Politique
Limogeage de Kabuya : l’UDPS André Mbata parle du début de la renaissance du parti présidentiel
L’homme fort de l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) Augustin Kabuya a été relevé ce dimanche de ses fonctions du Secrétaire général de ce parti au pouvoir, par la Convention démocratique du parti et remplacé par Deogracias Bizibu.
Pour le professeur André Mbata, député national et membre de la Convention démocratique du parti, cette décision vient raviver l’UDPS. Il affirme qu’ Augustin Kabuya n’était plus dans l’idéologie du parti.
« Aujourd’hui c’est un grand jour, qui signifie le début de la renaissance du parti, parce que nous avons été frappés par la décision de la Commission de discipline du parti, c’était un cas de déviationnisme. On a connu un individu qui était l’un des plus piètres dirigeants de ce parti, alors que nous devons soutenir le chef et conserver le pouvoir le plus longtemps possible à l’intérêt de notre peuple, l’ancien SG a renoncé aux idéaux du parti, il était la somme de toutes les anti-valeurs contre lesquelles nous nous sommes battus« , a déclaré André Mbata.
La Convention démocratique du parti UDPS attend légaliser sa décision ce lundi, pour transférer la copie au Vice-premier ministre, ministre de l’intérieur.
Willy Theway Kambulu/CONGOPROFOND.NET
Actualité
Sanctions, souveraineté et rhétorique de résistance : José Makila tacle les sanctions américaines infligées à Joseph kabila
Dans une sortie au ton résolument offensif, José Makila Sumanda, président de l’Alliance des Travaillistes Congolais pour le Développement (ATD), ancien ministre des Transports sous Joseph Kabila et figure du mouvement « Sauvons la RDC » né du conclave de Nairobi en 2025, a livré une diatribe vigoureuse contre les sanctions du Trésor américain visant l’ancien chef de l’État congolais.
Derrière cette déclaration, se dessine une posture politique articulée autour de la souveraineté nationale, mais aussi une lecture profondément critique des dynamiques géopolitiques contemporaines.
D’emblée, Makila Sumanda rejette toute interprétation neutre de ces sanctions, qu’il qualifie de « politiquement motivées » et d’expression d’une « ingérence étrangère permanente ». À ses yeux, il ne s’agit pas d’un simple mécanisme de pression diplomatique, mais d’un instrument stratégique visant à « affaiblir la République Démocratique du Congo ».
En convoquant un registre lexical empreint de gravité et de solennité, il inscrit son propos dans une tradition discursive où la défense de la souveraineté devient un impératif quasi existentiel.
Cette dénonciation s’accompagne d’une mise en cause implicite du pouvoir en place à Kinshasa, accusé de passivité, voire de complaisance. « Cette dérive est inacceptable », martèle-t-il, suggérant que l’absence de réaction ferme pourrait être interprétée comme une forme d’acquiescement tacite.
Une telle affirmation révèle les lignes de fracture internes qui traversent aujourd’hui le paysage politique congolais, où la question de la légitimité et de l’autonomie décisionnelle demeure centrale.
Par ailleurs, Makila Sumanda mobilise une rhétorique historique pour réhabiliter la figure de Joseph Kabila. Il rappelle qu’à « seulement 29 ans », celui-ci aurait hérité d’un État en déliquescence, pour ensuite œuvrer à sa stabilisation. Cette relecture, qui confine à une forme de réhabilitation politique, vise à contrer les narratifs externes jugés « biaisés » et à restituer au peuple congolais le monopole de l’évaluation de son histoire. « Seul le peuple congolais possède la légitimité », insiste-t-il, érigeant ainsi la souveraineté populaire en principe cardinal.
Cependant, au-delà de la défense d’un homme, c’est bien une vision du monde qui se déploie. Les sanctions sont présentées comme les symptômes d’un système international inégalitaire, où les grandes puissances s’arrogeraient le droit de « s’ériger en arbitres ». Cette posture critique, qui frôle parfois le souverainisme radical, s’inscrit dans une longue tradition de défiance vis-à-vis des ingérences occidentales en Afrique.
La répétition incantatoire du « Non » « Non à l’ingérence étrangère », « Non aux injonctions politiques » confère au discours une dimension performative, presque militante. Elle traduit une volonté de mobilisation collective face à ce qui est perçu comme une menace systémique.
En définitive, cette prise de position illustre moins un simple désaccord diplomatique qu’un affrontement de narratifs : d’un côté, une logique internationale de sanctions présentée comme régulatrice ; de l’autre, une revendication farouche d’autodétermination. Et dans cet entrelacs de discours et de rapports de force, une question demeure en suspens : « la souveraineté proclamée peut-elle réellement s’exercer dans un monde interdépendant, ou n’est-elle qu’un idéal sans cesse réaffirmé face à des contraintes inéluctables ? »
Blaise ABITA ETAMBE/CongoProfond.net
