Connect with us

Analyses et points de vue

Les conséquences négatives de la signature de l’avenant à Kinshasa : Un accord à quel prix ?

Published

on

Le 16 octobre 2024, dans la salle Genève du Fleuve Congo Hôtel à Kinshasa, un moment symbolique a eu lieu : la signature du premier avenant de l’accord de développement relatif à la modernisation des routes Mpondwe/Kasandi-Beni, Beni-Butembo, et Bunagana-Rutshuru-Goma. Une question vient à l’esprit de tout observateur averti.

Les ministres des Infrastructures de la RDC et de l’Ouganda, Alexis Gisaro et Édouard Katumba, ont célébré cet engagement bilatéral, promettant une intégration économique et une connectivité accrue entre les deux nations. Le paradoxe est qu’un ensemble de territoires mentionnés dans cet avenant sont sous occupation des forces étrangères dont l’AFC-M23-RDF du Rwanda.

Derrière ces promesses ne se cachent-elles pas des questions cruciales sur les conséquences négatives que cet accord pourrait engendrer ? L’exemption de toutes taxes, droits et frais pour les biens et services liés aux travaux soulève des inquiétudes. Est-ce vraiment un pas vers le développement ou une opportunité pour des pratiques d’évasion fiscale au détriment des ressources publiques ?

La RDC, déjà confrontée à d’énormes défis économiques, peut-elle se permettre de renoncer à des revenus potentiels qui pourraient être investis dans des infrastructures essentielles pour sa propre population ? Les deux gouvernements ont évoqué le renforcement des mesures de sécurité et la création d’un comité de supervision. Rappelons tout de même que Bunagana est occupé grâce à l’Ouganda.

Quelles garanties l’Ouganda qui est un allié fidèle du Rwanda depuis l’AFDL a-t-il vraiment fourni pour assurer que ces promesses ne resteront pas lettre morte ? L’histoire récente de la RDC est jalonnée de projets inachevés, de détournements de fonds et de conflits d’intérêts. Comment s’assurer que cette fois-ci, les engagements pris ne seront pas trahis par des pratiques néfastes ?

Alors que certains dirigeants congolais s’enthousiasment pour la connectivité régionale, qu’en est-il des populations locales qui vivent dans ces zones ? Les travaux d’infrastructure entraînent souvent des déplacements forcés, des pertes de terres agricoles et des impacts environnementaux significatifs. Les voix des communautés affectées sont-elles prises en compte dans les décisions qui les concernent ?

Comment s’assurer que ces projets profitent réellement aux Congolais et non seulement aux élites politiques et économiques ? La collaboration avec l’Ouganda peut-elle être perçue comme une forme de dépendance qui pourrait diminuer la souveraineté de la RDC ? En acceptant de telles conditions, la RDC ne risque-t-elle pas de se retrouver à la merci de son voisin ?

Pourquoi la RDC limite t-elle sa capacité à prendre des décisions indépendantes concernant ses propres infrastructures et ressources ? Si la signature de cet avenant peut sembler un pas vers le développement, elle soulève de nombreuses interrogations sur la transparence, l’impact sur les populations locales et la souveraineté nationale.

Notre histoire récente ne plaide pas pour ce genre d’initiatives avec l’Ouganda ni le Rwanda. La RDC mérite un partenariat qui protège d’abord sa souveraineté, ses intérêts et assure un développement durable. Les leaders politiques doivent réfléchir aux conséquences de leurs choix, car l’avenir de la nation est en jeu. Peut-on vraiment croire aux promesses d’un développement partagé, ou est-ce simplement un mirage ?

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Analyses et points de vue

RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)

Published

on

Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.

Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.

En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.

CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.

Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.

Le Processus de Réinsertion

Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.

A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.

Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.

Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.

Suivi psychologique pour les violences

Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.

La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.

Zagor Mukoko Sanda

Continue Reading