Politique
Les USA ont les moyens d’imposer la paix à l’Est… Le Congo sera méconnaissable dans un an » (Lambert Mende)
Dans une interview exclusive accordée à Actualité.cd, l’ancien ministre de la Communication et député national Lambert Mende Omalanga s’est exprimé avec assurance sur l’avenir proche de la République démocratique du Congo, affirmant que le pays pourrait radicalement changer d’ici un an, à condition que les Congolais fassent preuve de maturité politique, diplomatique et de patriotisme.
« Si nous transcendons nos intérêts personnels pour donner la priorité à l’intérêt national, je pense que le Congo sera méconnaissable dans un an. »
C’est en ces termes que Lambert Mende a résumé sa vision pour le pays, alors que plusieurs processus de paix et de normalisation régionale sont en cours. Il fait notamment référence aux efforts déployés à travers les initiatives de Nairobi, Luanda, Washington, ainsi que les mécanismes de l’EAC et de la SADC, visant à ramener la stabilité dans la région des Grands Lacs, particulièrement à l’Est de la RDC.
Au début de l’entretien, Lambert Mende n’a pas manqué de souligner le rôle que peuvent jouer les États-Unis dans la résolution du conflit à l’Est, où sévissent depuis des années les groupes armés, dont le M23, accusé d’être soutenu par le Rwanda.
« Les États-Unis ont les moyens de taper du poing sur la table. C’est là que l’essentiel va se décider », a-t-il insisté, évoquant une implication diplomatique américaine plus ferme dans la recherche d’une paix durable.
Cette sortie intervient alors que des discussions seraient en cours entre Washington et Kinshasa autour d’un deal stratégique sur les minerais et la sécurité.
Pour Lambert Mende, l’avenir de la RDC ne dépend pas uniquement des pressions extérieures, mais surtout de la capacité des Congolais à changer de paradigme. Il appelle à dépasser les divisions, à faire bloc autour des intérêts de la nation et à tirer profit des opportunités offertes par les alliances régionales et internationales.
« Au-dessus de nos petits projets individualistes, il y a quelque chose de plus important : la nation congolaise. »
En pleine mutation politique et sécuritaire, la RDC se trouve à un moment charnière. Le pari de Lambert Mende : croire en une transformation profonde, à condition que les acteurs internes jouent pleinement leur rôle.
Dorcas Mwavita/CongoProfond.net
Actualité
Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »
Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.
À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.
« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».
Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.
Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
