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Lettre ouverte du professeur Motosia à Son Éminence Tata Cardinal Fridolin Ambongo Besungu
Son Éminence Tata Cardinal,
J’ai le sentiment que le caractère du tragique et l’interprétation que vous donnez de votre vocation sacerdotale dont vous voudriez peut-être perpétuer les effets, peuvent conduire à l’élaboration d’un éclectisme politique en RDC. Ne tendez-vous pas confondre, à un sens, le catholicisme à un parti politique des démagogues religieux, seul à savoir où sont les vrais problèmes de la RDC !
Ce que je pense avant tout, c’est l’influence du catholicisme notamment au travers des valeurs humaines sur le discours politique.
Sur le plan philosophique, il n’y a pas de catholicisme sans véritable humanisme, et un Cardinal doit en être un acteur de premier rang par ses actions humanitaires et sociales, et non politiques.
La confusion de votre démarche ici qui ne s’intéresse qu’à vous-même porte sur le rôle de la croyance et votre vocation politique. La croyance appartenant à la sphère privée, un Cardinal ne doit pas intervenir sur la politique dans ses activités chrétiennes. Son but est d’apprendre à reconnaître les faits spirituels aux effets spirituels pour la conduite des chrétiens catholiques, c’est-à-dire apprendre à ceux-ci à se détacher de leur opinion, d’où l’absence d’opinion politique tranchée de tout vrai Cardinal qui cherche Dieu et non le pouvoir politique.
À la question de la légitimation passive de la politique sur la société congolaise pour savoir quelle doit être votre posture dans un espace public quant à la gestion politique du Président de la République, je crois que tous les Congolais auraient beaucoup à gagner à ce que la logique du christianisme, celle de l’éthique et de la morale, s’étende à la vie politique.
Cependant, aujourd’hui, c’est la logique de la confusion que vous soutenez, celle de la dénonciation et de la diffamation quand, par exemple, vous tordez le sens de la Loi Tshiani publiquement, celle de la fourberie et de la falsification de la vérité quand, par exemple, vous vous substituez au premier opposant politique congolais, en attaquant publiquement, hélas, et dans un culte, le Président de la République.
Il serait bon, Son Éminence Tata Cardinal, que vous puissiez remplir votre mission de salut public évangélique en abandonnant la politique politicienne.
J’aimerais bien évidemment que vous ayez, et toujours, été à la hauteur de l’immense responsabilité morale sur la société congolaise, et que vous ayez toujours engagé dans vos actions non seulement votre combat spirituel, mais aussi votre autorité morale. Cela dit, pour citer Karl Kraus : « entre le religieux et la politique, je refuse de choisir le moindre ».
Éminence Tata Cardinal,
Si je n’ai guère d’indulgence pour la politique, je n’aime encore moins ce religieux polymorphe qui sert à acheter les consciences pour la politique !
Professeur Victor MOTOSIA
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Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats
L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.
Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.
D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées
Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.
Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.
En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.
Entre interrogations et attentes
L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.
Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.
Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET
