Analyses et points de vue
L’état des prisons en RD Congo : Un appel à l’humanisme de l’honorable Michel Moto
La RD Congo est souvent placée sous les feux de l’actualité pour ses richesses naturelles, mais ce que l’on oublie souvent, ce sont les conditions de vie inhumaines dans ses établissements pénitentiaires. L’honorable Michel Moto Muhima, député national et élu de Walikale, a récemment attiré l’attention sur cette réalité choquante.
Il a courageusement dénoncé l’état des prisons, notamment celle de Kinshasa, mais aussi celle de Munzenze à Goma et de Walikale. Son appel à une prise en charge humaniste des détenus mérite une attention urgente et sérieuse. Les prisons en RDC, dont la prison de Makala à Kinshasa, sont souvent décrites comme des lieux de souffrance, de surpopulation et de négligence.
Les témoignages d’anciens détenus et d’organisations de défense des droits de l’homme révèlent des conditions de vie déplorables : manque d’eau potable, insuffisance alimentaire, absence de soins médicaux, et promiscuité extrême. Dans ce contexte, l’honorable Michel Moto rappelle que « la prison est un centre de rééducation et ne peut être transformé en goulag ».
Cette déclaration résonne comme une vérité souvent ignorée par les décideurs. La voix de l’honorable Michel Moto n’est pas isolée. Lélu de Walikale évoque des discussions passées avec des responsables gouvernementaux, comme l’ancienne ministre de la Justice, Rose Mutombo, sur la nécessité d’améliorer les conditions de vie des détenus. Malheureusement, ces discussions semblent être restées lettre morte.
Ce silence coupable interroge : pourquoi la situation des prisons ne fait-elle pas l’objet de réformes urgentes ? La RDC est-elle vraiment prête à faire face à cette crise humanitaire dans ses institutions pénitentiaires ? Le député national rappelle que les prisonniers, malgré leurs erreurs, sont des êtres humains et doivent jouir de leurs droits, conformément à la loi.
En effet, le droit à un traitement humain et à des conditions de détention respectueuses de la dignité humaine est inscrit dans plusieurs textes internationaux dont la RD Congo est signataire. L’absence d’actions concrètes pour améliorer la situation des prisons constitue donc une violation flagrante des droits de l’homme.
Au-delà des déclarations politiques, il est temps d’initier une réflexion profonde sur le système pénitentiaire congolais. La réhabilitation des détenus ne peut se faire dans des conditions inhumaines. Il est impératif que le gouvernement, les organisations de la société civile et la communauté internationale collaborent pour réformer ce système.
Cela passe par la construction de nouvelles infrastructures, la formation du personnel pénitentiaire, et surtout par l’instauration d’un cadre légal qui garantisse le respect des droits des détenus. L’appel de l’honorable Michel Moto est un cri du cœur qui ne devrait pas tomber dans l’oubli. La situation des prisons en RDC est un miroir de l’état de notre société.
Si nous voulons véritablement avancer vers un avenir meilleur, nous devons commencer par traiter nos compatriotes incarcérés avec dignité et humanité. Une réforme du système pénitentiaire n’est pas seulement une nécessité humanitaire, mais un enjeu de justice sociale et de réconciliation nationale. Il est temps d’agir, avant que la colère ne se transforme en désespoir.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture
L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.
Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.
Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.
La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.
Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
