Société
Les autorités religieuses rejettent la peine de mort contre les Kuluna : une défense de la vie humaine
Face à l’insécurité croissante en RDC, les autorités ont levé le moratoire sur la peine de mort, entraînant la condamnation à mort de 127 jeunes hors-la-loi communément appelés Kuluna. Une décision qui divise, mais suscite une opposition ferme des autorités religieuses.
La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) dénonce ce choix comme un « retour en arrière ». Selon Mgr Donatien Nshole, « chaque vie est sacrée, et la répression doit viser la rééducation plutôt que l’élimination ». De leur côté, l’Église du Christ au Congo (ECC) et la Communauté islamique du Congo (Comico) rappellent que l’article 16 de la Constitution garantit le respect de la vie humaine.
Pour le porte-parole de l’ECC, le pasteur Eric Senga, la peine de mort viole non seulement les principes religieux, mais aussi l’article 16 de la constitution congolaise, qui garantit la protection de la vie humaine. « Il est impératif de diversifier les mécanismes d’encadrement des Kuluna, au lieu de céder à des solutions expéditives ».
Les autorités islamiques, par la voix de Cheik Abdallah Mangala, président de la Communauté islamique du Congo (Comico), appellent à des mesures basées sur la justice réparatrice et la prévention. Selon lui, la société congolaise gagnerait davantage à investir dans l’éducation et la réinsertion sociale qu’à perpétuer un cycle de violence légalisée.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
Société
Ebola à Butembo : les tenanciers d’hôtels appelés à revoir leurs méthodes d’accueil et d’orientation des clients
Les tenanciers d’hôtels de la ville de Butembo, au Nord-Kivu, ont été sensibilisés, vendredi 12 juin 2026, aux risques liés à l’accueil des visiteurs dans un contexte marqué par la résurgence de la maladie à virus Ebola. Cette séance de sensibilisation s’est tenue dans la grande salle de l’Hotel Butembo, à l’initiative du chef du service urbain du Tourisme, Kambasu Matembela.
À cette occasion, ce dernier a invité les responsables d’établissements hôteliers à adapter leurs pratiques d’accueil et d’orientation des clients afin de prévenir tout risque de propagation de la maladie.
« J’ai invité les représentants du secteur de la santé, notamment ceux de la Division provinciale de la santé (DPS), afin qu’ils présentent la situation actuelle de l’épidémie. Ils ont expliqué les dangers auxquels les hôteliers sont exposés, étant donné qu’ils reçoivent des visiteurs venant de différentes localités. Il est donc important qu’ils sachent comment gérer, surveiller et orienter leurs clients dans ce contexte sanitaire particulier », a déclaré Kambasu Matembela.
Les opérateurs du secteur hôtelier ont ainsi été appelés au strict respect des mesures barrières recommandées par les autorités sanitaires ainsi qu’aux différentes directives édictées par les autorités provinciales pour lutter contre Ebola, souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ni traitement spécifique homologué par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’est encore disponible.
Le chef du service urbain du Tourisme a également exhorté les responsables d’hôtels à ne pas confondre établissements hôteliers et maisons de tolérance, soulignant que ces dernières peuvent constituer des foyers potentiels de propagation de la maladie. Il a, à cet effet, annoncé le déploiement prochain d’une mission de contrôle et d’identification sur le terrain.
Par ailleurs, deux nouvelles zones de santé du Nord-Kivu ont récemment enregistré des cas liés à cette 17ᵉ épidémie d’Ebola. Il s’agit des zones de santé de Vuhovi et de Masereka. La province compte actuellement 40 cas confirmés. La zone de santé de Katwa demeure l’épicentre de l’épidémie avec une dizaine de cas enregistrés. La prise en charge des malades se poursuit à travers les Centres de traitement d’Ebola (CTE) mis en place dans les différentes zones concernées.
Dalmond Ndungo/Congoprofond.net
