Analyses et points de vue
Lettre ouverte à Joseph Kabila : la RD CONGO de 2028 n’a pas besoin de retour vers le passé
À Monsieur Joseph Kabila Kabange,
Ancien Président de la République démocratique du Congo
Objet : Votre discours du 23 mai 2025 ou l’art de vouloir ressusciter un cadavre politique
Excellence Monsieur le Président honoraire,
Votre récente sortie publique, ce 23 mai 2025, suscite bien des réactions. Certains y ont vu une provocation, d’autres une ultime tentative de vous réinventer en « sauveur » d’un pays que vous avez dirigé pendant 18 ans sans parvenir à le stabiliser. Mais pour nous, Congolais lucides, votre discours n’est qu’un rappel douloureux d’un passé dont nous ne voulons plus.
Vous invoquez la patrie en danger, mais vous ne dénoncez pas le RDF/M23 – une milice terroriste que vous connaissez foncièrement bien, puisque son ADN est celui de l’AFDL, cette armée coalisée du Rwanda et de l’Ouganda, créée par vos mentors et dont vous êtes l’héritier direct. Comment osez-vous vous présenter en solution alors que vous êtes, par filiation historique et stratégique, une partie du problème ?
Vous avez eu près de deux décennies pour construire un État fort, une armée crédible, une économie diversifiée. Qu’en reste-t-il ? Des routes en ruine, une corruption institutionnalisée, des minerais pillés, et une instabilité chronique dans l’Est. Votre bilan est un constat d’échec. Pourtant, vous semblez croire que les 100 millions de Congolais souffrent d’amnésie en vous présentant en prestidigitateur.
Vous vous dressez aujourd’hui en critique du pouvoir actuel, alors que vous avez vous-même pactisé avec Félix Tshisekedi dans une alliance FCC-CACH (PPRD et UDPS, étant tous deux membres de l’Internationale socialiste). Une alliance qui n’avait d’autre but que de perpétuer votre influence. Mais la RD Congo de 2028 ne sera pas la vôtre. Elle n’a pas besoin de retour en arrière, mais d’une rupture radicale.
Elle doit être portée par une nouvelle génération, une génération qui n’a pas trempé dans les magouilles, les assassinats politiques et les pillages systémiques. Une génération qui nettoiera enfin les écuries d’Augias que vos prédécesseurs et vous personnellement avez laissé pourrir. Pour vous prouver qu’un pays peut renaître sans se raccrocher aux erreurs du passé, voici quelques exemples historiques.
Des cas avérés où des nations ont su rompre avec leurs fantômes, où l’on a tourné la page de vieux démons : l’Afrique du Sud post-apartheid (1994) – Nelson Mandela a évité la vengeance pour bâtir une nation réconciliée. L’Allemagne post-nazie (1945) – Elle a rejeté le militarisme et le totalitarisme pour devenir une démocratie stable. L’Espagne post-franquiste (1975).
La transition démocratique a enterré le fascisme sans guerre civile. Le Chili post-Pinochet (1990) – Malgré les séquelles de la dictature, le pays a restauré une démocratie fonctionnelle. Le Ghana post-Jerry Rawlings (2001) – Une alternance pacifique a permis une croissance économique durable. L’Indonésie post-Suharto (1998) – La chute du dictateur a ouvert la voie à des réformes démocratiques.
Le Portugal post-Salazar (1974) – La révolution des Œillets a mis fin à des décennies d’autoritarisme. La Géorgie post-Shevardnadze (2003) – La révolution des Roses a chassé l’ancien système soviétique corrompu. La Tunisie post-Ben Ali (2011) – Malgré les difficultés, le pays a tenté une transition démocratique inédite dans le monde arabe. Ces pays ont tous un point commun.
Ils ont compris qu’on ne construit pas l’avenir en ressuscitant les erreurs du passé. Vous êtes l’AFDL, le RDF/M23 est l’AFDL : comment pourriez-vous être la solution ? L’AFDL, ce mouvement qui a porté votre père au pouvoir en 1997, était déjà un cheval de Troie régional. Le RDF/M23 en est le fils spirituel : mêmes parrains, mêmes méthodes, mêmes objectifs géostratégiques.
Vous ne pouvez pas prétendre combattre ce monstre alors que vous en portez l’ADN. Votre règne a été marqué par la persistance des groupes armés dans l’Est (vous n’avez pas vaincu le CNDP, vous l’avez intégré, et le RDF/M23 en est le rejeton). La dilapidation des ressources minières (contrats opaques avec les multinationales). La répression des opposants (assassinats de Floribert Chebeya, Rossy Mukendi, etc.)
Les fraudes électorales institutionnalisées (2006, 2011, 2018). Aujourd’hui, vous parlez de « sauver le Congo ». Mais qui a besoin d’être sauvé par ceux qui l’ont noyé ? 2028 sera l’heure d’une nouvelle génération. Le Congo n’a pas besoin de vous Monsieur Joseph Kabila. Il n’aura pas besoin de Félix Tshisekedi non plus, puisqu’il aura atteint la limite constitutionnelle des mandats présidentiels.
Le Congo a besoin d’une rupture totale, d’un nouveau contrat social, porté par des leaders non compromis. Nous imposerons une refonte complète de notre armée (plus de généraux fantoches, plus de collusion avec les terroristes étrangers infiltrés ni rebelles de pacotille). Une justice indépendante (pour juger tous les crimes économiques et les massacres impunis).
Une économie au service des Congolais (fin des contrats léonins, industrialisation locale). Une diplomatie offensive (plus de complaisance envers les voisins prédateurs). Vous incarnez l’ancien monde, celui des réseaux mafieux, des simulacres démocratiques et des guerres par procuration. Le Congo mérite mieux. L’histoire vous a déjà jugé.
Monsieur Joseph Kabila, votre tentative de revenir sur le devant de la scène ne trompe personne. Les jeunes Congolais, qui représentent 70% de la population, ne veulent plus de vos combines. Ils veulent un pays nouveau, débarrassé de vos fantômes. Le Congo de 2028 se construira sans vous. Nous, Congolais, n’avons pas oublié. Et nous ne revivrons pas votre passé.
Respectueusement,
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Analyses et points de vue
RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)
Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.
Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.
En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.
CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.
Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.
Le Processus de Réinsertion
Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.
A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.
Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.
Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.
Suivi psychologique pour les violences
Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.
La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.
Zagor Mukoko Sanda
