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Lettre ouverte du Pasteur Godé Mpoy : un cri de détresse face à la démolition controversée de sa résidence
Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République Démocratique du Congo, Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Pasteur Godé Mpoy Kadima, figure bien connue du paysage religieux et politique kinois, dénonce vigoureusement la démolition qu’il qualifie « d’illégale et revancharde » de sa résidence familiale située au n°71, avenue Allée Verte, dans la commune huppée de Ngaliema, quartier Jolie-Parc.
Un acte aux allures de représailles ?
Le Pasteur Mpoy, ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa et ardent défenseur de la transparence dans la gestion des fonds publics, évoque une opération savamment orchestrée par certains responsables provinciaux, selon lui « hostiles à sa lutte contre le détournement », notamment dans le cadre du retentissant dossier « Zando ». Il rappelle que cette affaire de corruption avait été portée à la connaissance directe du Chef de l’État, faisant de cette démolition un acte de représailles politiques selon ses dires.
Une propriété légale, une démolition sans base juridique
Dans sa lettre, le Pasteur fournit un argumentaire solide concernant la régularité de sa parcelle : un terrain cadastré depuis 1960, ayant appartenu à l’ancien ministre Luakabuanga à l’époque du Zaïre, transmis légalement à travers plusieurs propriétaires jusqu’à lui. Il déplore que l’administration provinciale ait ignoré ces preuves tangibles au profit d’une décision expéditive, prise sans décret ministériel ni arrêté du gouverneur, comme le requiert pourtant la législation congolaise.
Il souligne également un paradoxe frappant : alors que les constructions anarchiques pullulent dans plusieurs coins de Kinshasa, c’est une habitation implantée dans un lotissement historique et légal qui est ciblée.
Un appel à la justice et à la communauté internationale
Se sentant victime d’un « banditisme d’État », le Pasteur Mpoy interpelle directement le Président Tshisekedi, appelant à une réparation de ce qu’il considère comme une « injustice flagrante » risquant de ternir l’image du pays, particulièrement dans le contexte de rapprochement stratégique avec les États-Unis.
« Ces pratiques nous ramènent aux heures sombres de la zaïrianisation et des pillages », écrit-il, soulignant que ce type d’atteinte au droit de propriété compromet non seulement l’État de droit, mais aussi la confiance des investisseurs et la stabilité sociale.
L’homme de foi en appelle aussi aux ambassades accréditées en RDC, ainsi qu’aux ONG de défense des droits humains, qu’il a mis en copie de cette lettre, dans l’espoir de mobiliser des soutiens au niveau international.
Un geste d’espoir et de foi envers le Président
Malgré la gravité des faits dénoncés, le ton de la lettre reste respectueux. Le Pasteur Mpoy exprime sa conviction que cette démolition « a été commise à l’insu » du Président, priant que Dieu « affermisse son trône » et lui donne la sagesse pour rétablir la justice.
Une affaire à suivre de près
La lettre ouverte du Pasteur Godé Mpoy relance le débat sur la gouvernance urbaine, l’abus de pouvoir local, et la sacralité du droit de propriété en RDC. Elle met également en lumière les limites de la décentralisation si elle se traduit par l’arbitraire. Il revient désormais au gouvernement central, à la justice et à la société civile de tirer les conséquences d’un acte qui suscite l’indignation au sein de l’opinion.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET