ont cruellement démontré les conséquences dévastatrices d’une gouvernance incompétente. Les dégâts inimaginables causés par certains gouverneurs ineptes soulignent l’urgence d’une évaluation minutieuse des capacités des candidats à diriger efficacement les provinces. Ce n’est plus possible de devenir gouverneur par la seule capacité à corrompre des députés provinciaux.
La démocratie exige la comparaison des idées, des visions et des programmes. Les citoyens ont le droit de connaître les programmes concrets et les stratégies des prétendants à la gestion de ces vastes entités territoriales. Seuls des débats ouverts et animés peuvent permettre à la population de se forger une opinion éclairée sur ceux qui aspirent à exercer un pouvoir aussi crucial.
Au cœur de ce processus électoral, se trouve la nécessité impérieuse d’organiser des débats entre les candidats au poste de gouverneur. Ces joutes verbales ne sont pas seulement des exercices de rhétorique politique, mais des arènes où les aspirations, les compétences, les parcours et les visions des futurs leaders provinciaux sont mis à l’épreuve devant ceux qu’ils sont sensés diriger une fois élus.
La transparence et la démocratie réclament ces moments de vérité où les prétendants se confrontent, où les projets sont disséqués, et où la population peut évaluer, de manière éclairée, ceux qui prétendent à la gestion des 26 provinces de la RDC. Car être gouverneur ne se résume pas à une simple fonction administrative : c’est une responsabilité immense qui impacte directement la vie de millions de citoyens.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Politique
« Ville morte » du 3 juin : La C64 salue une mobilisation « disciplinée » et annonce une série d’actions avec un accompagnement républicain
S’exprimant la journée « ville morte » observée ce 3 juin 2026, la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel a publié un communiqué d’étape dressant un premier bilan.
1. Satisfaction de la C64
Dans le document signé par Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata et Delly Sesanga, la C64 « salue la forte adhésion des citoyens » à l’opération. Pour la coalition, cette mobilisation à Kinshasa et dans plusieurs villes « témoigne du rejet catégorique par les congolais de toute velléité de changement de constitution ».

La C64 félicite « les congolais pour avoir répondu nombreux à cet appel de manière pacifique, digne, responsable et disciplinée », estimant que « la défense de la constitution dépasse les clivages politiques ».
2. Fayulu : « Un geste civique qui témoigne de la maturité »
Dans une déclaration séparée, Martin Fayulu a renforcé le message : « Nous félicitons nos compatriotes pour avoir répondu avec discipline à notre mot d’ordre de ville morte. Ce geste civique témoigne de la maturité et de la conscience politique de notre peuple. Rendons grâce à Dieu qui a déjoué les manœuvres des ennemis de la République. »
3. Prochaine étape : jeudi 4 juin
La C64 annonce qu’elle rendra publique, ce jeudi 4 juin 2026, « une déclaration faisant le bilan de cette journée et annonçant les prochaines actions qui seront engagées pour la défense de la constitution et de l’État de droit », à l’issue de sa réunion d’évaluation.
Cette journée « ville morte » s’inscrit dans la contestation du projet de révision ou changement de la constitution évoqué par le régime Tshisekedi. L’opposition en fait un « référendum populaire » contre un éventuel 3ᵉ mandat.
Pendant ce temps, une question fatale se pose au sein de l’opinion publique : la population congolaise s’est-elle réellement rangée du côté de l’opposition pour contrer un projet jugé « ambitieux pour des intérêts politiques » ?
Blaise ABITA
