Actualité
« Les richesses de nos sous-sols doivent cesser d’alimenter la guerre » (Floribert Anzuluni)
À l’ouverture de la neuvième réunion des ministres en charge des Mines de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a lancé un appel en faveur d’une gestion responsable des ressources naturelles. Dans son discours prononcé à Kinshasa, il a insisté sur la transformation des richesses minières en moteur de stabilité et de développement, et non en source de conflit.
Le ministre a salué la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, futur président en exercice de la CIRGL, qui ambitionne de faire des minerais un levier de prospérité pour les populations locales. Il a rappelé que la région des Grands Lacs, bien que riche en ressources, reste prisonnière du « paradoxe de l’abondance » : un espace où l’or, le coltan et l’étain, censés nourrir le progrès, continuent de financer la violence et la misère.
Floribert Anzuluni a plaidé pour un renforcement urgent des mécanismes régionaux de certification et de traçabilité, afin de couper les circuits de contrebande qui profitent aux groupes armés. Pour lui, « la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles doit être défendue avec rigueur », en s’appuyant sur le protocole de la CIRGL contre l’exploitation illégale, signé il y a près de deux décennies.
Clôturant son intervention, le ministre a invité les pays membres à travailler main dans la main pour transformer les minerais en un véritable ciment d’intégration économique régionale. « Si nos ressources servent la paix, alors la région des Grands Lacs deviendra enfin le cœur battant du développement africain », a-t-il conclu sous les applaudissements.
Dorcas Mwavita
Politique
Kananga : 5 militants du parti de Kabund interpellés lors d’une marche pour réclamer un dialogue national inclusif
Cinq militants de l’Alliance pour le Changement (A.Ch), le parti d’opposition dirigé par Jean-Marc Kabund, sont interpellés ce lundi 15 décembre à Kananga, dans la province du Kasaï Central, alors qu’ils organisaient une marche pacifique. Cette action visait à exiger l’ouverture d’un dialogue national inclusif en République démocratique du Congo.
La manifestation, dont le rassemblement initial était prévu au rond-point Notre-Dame, a été rapidement neutralisée par les forces de l’ordre. Cinq militants ont été arrêtés, dont un conseiller national du parti A.Ch et plusieurs cadres locaux.
La Police nationale congolaise s’est massivement déployée, dispersant la foule sans délai et confisquant les effets des manifestants, notamment les banderoles et drapeaux du parti.
Les militants de l’A.Ch se sont mobilisés pour adresser un cri d’alarme sur l’état de la nation et pour appeler à une solution politique concertée. La marche visait à dénoncer la persistance de l’insécurité dans l’Est de la RDC.
L’objectif principal était de presser les autorités à favoriser un dialogue inclusif pour sortir le pays de la crise actuelle. Le secrétaire fédéral chargé de l’organisation a souligné l’urgence de leur démarche : « Nos frères souffrent, partout dans le pays. Ce dialogue, c’est un droit pour les Congolais de vivre en paix ». Il a également exigé la libération immédiate et inconditionnelle des militants interpellés.
Cette nouvelle vague d’interpellations à l’encontre d’un parti d’opposition relance les critiques concernant la fermeture de l’espace politique et civique en RDC.
Félicien MK
