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L’étoffe silencieuse des réformateurs : La méthode Guillaume Ngefa pour une justice congolaise renouvelée

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Dans l’arène politique souvent bruyante, où les déclarations tonitruantes et les postures spectaculaires captent trop facilement la lumière, il est des hommes qui préfèrent l’éloquence de l’action à la vacuité des mots. Guillaume Ngefa, Ministre d’État à la Justice et Garde des Sceaux de la RD Congo, incarne avec une sérénité remarquable cette catégorie rare de bâtisseurs.

Alors que la RD Congo est engagée dans un chantier national de refondation, la mission qui lui est confiée est l’une des plus immenses et des plus sensibles : redorer l’image d’une justice meurtrie, réformer ses pratiques archaïques et innover pour en faire un pilier de l’équité et de la cohésion sociale. Face à cette tâche herculéenne, la tentation du populisme judiciaire, des réformes autoritaires annoncées dans la fureur, était grande.

Mais le Ministre Ngefa a choisi une voie différente, plus exigeante, plus respectueuse et, en définitive, plus efficace : celle de la concertation méthodique et du travail de fond. Car une réforme, aussi pertinente soit-elle sur le papier, qui ne serait pas portée par ceux qui doivent la mettre en œuvre (magistrats, greffiers, avocats, personnel administratif ) est condamnée à l’échec. Elle se heurterait à la résistance silencieuse d’un corps qui se sentirait méprisé.

C’est ici que réside le génie opérationnel de la “Méthode Ngefa”. En véritable architecte, il sait qu’avant de poser la première pierre d’un nouvel édifice judiciaire, il faut écouter le terrain, comprendre ses failles, mais aussi valoriser son intelligence collective. Son action est caractérisée par un respect tangible envers l’administration judiciaire et une écoute attentive des voix de la magistrature. Cette approche inclusive, qui pourrait sembler lente aux yeux des plus impatients, est en réalité la clé de la durabilité.

Les résultats de cette sérénité agissante commencent à parler d’eux-mêmes. Depuis sa prise de fonction, plusieurs réformes structurantes ont été engagées ou menées à bien sans heurts majeurs, sans ces crispations qui paralysent habituellement le changement dans l’administration. Pourquoi ? Parce que ces réformes ne sont pas perçues comme des diktats venus d’en haut, mais comme le fruit d’une réflexion partagée. Guillaume Ngefa crée les conditions pour que chaque acteur se reconnaisse dans le projet commun et tire dans le même sens.

Il transforme la contrainte en adhésion. Certains, habitués aux tempêtes médiatiques et aux ruptures spectaculaires, auraient pu s’attendre à ce qu’il “brûle tout sur son passage”. Ils se trompaient d’homme et méconnaissaient la nature de l’institution. La nation congolaise est trop fracturée et a besoin de cohésion, d’unité, de tempérance pour vaincre les ennemis extérieurs. La justice est trop sérieuse, trop sacrée dans son rôle de régulateur social et de garant des libertés, pour être l’objet d’une personnification outrancière ou de spéculations hasardeuses.

Le Ministre Guillaume Ngefa incarne cette lucidité. Il œuvre dans l’ombre portée du garant ultime du bon fonctionnement des institutions, le Président de la République Félix Tshisekedi Tshilombo, en mettant son expertise et son calme au service d’une vision présidentielle claire : celle d’un État de droit fort et impartial. Guillaume Ngefa rappelle ainsi une vérité fondamentale : les plus profonds changements ne s’annoncent pas toujours dans le fracas.

Ils s’enracinent souvent dans le silence laborieux des cabinets, dans le dialogue patient avec les parties prenantes, et dans le respect scrupuleux des femmes et des hommes qui font vivre l’institution au quotidien. En RD Congo, à la tête d’un ministère-clé, il est en train de démontrer, preuve à l’appui, que pour reconstruire la confiance, il faut d’abord la donner. Et c’est peut-être là sa plus grande et plus percutante réforme : instaurer, par l’exemple, une culture du dialogue et du respect comme fondement même de la modernisation de la justice congolaise.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !

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Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.

Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.

De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.

Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?

Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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